Travaux d’isolation par l’extérieur (effectués en 2013) d’un immeuble du quartier Teisseire, situé rue René Fernandat.
En intégrant la précarité énergétique dans les plans départementaux d’action pour le logement des personnes défavorisées, la loi du Grenelle de l’Environnement a pour ainsi dire officialisé le concept en France. La généralisation des tarifs sociaux de l’électricité a montré l’importance d’un phénomène pas toujours très bien identifié.
Une coordination d’acteurs locaux
À Grenoble, quand des personnes ou des familles rencontrent des difficultés, ou ne peuvent tout simplement plus subvenir à leurs besoins, les pouvoirs publics s’engagent à prendre en charge cette vulnérabilité. Au niveau local, un dispositif animé par le CCAS réunit depuis 2012 une dizaine d’acteurs de la précarité énergétique. Ils coordonnent leurs efforts à travers une plateforme d’accueil et d’accompagnement pour les personnes en difficulté (lire encadré).
Dès qu’une situation difficile est détectée, par exemple à travers une demande de fonds de solidarité pour le logement, un premier diagnostic global de situation énergétique est proposé à la personne ou à la famille. Ce diagnostic est confié à l’association Ulisse, porteuse du service Soleni (Solidarité énergie insertion) d’accompagnement à la maîtrise de l’énergie.
Un diagnostic pratique à domicile
L’intervention est rapide. Une première étude des consommations est réalisée à domicile sous dix jours : l’eau froide, l’eau chaude, l’électricité, le chauffage, l’appareillage électrique et la cuisson sont les cinq principaux points passés en revue. Les visites révèlent des situations très différentes.
« Nous nous trouvons parfois dans des logements où la température avoisine les 10 °C l’hiver, parce que vétustes et très mal isolés » dévoile Thomas Ballandaud, salarié permanent d’Ulisse 38. « D’autres fois, les occupants n’ont pas adopté les gestes élémentaires d’utilisation des appareils. Et puis, il y a enfin de vrais problèmes d’endettement. »
L’interprétation des données par un logiciel conçu par l’association Ulisse détermine les points à traiter dans le logement. Ce compte-rendu est assorti de conseils de sensibilisation aux économies d’énergie, donnés dans une relation de confiance. « Nous leur expliquons ce que coûte tel ou tel appareil, en rappelant qu’on ne prend pas forcément plusieurs bains par semaine ou qu’on ne pousse pas le chauffage à 25 °C » précise Thomas Ballandaud.
Petits ou grands travaux
Travaillant toujours en binôme, les équipes d’Ulisse sont aussi capables d’effectuer les petits travaux dans le logement lorsque la situation l’exige : pose de réflecteurs de chaleur derrière les radiateurs, installations de mousseurs sur les robinets et d’ampoules basse consommation…
Les situations les plus délicates sont réexaminées par le CCAS : une aide peut alors être débloquée pour des travaux de plus grande ampleur, quand il n’est pas nécessaire de reloger la personne dans un logement plus conforme aux normes thermiques et mieux adapté à ses besoins.






GEG parie d’abord sur le dialogue et la proximité. « Nous invitons les personnes en difficulté à notre siège, à Europole. Une équipe est formée pour leur expliquer leur facture et les orienter vers une conseillère en économie sociale et familiale, détachée du CCAS, présente deux mercredis par mois » détaille Hélène Schneider, responsable des actions Précarité Énergie au sein de GEG.
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