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Démocratie participative

Rencontres avec deux citoyens

André Lechevalier et Béatrice Bonacchi sont deux citoyens grenoblois qui ont participé à la construction des Conseils Citoyens Indépendants.

Issus du groupe des 150 (composé de citoyens volontaires, ce groupe a réfléchi sur les différents scénarios possibles pour les Conseils Citoyens Indépendants), ils ont été désignés comme membres de la commission extra-municipale. Cette commission a préparé la délibération définissant le cadre des Conseils Citoyens Indépendants, adoptée au conseil municipal le 23 mars dernier.

Ils témoignent sur la mise en place des Conseils citoyens indépendants.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le travail de construction des Conseils Citoyens Indépendants que vous menez depuis septembre dernier ?

André :  l’intelligence collective ! On ne se connait pas et quand il s’agit de réfléchir à ce qu’on peut faire pour notre ville, plein d’idées sortent. J’ai découvert le sentiment d’une très grande ouverture, avec une diversité en termes d’âges et de milieux professionnels, un désir d’échanges et de dialogues entre élus, citoyens et représentants des associations.

La deuxième chose intéressante, c’est la désignation de la commission extra-municipale, avec une procédure d’élection originale, sans candidatures. C’est un processus démocratique que j’ai vécu de façon assez sidérée. J’ai été désigné et je me suis lancé.

Béatrice : cette notion de co-construction semblait plus que réelle. J’ai été très surprise qu’il y ait un vrai débat, un vrai échange. J’ai trouvé positif aussi l’animation de l’association AequitaZ qui fait en sorte que les personnes qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole la prennent.

C’est un fonctionnement qui fait que les gens se parlent dans un véritable respect. Il y a eu une véritable continuité et une envie de travailler. On est dans une logique de dire « les citoyens s’approprient l’espace public ». Pour cela, il faut sortir de la mairie !

Comment vous êtes-vous organisés pour trancher sur les décisions ?

André : tant qu’une décision ne posait pas de problème, on la jouait au consensus. Dès lors qu’on avait des divergences, il fallait faire un vote indicatif, argumenter ou revenir avec d’autres propositions.

Comment avez-vous géré l’articulation entre le groupe des 8 et le groupe des 150 dont vous faisiez partie ?

André : nous avons demandé à la mairie de nous mettre des moyens à dispositions pour créer un blog, afin de rendre compte des différentes étapes, et donner la possibilité aux 150 de réagir. On a aussi organisé le 7 février une session pour faire le point et débattre des décisions. 120 personnes étaient présentes.

Comment appréhendez-vous la mise en place des Conseils Citoyens Indépendants dans la pratique ?

André : j’ai un regard confiant. Mais il y a encore un très gros travail de mise en œuvre. Nous insistons sur la nécessité de mettre en place des temps de réunions et de formations pour les personnes qui participeront aux Conseils Citoyens Indépendants, et sur la nécessité de susciter d’autres volontaires. Il ne faut pas qu’on déçoive les citoyens qui nous diront « oui ».

Béatrice : on sait qu’il y a de l’attentisme par rapport à ce qu’on a créé. On construit quelque chose de complètement nouveau. On nous « donne » la mairie, rien que ça c’est le pari à gagner, même si on nous traite de naïfs…

Ensuite, j’espère que la mairie ira jusqu’au bout des moyens qui vont être alloués aux Conseils Citoyens Indépendants. La dernière précaution à mon sens, c’est de bien respecter la différence entre les notions « consultatif » et « co-construction ». Ce qui est difficile à comprendre, c’est de vouloir faire de la politique autrement, se réapproprier la cité, alors qu’on devrait l’avoir naturellement.

Que diriez-vous à un citoyen qui hésiterait à rejoindre un Conseil Citoyen Indépendant ?

André : ça vaut le coup. Participer à la vie de sa cité c’est utile pour soi, mais c’est surtout une satisfaction de pouvoir exprimer son avis et de le voir pris en compte. On a un cadre parfaitement légal et défini, qui permet d’enclencher un tas d’initiatives extrêmement intéressantes.

Béatrice : c’est l’occasion de rêver ! Je dis merci à la mairie pour ça. Après, on doit se responsabiliser, d’où l’importance du mot « indépendance ».

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