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Pierre Borghi

Humanitaire et ancien otage

Novembre 2012 : Pierre Borghi parcourt Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, ville dans laquelle il espère trouver du travail. Trois semaines après son arrivée dans le pays, l’appareil photo dans les mains et des projets plein la tête, il est kidnappé par des Talibans à la sortie d’un restaurant.

Pierre Borghi

 

C’est à la suite de ses études en sociologie et urbanisme à l’université de Grenoble que Pierre Borghi a choisi de mettre à profit ses connaissances en tant que travailleur humanitaire. Un moyen, selon lui, de « sortir de la routine » (son pire ennemi) et de vivre des expériences hors du temps et de son cadre de connaissances culturelles habituel.

Sa détention en tant qu’otage, dans une famille afghane d’abord, puis isolé dans un « trou noir », dura 131 jours. Il décrit le double jeu relationnel qui le liait à ses ravisseurs. « Ils étaient très cordiaux et n’avaient pas de rancunes personnelles contre moi, mais je voyais bien que je n’étais pas important pour eux. D’un côté, on jouait et mangeait ensemble et de l’autre, j’avais les poings liée » explique-t-il. « Et puis on spéculait sur moi… même les preneurs d’otages sont des capitalistes invétérés ! » rajoute-t-il avec une pointe d’humour et de cynisme.
Une expérience « psychologiquement traumatisante », dont il a réussi à s’échapper, animé par un puissant instinct de survie. Il en retrouve les émotions et les détails qu’il a « tendance à oublier » dans son livre publié en mai 2014, 131 nuits otages des Talibans , Kabul Rock Radio, qui retrace cette aventure au cœur d’un Afghanistan fragile.
Pour autant, l’amour de Pierre pour ce pays demeure intact. « On peut trouver des cadres de vie cosmopolites à Kaboul. Ce n’est pas que guerre, famine et pestilence. Beaucoup d’expatriés restent » souligne-t-il. Il en est de même pour son métier, qu’il poursuit vers d’autres horizons et avec encore plus de convictions.

Sa dernière mission date de février dernier, en Guinée forestière, où il aidait à pacifier la fin de l’épidémie du virus Ebola et à renforcer le système de santé local. Quand on l’interroge sur la notion de prise de risque liée à ce choix de vie, Pierre Borghi garde les pieds sur terre : « Ce n’est pas forcement sain de dépasser ses peurs et de trop relativiser par rapport aux risques car ils sont réels et il faut les prendre en compte. » Un humanitaire qui ne manque pas de courage…

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