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Antoine Gentil

L’éducation particulière

Enseignant spécialisé, Antoine Gentil accompagne les jeunes en décrochage scolaire en pilotant Starter. Expérimental et innovant, ce dispositif grenoblois unique en France met en pratique une pédagogie privilégiant l’écoute, la confiance mutuelle et le dialogue.

©Alain Fischer

Antoine a grandi dans le bassin vizillois. Diplômé de l’Institut de Géographie Alpine, il commence sa carrière comme professeur des écoles.

Dès mes études, je faisais de l’aide aux devoirs et j’avais envie d’aller vers l’action sociale car j’ai toujours pensé que les problèmes de comportement n’existent pas mais traduisent quelque chose…

Il devient rapidement enseignant spécialisé en ITEP (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique) où il travaille avec des jeunes souffrant de troubles de la personnalité, puis rejoint le Codase et s’occupe alors d’ados désocialisés ou en errance.

Il enseigne ensuite à la Maison d’Arrêt de Varces auprès d’un public en grande détresse et parfois en situation d’illettrisme. «Ces rencontres fondatrices m’ont permis de me former à la relation éducative.»

Hospitalité et proximité

En 2012, il répond à un appel à candidature pour créer un dispositif inédit dédié aux jeunes en décrochage scolaire. «J’ai proposé un projet inspiré de mon expérience et on m’a fait confiance.» C’est ainsi qu’est né Starter.

Implantée au lycée professionnel Guynemer, cette classe de troisième articule enseignements généraux et découverte du monde du travail. L’approche est basée sur l’hospitalité du quotidien, l’empathie, la mise en confiance et la communication.

Mon travail ne commence pas dans la classe mais au portail. Chaque jour, j’accueille les élèves. Échanger, se saluer, se serrer la main, c’est essentiel !

La proximité avec les jeunes se double d’un contact très régulier avec les familles. Starter mobilise par ailleurs l’ensemble des partenaires de l’aide sociale à l’Enfance, qui travaillent en synergie pour être au plus près des besoins.

Un accompagnement inconditionnel

En effet, la force du projet est de placer les jeunes au cœur du dispositif. Face à des situations personnelles complexes ou douloureuses, «le mantra est : tu es comme tu es et on travaille avec.» Bref il s’agit de rester positif… mais aussi authentique.

Les élèves doivent pouvoir se remettre parfois en cause, ça passe par des moments où l’on dit qu’on n’est pas d’accord. Il faut savoir incarner les limites, être pugnace mais en douceur. Et toujours dans le dialogue !

L’équipe enseignante leur apporte aussi repère et soutien indéfectibles puisqu’il n’y a jamais d’exclusion.

«Pendant un an, on les aide à se construire, en sachant qu’ils peuvent compter sur nous. Parfois on vit des drames, mais il y a toujours quelque chose à faire ! Même si on ne résout pas tout et qu’on n’est pas des super-héros, on est un lieu qui leur donne une place : être élève.»

Starter a récemment fait l’objet du film documentaire Un bon début, d’Agnès et Xabi Molia, qui relate une année d’immersion dans le dispositif.

informationRenseignements divers
Pour l’organisation de projections-débats avec l’équipe du film :
courriel parer@caramail.fr

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