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Lionel Vernet

Proviseur militant

Il veut faire du lycée Emmanuel Mounier, qu’il dirige, un établissement « à nul autre pareil ». Lionel Vernet, 51 ans, le dit d’entrée de jeu : il va droit au but et « ne lâche rien ». Depuis son arrivée il y a deux ans à « Mounier », sauvé de justesse de la fermeture après plusieurs années de conflits et de négociations, le lycée s’est transformé en une fourmilière d’initiatives pédagogiques, éducatives et citoyennes où s’activent ensemble élèves et enseignants.

737260_Lionel VernetPour le proviseur à la poigne ferme sous la voix de velours, « le seul moyen de sortir du marasme, c’est d’avoir de grandes ambitions ». De la classe i-pad à la classe « nano » jusqu’à l’accueil à la rentrée dernière de chacun des 180 élèves de seconde en entretien individuel, l’ex-professeur formateur et son équipe multiplient les nouveautés pédagogiques pour faire réussir tous les élèves – sans exception – de ce lycée « symbole », « trait-d’union » entre les quartiers du sud de la ville et le centre grenoblois, et premier en France à avoir créé les délégués de classe en 1966.
La méthode déployée par ce fils de garagiste-pompiste lyonnais, en lutte contre les injustices du système éducatif, est assez radicale : « L’éducation reste un salut pour beaucoup. Il faut y aller à fond. » Pas question de se limiter « à boucler un programme et à faire passer le bac : l’objectif est de donner à ces jeunes les clés pour devenir des citoyens actifs, capables d’entreprendre, d’innover. »
Lionel Vernet mise pour cela sur une école au climat particulier « où tout le monde est partie prenante ». À « Mounier », les lycéens sont des « étudiants », pas des « élèves-objets qui subissent leur parcours ». Les clés de la cafétéria leur ont été confiées et la Maison des lycéens est devenue une association chargée de l’animation de la vie de l’établissement.
Depuis deux ans, lui qui ne se déclare « pas spécialement écologiste » a également engagé le lycée dans une démarche éco-responsable, qui en fait l’un des plus verts de la ville. Dans la cour de l’établissement, un poulailler accueille huit gallinacées chargées de réduire les déchets alimentaires – et accessoirement la facture de ramassage, 3 500 euros par an redistribués pour des actions au profit des élèves.
Les premiers résultats – 100 % de réussite pour le bac littéraire en 2014, 97 % en sciences et technologies du management et de la gestion (STMG), 88 % en économique et social et, seul bémol, 75 % en filière scientifique – sont au rendez-vous, ou presque. « On n’est plus dans un lycée en guerre, mais en projet. Il nous faut pourtant aller encore plus loin, je suis vraiment pénible là-dessus » insiste-t-il. Un rien obsessionnel Monsieur le directeur ? « J’ai une passion, c’est faire ce que je fais et rien d’autre. » Mais lucide aussi : « Ce sont les professeurs qui font le job en direct, pas moi. » C’est d’ailleurs avec eux qu’il prépare le nouveau lycée Mounier, prévu pour 2018, dont les nouveaux bâtiments intégreront le lycée professionnel Jean-Jaurès.

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