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Olivier Toffin

« Pour nous, chaque déchet est une ressource qui s’ignore ! »

Le collectif Zero waste Grenoble (« waste » veut dire « déchet » en anglais) est, selon leur propre définition un « Mouvement citoyen positif et constructif pour tendre vers un territoire grenoblois zéro gaspillage et zéro déchet. » Depuis un an, il sensibilise, informe, argumente, interpelle les citoyens que nous sommes, bref nous refile les bonnes astuces permettant de réduire nos déchets.

Entretien avec Olivier Toffin de l’association Zero waste Grenoble.

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Pouvez-vous nous présenter le mouvement Zero waste ?

En anglais « waste » veut dire à la fois « gaspillage » et « déchets ». Zero waste est donc un mouvement mondial qui regroupe plusieurs associations et villes qui se battent contre le gaspillage, la production, le stockage et l’incinération des déchets en proposant des alternatives.

En France, le Centre national d’information indépendante sur les déchets (CNID), créé en 1997, est devenu Zero Waste France en 2014. Le groupe local Zero waste Grenoble a été lancé officiellement le 30 janvier 2016.

Qu’est-ce qu’un déchet pour vous ?

Le mot est totalement imprécis. Par exemple certains déchets se recyclent, d’autres ne se recyclent pas et parfois finissent dans des centres de stockage pour déchets dangereux. Disons qu’un déchet c’est ce qui reste et dont on ne peut plus rien faire. Nos ressources sont limitées et il faut intégrer que les déchets sont une ressource. Pour nous chaque déchet est une ressource qui s’ignore !

En France, presque un quart de nos déchets finissent en décharge alors qu’il existe d’autres solutions. Par exemple le compostage pour les matières organiques. À chaque fois que l’on jette des déchets organiques dans la poubelle grise, dont une partie du contenu sera incinéré, c’est comme si on mettait de la salade dans sa cheminée. C’est une hérésie !

On ne veut pas culpabiliser les gens. On va donc axer la démarche sur les gains que nous pouvons tous en retirer : la nature, l’environnement, les individus, les industriels, les collectivités…

L’incinération est un élément controversé dans la lutte contre les déchets. Évidemment, c’est mieux que le stockage en décharge, mais ça reste un pis aller. Aujourd’hui, en France, 25 % des déchets sont incinérés et cela produit d’autres « déchets ultimes », les refioms (résidus du filtrage des fumées, très dangereux) et les mâchefers (25 % du poids de ce qu’on brûle se retrouve en mâchefer que l’on utilise en sous-couche et remblais sous les routes).

Il faut mieux trier nos déchets, réduire nos besoins en énergie et produire moins de déchets. N’oublions pas que la réglementation européenne demande d’abord de moins produire de déchets, puis de les recycler. L’élimination vient en dernier.

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Quelle est la philosophie « Zero waste » ?

On veut être un élément fédérateur des initiatives qui concourent à la diminution des déchets. On travaille avec l’association Objectif zéro déchets qui existait déjà sur Grenoble. C’est un mouvement qui a été crée spontanément suite au lancement du « Défi moins jeter » en 2015, auquel plusieurs personnes du groupe avaient participé. Quand on commence à s’intéresser à ce problème on ne fait pas machine arrière. C’est utile et c’est aussi une forme de plaisir.

On est vraiment dans l’esprit du film Demain, dans une démarche positive. On ne veut pas culpabiliser les gens. On va donc axer la démarche sur les gains que nous pouvons tous en retirer : la nature, l’environnement, les individus, les industriels, les collectivités…

Quels changements de comportement et quelles solutions proposez-vous ?

On travaille sur un scénario « Zero waste local », inspiré du scénario « négaWatt » pour l’énergie, afin d’éviter au maximum le stockage et l’incinération des déchets.

Par exemple, si on arrive à supprimer à la source les déchets biodégradables grâce au compostage, on diminue de 30% le volume de déchets ménagers ! Autre exemple, aujourd’hui la taxe correspondant au ramassage des déchets est calculée en fonction de la surface habitable. Ce n’est ni éducatif ni stimulant.

De nombreuses municipalités ont mis en place une tarification incitative proportionnelle à la quantité de déchets rejetés par le foyer et la diminution des déchets est bien réelle (source ADEME).

informationRenseignements divers
Pour aller plus loin, la semaine européenne de réduction des déchets, du 19 au 27 novembre :
courrielhttp://www.serd.ademe.fr/
courrielhttps://www.zerowastefrance.org/fr/comprendre-les-dechets

Les commentaires (1)

Commentaire de Nathalie le 12 octobre 2016 à 7 h 27 min

Pour suivre le collectif, participer aux projets ou tout simplement en savoir plus sur le « zéro déchet  » à Grenoble, direction la page Facebook: https://www.facebook.com/ZeroWasteGrenoble
Et la prochaine réunion mensuelle se déroulera lundi 24 octobre, RDV 18h45 (pour les nouveaux), à la Chimère Citoyenne – 11 rue Voltaire / Grenoble (quartier des antiquaires).

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