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Grenoble demain

Urbanisme, piétonnisation, co-construction : tout donner au présent pour préparer l’avenir

À quoi ressemblera Grenoble dans cinq, dix, vingt ans ? Aura-t-elle réussi son pari de Ville en transition, où les habitants aspirent à un mode de vie plus sobre, solidaire et convivial ? De nouveaux écoquartiers traduisent cette préoccupation pour l’avenir : la Presqu’île, qui se dresse déjà comme un nouveau quartier de ville, mais aussi l’Esplanade et Flaubert, conçus pour étendre le centre-ville de Grenoble, cœur de Métropole, tout en relevant les enjeux environnementaux.
Des projets en co-construction avec les habitants, qui transforment ces défis en vrais leviers pour l’innovation urbaine et redessinent une ville dynamique, où il fait bon vivre.

Ce dossier contient trois articles : « Flaubert, un quartier à imaginer ensemble » ; « Pour une Esplanade repensée et apaisée » ; « Piétonnisation, une nouvelle envergure pour le cœur de Grenoble ».

Le parc Flaubert, avec le prototype Terra Nostra et le bâtiment de la Bifurk. Illustration Gilles Esparbet

De Bonne avait donné le ton en 2010. Depuis la création de cet écoquartier primé pour son caractère innovant et dans le sillage de Bouchayer-Viallet, Grenoble n’a eu de cesse de s’appuyer sur les expériences précédentes.

Le nouveau territoire urbain de la Presqu’île, les quartiers futurs de Flaubert et l’Esplanade, le réaménagement du centre-ville témoignent d’une nouvelle façon de faire la ville. L’intégration récente de Grenoble dans le réseau international des villes en transition élargit son horizon, tout comme le futur Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui) lui assignera un rôle-clé dans l’organisation d’une métropole durable.

De nouveaux aménagements pour faciliter la vie

L’heure est à la réinvention. Il s’agit d’abord, dans la troisième ville la plus dense de France et dans un espace contraint par un environnement à respecter, de faire vivre des espaces d’aération au cœur de la ville.

La ville à venir doit aussi être en mesure de répondre à de multiples défis environnementaux

En même temps, Grenoble doit se rendre plus désirable. « La ville doit s’articuler autour de la mixité des usages, c’est-à-dire, plus concrètement, imaginer des quartiers pratiques où il est à la fois possible d’habiter, de travailler, de se distraire, de consommer, de se rencontrer, etc. », explique Vincent Fristot, adjoint à l’urbanisme de la Ville.

Il est donc nécessaire de concevoir des aménagements nouveaux, pensés pour faciliter la vie de ses habitants et de ses usagers. Un exemple : leur éviter d’avoir à se déplacer loin et trop souvent avec la voiture, grâce à des quartiers où il sera possible de trouver un maximum de services et de commerces.

La priorité est de ramener de l’activité et de l’emploi en ville, et non plus en périphérie dans les grandes surfaces. La ville à venir doit aussi être en mesure de répondre à de multiples défis environnementaux : une mobilité facilitée par les transports en commun et les modes doux, la sobriété énergétique des constructions, leur confort thermique, visuel et acoustique, une qualité de l’air améliorée, la gestion des eaux pluviales, la prévention des îlots de chaleur, le développement de la biodiversité et la promotion de l’agriculture urbaine…

Une ville face au défi climatique

Adaptée pour répondre au défi climatique, Grenoble veut aussi assurer un meilleur partage de l’espace public, où les quartiers se tendent la main les uns vers les autres.

Une ville verdoyante et apaisée, qui met la qualité de vie au cœur de son projet

Le projet Flaubert illustre cette démarche : plusieurs quartiers vont trouver une cohérence nouvelle en proposant un cadre de vie commun. Sans perdre leur identité propre mais en soignant leurs perspectives et se parant de logements qualitatifs et sobres, de cheminements, de continuités douces et du retour de la nature en ville.

Préparer l’avenir

Une ville verdoyante et apaisée, qui met la qualité de vie au cœur de son projet, c’est aussi ce que traduiront le quartier de l’Esplanade, entre les coteaux de Chartreuse, et le futur parc des berges de l’Isère.

Le projet est réécrit avec la participation des habitants, tout comme ils sont invités à se prononcer pour le futur quartier Flaubert et pour le réaménagement des rues du centre-ville. Et c’est bien normal puisque ce sont eux qui vivent les quartiers chaque jour.

« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent », affirmait Albert Camus. Compte tenu d’un avenir riche de défis urbains et planétaires, c’est donc dès maintenant que Grenoble doit se transformer pour embrasser le futur.

Flaubert : un quartier à imaginer ensemble

Flaubert franchit ces mois-ci une étape décisive avec les réunions de concertation.
Unions de quartier, comités consultatifs indépendants et acteurs économiques discutent ensemble sur le devenir d’un quartier stratégique pour Grenoble.

