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Leadership numérique

Grenoble labellisée French Tech

L’agglomération grenobloise figure depuis mercredi 12 novembre parmi les 9 métropoles françaises labellisées French Tech. Ce label est destiné à mettre en réseau les start-up utilisant les technologies du numérique, et à les accompagner dans leur développement national et international.
Jean-Pierre Verjus, ex-dirigeant de l’Inria et cheville ouvrière de « Digital Grenoble », interrogé avant que ne soit dévoilée la labellisation de Grenoble, a rencontré les journalistes de Gre-mag.
Explications.

French TechGre-mag : Pourquoi la French Tech à Grenoble ?

Jean-Pierre Verjus : La labellisation « French Tech » rappelle que le logiciel constitue une force historique de ce bassin d’activité trop souvent uniquement qualifié de « capitale des micro-nanotechnologies ». Grenoble doit communiquer sur son savoir-faire numérique. Avec 40 000 emplois et 550 entreprises dans le domaine du logiciel, elle possède de sérieux atouts. Notre écosystème numérique couvre un champ de compétences allant de la conception d’objets (hardware) au développement d’applications et de nouveaux services numériques (software) dans de très nombreux domaines, e-commerce, énergie intelligente, santé, transports, pour améliorer la circulation automobile, la gestion de l’air, le maintien à domicile des personnes à mobilité réduite, etc.

Gre-mag : Quels sont les objectifs de cette labellisation ?

J-P V. : La French Tech vise la mobilisation des candidats –dont Digital Grenoble qui réunit aujourd’hui 500 entrepreneurs et investisseurs- autour de 3 axes.

L’accélération de la croissance d’abord : aujourd’hui 60 % des nouveaux emplois créés en France l’ont été par 6 % d’entreprises (start-up et PME) du numérique. L’idée est de faire émerger de futurs “tech champions”, en proposant produits et usages nouveaux. 200 millions d’euros vont ainsi être investis à ce titre sur la France entière.

La connexion de tous les acteurs du domaine du numérique – start­ up, Entreprise de taille intermédiaire, grands groupes, écoles, administrations, élus locaux – ensuite. Le développement des partenariats entre grandes et petites entreprises, via par exemple des démarches “corporate venture” (investissement des grands groupes dans les start-up) est essentiel pour aider à trouver des financements et rebondir à l’international.

La visibilité à l’international enfin, avec 15 millions d’euros au total (pour la France entière) prévus par la French Tech. Ville totalement numérique, Grenoble doit s’afficher comme telle et s’appuyer sur sa capacité d’innovation en matière de technologies, mais aussi d’usages pour attirer de nombreux talents (étudiants, ingénieurs etc.).

Dans cette optique, Grenoble pourrait devenir la ville des “smart systèmes” et des “smart expériences” en matière de covoiturage, d’éclairage intelligent,…

Gre-mag : Quel sera le lieu pour animer le territoire numérique grenoblois ?

J-P V. : Notre bâtiment « totem » -700 m², disponibles dès 2015- se situera à Pasteur, dans un bâtiment Orange disposant d’une haute connectivité et d’une infrastructure réseau ultra-haut débit, en face du Cinéma Pathé et à côté de la Bibliothèque Municipale.

Son choix a été guidé par des impératifs d’articulation entre les différentes zones d’intensité numérique (Bouchayer-Viallet, Europole-Giant, Inovallée, Campus et pôle santé, Sud agglomération) que compte l’agglomération, plutôt que de structuration d’une de ces zones. Ce lieu emblématique accueillera les “fab-labs”, les animateurs de l’éco-système, une salle de réunion permettant d’échanger, etc.

Gre-mag : Concrètement que peut apporter ce label ?

J-P V. : Les 200 millions du programme à partager entre la dizaine de métropoles labellisées permettront d’amorcer la recherche de capitaux auprès d’entités privées (banques, investisseurs). Cela ne constitue qu’une amorce. L’aide des collectivités dans un premier temps sera primordial. Cet argent de surcroît ne sera pas consommable : il sera injecté dans du capital. Pour les Grenoblois, la French Tech peut être un levier d’enrichissement de l’agglomération, à même d’apporter du bien-être à ses habitants et de l’emploi aux entreprises.

Gre-mag : A quels critères se mesurera la réussite du projet ?

J-P V. : Dans 5 ans, il faudrait que l’on ait à Grenoble peut-être pas un Facebook ou un Google, mais l’équivalent d’un champion comme Critéo(¹) dont on parlerait dans le monde entier, avec à sa suite une dizaine de start-ups d’une centaine d’emplois chacune.

(¹) une société parisienne spécialisée dans le reciblage publicitaire personnalisé sur internet, cotée en bourse depuis octobre 2013, qui a annoncé en 2013 un chiffre d’affaires de 444 millions d’euros pour un bénéficie net de 1,4 millions d’euros, contre 0,8 millions d’euros en 2012.

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