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Le saviez-vous ?

Sculptures et sépultures

Déambuler dans les allées bien ordonnées du cimetière Saint-Roch, flâner entre les tombes, admirer les décors des stèles et la forme originale de certaines sépultures, ce sont quelques-unes des manières de découvrir d’autres facettes de l’histoire de Grenoble et de ses habitants, et parmi eux les artistes.

Le cimetière Saint-Roch est chargé d’histoires. ©Auriane Poillet

Combien d’artistes grenoblois ou dauphinois, peintres ou sculpteurs, femmes et hommes trouvent-ils leur sépulture au cimetière Saint-Roch ?

Plus d’une vingtaine de peintres dauphinois-es y sont inhumé-es : Jean Achard (1807-1884), Diodore Rahoult (1819-1874), Laurent Guétal (1841-1892) et son élève Charles Bertier (1860-1924) ou encore Jules Flandrin (1871-1947). Le musée de Grenoble expose et conserve les œuvres de la plupart d’entre eux.

Le 20e siècle redonnera progressivement la parole aux femmes : on trouve les sépultures d’artistes-peintres comme Jeanne Cottave (1877-1911), Louise Tagnard (1879-1970) ou Marguerite Cottave-Berbeyer (1904-1991).

Quant aux sculpteurs, s’ils n’ont pas tous été inhumés au cimetière Saint-Roch, ils ont largement œuvré à son caractère et à sa beauté par la réalisation d’un grand nombre de sculptures, de bas-reliefs et de médaillons.

Trésors cachés

Nombreuses sont les sépultures conçues et réalisées par des sculpteurs ayant laissé leur empreinte sur l’espace public grenoblois. Henri Ding (1844-1898), l’auteur de la fontaine des trois ordres et de la statue de Xavier Jouvin, est l’un des plus présents par ses œuvres, au sein du cimetière Saint-Roch (sépultures de Diodore Rahoult, de Jean Achard…).

Sur l’une d’elles, on distingue, suspendus à un petit chêne poussé au flanc d’un roc, une palette et des pinceaux mêlés au laurier de la gloire. Il fut parmi les plus célèbres peintres dauphinois, surnommé le « Corot grenoblois » pour son amour des arbres et des paysages naturels.

Marie-Claire Rivoire, présidente de l’association Saint-Roch, vous avez dit cimetière ?, se désole:

La tombe de Henri Ding (carré n°4 en bordure de l’allée sud), toute simple, n’est plus lisible et nécessiterait une restauration. Celle d’Urbain Basset (1842-1924), le créateur de la fontaine le Torrent du jardin de Ville, est totalement abandonnée (carré A).

Cet artiste a réalisé un certain nombre des médaillons sculptés et nombre de ses œuvres figurent à l’inventaire du musée.

La sculpture comme évocation

Victor Sappey (1801-1856) est un sculpteur grenoblois à qui l’on doit notamment la fontaine du lion et du serpent mais aussi celle des éléphants située à Chambéry.

Il repose auprès de son père, tailleur de pierre, dont il a sculpté la tombe (derrière l’actuelle chapelle, zone de droite, rang 10, N°14). Les outils de Victor Sappey ornent le chapiteau de la colonne de marbre rose voisine, dressée à sa gloire.

On peut admirer plusieurs sculptures et bas-reliefs de Victor Sappey au cimetière Saint-Roch, dont l’imposante sculpture de marbre de la sépulture Recoura représentant trois enfants sur le sarcophage d’une mère de famille. L’invocation « petite mère chérie du haut des cieux veille sur nous » ajoute la parole à la figuration.

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Beau-fils de Victor Sappey, Aimé-Charles Irvoy (1824-1898), auteur de l’Aigle du Dauphiné Libéré ainsi que des bustes et allégories de la préfecture, fut à son tour directeur de l’école de Sculpture architecturale de Grenoble. La sépulture Irvoy se situe dans l’allée qui longe le mur, à droite de l’entrée du cimetière.

La sculpture sur commande

Ces artistes et bien d’autres ont contribué, par leur art, à rendre plus beau ce lieu, devenu public à l’instar du cimetière du Père Lachaise où est inhumé le peintre de la montagne Ernest Hareux (1847-1909, 82e division), membre de l’école dauphinoise et décédé à Grenoble.

S’ils ont parfois sculpté les stèles et sépultures d’artistes de leur époque, les sculpteurs du cimetière Saint-Roch ont, le plus souvent moyennant finances, contribué à l’élévation de monuments funéraires fastueux à la mémoire de membres de familles de la nouvelle bourgeoisie issue de la révolution industrielle, d’aristocrates, de religieux ou de militaires.

C’est ainsi que Henri Ding réalise la sépulture Christophe et Aurouze en 1882. Tout comme le monument funéraire familial de Claude Jouvin (allée principale 1, N° 183), après la mort de la jeune Hélène, âgée de 17 ans. Il sculpte « la prière », à l’effigie de la jeune fille, installée au centre du monument.

Marie-Claire Rivoire raconte :

Considérée comme le chef d’œuvre du cimetière Saint-Roch, cette sculpture a malheureusement disparu lors d’un vol rocambolesque au milieu des années 90. Elle a été enlevée par une grue placée derrière le mur du cimetière.

De la médecine à l’industrie

Quant à l’unique gisant du cimetière, c’est à Aimé Irvoy qu’on le doit. Il est également l’auteur de la sépulture aux très beaux décors d’Albin Crépu (1799-1859). Conservateur du cabinet d’histoire naturelle, médecin, naturaliste, ce dernier est l’un des fondateurs de l’homéopathie.

La sépulture Raymond (zone de gauche, rang 1 n°63), évocatrice d’une des grandes familles d’industriels de Grenoble a été réalisée par les architectes Demartiny et Coutavoz et le buste d’Albert Raymond par le sculpteur Eustache Bernard à qui l’on doit le monument aux morts de la guerre de 1870 situé à la fin de l’Allée Centrale.

Bien d’autres sépultures remarquables sont à découvrir au cimetière Saint-Roch, il n’y a qu’à prolonger ou varier sa promenade au gré de sa curiosité ou bien suivre les visites organisées par l’Office de tourisme ou l’association Saint-Roch, vous avez dit cimetière ?.

informationRenseignements divers
Pour tout renseignement concernant le cimetière et les concessions, contactez la Ville de Grenoble :
courrielcontact@grenoble.fr

Vos commentaires

Commentaire de COTTAVE FABERT Françoise le 11 novembre 2019 à 14 h 37 min

très bon article sur le cimetière St Roch.

votre revue est intéressante ; comment faire pour avoir un article sur une association « Atelier Greuze Cottave » qui a fêté ses 60 ans l’an dernier ??

merci FCF

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