Des ateliers pour les non-voyants sont organisés au Musée de Grenoble et encadrés par des médiatrices, ici Béatrice Mailloux (à gauche) et Laurence Gervot-Rostaing (à droite).
À Grenoble, les bâtiments culturels sont aujourd’hui accessibles à 40 % à tout type de handicap. « Pour répondre à la loi de 2014 sur l’accessibilité des lieux publics, la municipalité votera en septembre un Agenda d’accessibilité programmée échelonné sur neuf ans. Il concerne l’ensemble des équipements, notamment les bibliothèques, salles de spectacles et MJC » précise Christine Garnier, conseillère déléguée à l’accessibilité. Mais l’accès aux cultures ne se limite pas à des aménagements, aussi indispensables soient-ils, et passe avant tout par des actions ciblées.
Une approche personnalisée
Au Musée de Grenoble, le public handicapé peut découvrir les collections permanentes et les expos temporaires. Pour les malentendants, un guide pratique la langue des signes (LSF) et un autre propose une lecture labiale. En groupe, les non-voyants disposent d’outils tactiles et les œuvres de Torriti, Picabia et Chagall sont en accès libre grâce à des bas-reliefs tactiles, accompagnés de commentaires audio — un dispositif conçu avec l’association Valentin Haüy. Le musée travaille dans la concertation : les visites en LSF sont construites en lien avec l’association Universigne et l’équipe se rend régulièrement dans des établissements spécialisés.
Pour le handicap psychique (environ 100 visites par an), l’accueil se prépare avec les éducateurs afin d’amener des notions adaptées à la compréhension et au plaisir de la découverte. Chaque année, 300 adultes sont ainsi accueillis pour des visites conçues à leur attention. Même philosophie au Muséum d’histoire naturelle où 50 % des visites concernent le public handicapé, principalement des enfants. Le Muséum fournit différents outils (fiches pratiques, moulages et fossiles) et ses médiateurs travaillent en amont avec les éducateurs pour bâtir des projets personnalisés : parcours tactile sur les minéraux ou les animaux, visites s’inscrivant dans un projet pédagogique global avec des déficients intellectuels…
Une pratique diversifiée
Musique avec des instruments adaptés au Conservatoire — dont a bénéficié une trentaine d’élèves l’an dernier —, ateliers d’arts plastiques au Musée de Grenoble touchant chaque année 1 500 enfants… Du côté de la pratique, l’offre est également diversifiée dans les équipements. « L’accessibilité est une priorité du projet municipal Une Ville pour Tous et les cultures y tiennent une place importante car, loin d’être un à-côté superflu, elles font notre humanité » souligne Christine Garnier. Dans cet esprit d’ouverture, plusieurs compagnies travaillent aussi avec le public handicapé. Cours de danse où se côtoient valides et personnes en fauteuil avec Colette Priou, ateliers théâtre avec le Créarc de Romano Garnier, qui intervient dans le champ du handicap physique et psychique…
Pièces jointes:
Programme Mois de l'Accessibilité 2015
Le numérique au service des malvoyants
Les bibliothèques, qui disposaient déjà de collections adaptées (livres audio, tactiles ou en gros caractères) développent à présent l’offre numérique. Grâce à la plateforme Bibook, on peut écouter des livres en synthèse vocale. La bibliothèque Kateb Yacine a aussi renouvelé entièrement son matériel informatique : machine à lire, loupe électronique, ordinateur grand écran équipé de logiciels (agrandisseur de caractère, synthèse vocale…) et tablettes sur lesquelles on peut découvrir des applications dédiées.











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