Illustration Gilles Esparbet

C’est un vaste territoire diversifié qui va complètement changer de physionomie.
À l’articulation de plusieurs quartiers (Alliés, Jacquart, Zola…), Flaubert s’étend sur pas moins de 90 hectares, soit peu ou prou 5 % de la superficie totale de Grenoble.

Un projet stratégique, qui dessine un trait d’union à la fois nord-sud et est-ouest de la ville.
Ce qui caractérise Flaubert, c’est son cortège d’espaces verts, dont le long parc central, propice à la flânerie et aux déambulations pedibus et à vélo.

Flaubert se distingue aujourd’hui par sa population plutôt jeune et sa capacité à attirer les nouveaux arrivants à Grenoble

Cette coulée verte demeure d’ailleurs la première pierre de l’édifice Flaubert : son point de départ, son axe autour duquel les futurs logements graviteront.

Un cadre de vie privilégié

L’ambiance ? Elle est aussi à la diversité. Flaubert veut s’enrichir des identités et des histoires de ses quartiers : Alliés, Zola, Jacquard…

Le secteur est caractérisé par sa pluralité : autrefois industriel mais aussi nimbé d’une atmosphère de faubourg. « Il y a une nostalgie à préserver et ce passé trace l’avenir : il offre l’opportunité de mixer l’habitat et la petite activité de production », insiste Tae Hoon Yoon, de l’agence d’architecture Sathy, en charge du projet.

Emblématique de son caractère innovant, le bâtiment Terra Nostra en terre et bois annonce l’ambition environnementale de Flaubert

Flaubert se distingue aujourd’hui par sa population plutôt jeune et sa capacité à attirer les nouveaux arrivants à Grenoble : un tiers d’entre eux choisissent ce secteur, riche de plus de 3 400 emplois.

Il abrite aussi des équipements administratifs et culturels de premier plan, avec la MC2, la Bifurk, le Marché d’intérêt national, des lycées professionnels et, bientôt, une partie des services de la Ville, qui s’installeront dans le bâtiment du siège du Crédit Agricole après son déménagement sur la Presqu’île. Autant de structures qui annoncent un quartier dynamique, avec une qualité de vie confortée par la création d’une nouvelle école, de commerces en pieds d’immeubles et le développement d’une agriculture urbaine.

Ambitions environnementales

Depuis les premières réflexions sur son devenir, Flaubert a étoffé ses pages.
« Il était important de ne pas arrêter la dynamique engagée depuis cinq ans, quitte à réviser certains choix de construction », évoque Pierre Kermen de la SEM Innovia, aménageur du quartier.

En l’occurrence, il a été proposé de revoir à la baisse les hauteurs des futurs immeubles, afin de préserver des perspectives vers les montagnes. La qualité énergétique des futurs bâtiments a, quant à elle, été revalorisée. Emblématique de son caractère innovant, le bâtiment Terra Nostra en terre et bois annonce l’ambition environnementale de Flaubert.

« Nous allons pousser l’expérimentation grâce au projet européen City-Zen, pour intégrer de la production d’énergie solaire dans le réseau de chaleur notamment. Cinq cents logements seront concernés », pointe Vincent Fristot, adjoint en charge de
l’urbanisme et de l’habitat.

informationRenseignements divers
courrielhttp://grenoble-flaubert.fr/

Pour une Esplanade repensée et apaisée

Site majeur de la métropole grenobloise, l’Esplanade va lancer une nouvelle phase de co-construction avec les habitants, invités à donner leur avis sur le plan-guide qui leur sera présenté avant l’été et adopté avant la fin de l’année.

Principale entrée de ville de Grenoble, site emblématique au pied de la Chartreuse, l’Esplanade méritait bien de retenir toute l’attention. Beaucoup de réflexions ont été menées, souvent avec passion.

« Il fallait conserver la partie centrale, chargée d’histoire et qui accueille de nombreux événements métropolitains (foire des Rameaux, festivals etc.), et diminuer les hauteurs des bâtiments », explique Erwan Mahé. Le chef du service Prospective urbaine à la Ville reconnaît en même temps que la rénovation du quartier était une envie partagée par tous. « Ils ont montré un vrai besoin d’être réintégrés à Grenoble, alors que le nœud routier les coupe un peu. C’est un quartier doté de réels atouts qui ne demandent qu’à être révélés. »

Aujourd’hui, les habitants semblent plutôt satisfaits de la tournure des choses. Les sept à huit mois de discussions à bâtons rompus autour de trois scénarios d’aménagement présentés par l’agence HDZ débouchent sur le projet de plan-guide.

Ce document évolutif fournira les axes structurants du programme pour le long terme. L’une de ses idées fortes : positionner le quartier au cœur du bassin de vie en valorisant l’écrin que forment l’Isère et la Chartreuse.

Ce qui se traduira notamment par une passerelle piétons-cycles enjambant l’Isère pour rejoindre l’autre rive, un accès lisible vers les jardins des Dauphins, des berges aménagées en vrai poumon de verdure et, bien sûr, l’esplanade centrale, maintenue comme lieu d’animations et de détente.

La circulation routière ne sera pas supprimée, compte tenu de la vocation d’entrée de ville du quartier, mais apaisée : là encore, c’est la qualité de vie qui doit primer.

Témoins du passé préservés

Un premier ensemble de huit bâtiments est en train de sortir de terre, au nord du site : l’îlot Peugeot, qui comprend 230 logements développés par Grenoble Habitat, a été lancé.

L’avancée du toit du célèbre garage, témoin stylé du passé des lieux, a été maintenue pour être mise en valeur. « Il en sera de même pour d’autres éléments du décor de l’Esplanade. L’objectif est bien d’associer des constructions nouvelles à ce qui fait la mémoire du quartier. L’espace public qui s’enroule autour du restaurant Chez Angelo en est un exemple », assure Erwan Mahé.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.grenoble-esplanade.fr/

Prochaine réunion publique

Le 19 juin pour la présentation du plan-guide. Les habitants pourront à nouveau s’exprimer sur ces éléments.

Piétonnisation, une nouvelle envergure pour le cœur de Grenoble

Le projet urbain Cœurs de ville, Cœurs de Métropole est organisé autour de trois objectifs complémentaires : rendre le centre-ville plus dynamique ; étendre le centre-ville en piétonnisant de nouvelles rues ; porter un meilleur partage de l’espace public (piétons, cycles, voitures, transports en commun).

La piétonnisation d’une partie de la rue de la République, de la rue Montorge et de leur entre-deux sur la place Grenette va assurer une continuité douce avec la Grande-Rue. Illustration Gilles Esparbet

 

Le nouveau plan de circulation va permettre de donner une nouvelle dimension au centre-ville de Grenoble. Avec dans l’idée de mieux partager l’espace public, de développer un cadre de vie plus agréable, végétalisé et convivial, et de mettre en valeur les patrimoines, bâtis et autres.

« Cette revitalisation n’est pas qu’une question de déplacements », argue Éric Piolle, maire de Grenoble. « En plus d’être à l’étroit autour du magnifique cœur historique, notre centre-ville accumulait les nuisances : fragmenté, pollué, embouteillé, peu végétalisé, avec un patrimoine exceptionnel mais sous valorisé. Les Grenobloises et les Grenoblois doivent pouvoir être fiers de leur ville ! »

De la continuité avant tout

Recoudre, embellir, donner de la cohérence, relier les quartiers entre eux, tels sont les mots-clés de l’extension du « plateau piéton ». Quel sens pouvait-on donner à une place Grenette coupée en deux par un axe emprunté par des voitures ?

La piétonnisation d’une partie de la rue de la République, de la rue Montorge et de leur entre-deux sur la place Grenette va ainsi assurer une continuité douce avec la Grande-Rue et, au-delà, le secteur Brocherie/Chenoise bientôt concerné.

À l’opposé, en bordure d’Agutte-Sembat, le secteur Millet/Docteur-Martin va lui aussi bénéficier de la piétonnisation,
rapprochant à quelques pas le parc Hoche, le quartier de Bonne puis le secteur Championnet où la réflexion est en cours.

Le dialogue public va se poursuivre sur les aménagements futurs de l’axe Rey/Sembat/Lyautey, fermé pour cause de travaux d’assainissements.

À partir de l’automne, et jusqu’en avril 2018, des marquages au sol vont permettre des tests d’usage pour les bus, taxis, livraisons, riverains et cycles. Le cours Rey/Agutte-Sembat devrait définitivement entrer dans ses habits neufs au printemps 2019.

Concertation : vous êtes les bienvenus !

Les premiers ateliers participatifs seront organisés quartier par quartier : notez les dates des concertations dans votre agenda !

  • Secteur République / Grenette/ Montorge : atelier participatif et diagnostic en marchant le 18 mai de 18h à 20h15.
  • Secteur Lionne / Brocherie / Chenoise : atelier participatif et diagnostic en marchant le 19 mai de 18h30 à 21h30.
  • Secteur Millet / Docteur-Martin sud : atelier participatif et diagnostic en marchant le 1er juin de 18h30 à 21h30.
  • Secteur Lakanal / Championnet / Lazare-Carnot / Doudart-de-Lagrée : atelier participatif et diagnostic en marchant le 9 juin de 19h à 21h.
  • Projet Rey / Agutte-Sembat / Lyautey : atelier participatif et échanges sur l’avant-projet le 15 juin de 18h30 à 21h30.

 

Les lieux seront précisés ultérieurement. Si vous êtes intéressé pour participer à ces temps de rencontre, envoyez un mail :
participation@lametro.fr

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