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Interview

Éric Piolle : « Nous avons besoin de tout le monde pour réussir. »

Gre.Mag a rencontré Éric Piolle à l’occasion de sa réélection en juillet dernier. Le maire de Grenoble nous dévoile quelques-uns de ses projets pour la ville et ses habitant-es.

©Thierry Chenu

Dans quel état d’esprit abordez-vous ce nouveau mandat ?

Déterminé et plein d’énergie ! Avec les Grenobloises et les Grenoblois, nous avons construit ensemble un cap formidable, nous sommes en train de prouver que, oui, ici, au cœur des Alpes, nous pouvons changer la vie, et vivre mieux, à l’échelle locale.

Pour la justice sociale, pour la justice climatique, pour faire vivre ces liens du quotidien et développer les services publics dans chaque quartier de Grenoble. Beaucoup de défis nous attendent.

Rassemblés, nous avons les atouts pour réussir. Le mandat démarre, la nouvelle équipe municipale est déjà à pied d’œuvre, au service de toutes les Grenobloises et de tous les Grenoblois.

Quelles sont les priorités que vous souhaitez donner à votre action ?

Le mandat qui démarre est placé sous le signe de l’amplification des transitions, dans tous les domaines. La solidarité qui s’est déployée pendant les longues semaines de confinement, partout dans Grenoble, montre qu’ici nous avons besoin de tout le monde pour réussir.

C’est le secret de notre réussite : chaque Grenoblois-e a un rôle à jouer dans la transformation de sa ville. Cette exigence nous guide pour continuer à développer les tarifications solidaires des services publics, pour que chacun contribue en fonction de ses moyens : eau, logement, électricité, chauffage, cantine, mobilité, culture, sport, etc.

Elle nous guide aussi pour faire de nos 70 écoles des lieux de respiration et de découverte, avec des cours végétalisées et des abords piétonnisés, «potagisés». Les nouvelles générations sont notre première richesse : il en faut de l’énergie pour être un enfant aujourd’hui !

On l’a vu encore cet été, Grenoble a connu plusieurs pics de fortes chaleurs, voire de canicule. Comment comptez-vous combattre les îlots de chaleur dans la ville ?

Le climat change deux fois plus vite dans les Alpes. Les scientifiques nous disent qu’à l’horizon 2050, la neige viendra à manquer en hiver et les étés seront caniculaires pendant plusieurs semaines.

Notre responsabilité est d’anticiper ces changements et de préparer la ville. La ville d’hier était minérale, dédiée aux voitures, à la grande consommation.

Le Grenoble que nous construisons à des milliers de mains remet la nature et la fraîcheur au cœur de toutes les décisions: isolation des logements, plantations d’arbres (plus de 5 000 depuis 2014, cap sur les 15 000 nouveaux d’ici 2030), transformation des cours de récréation, points d’eau, etc. L’ombre devient une richesse essentielle !

À Grenoble, la Covid-19 a frappé moins fort que dans d’autres grandes villes. Cependant comme partout, le confinement a déstabilisé de nombreuses activités. Que prévoyez-vous pour accompagner les secteurs fragilisés ?

D’abord, je tiens à remercier, une nouvelle fois, nos premières lignes grenobloises, qui ont fait tourner la ville pour permettre au plus grand nombre de rester confiné à, domicile. Un grand bravo aussi aux Grenobloises et aux Grenoblois, qui ont veillé les un-es sur les autres.

La solidarité sauve des vies, nous le savons depuis toujours. Malgré ces efforts, notre économie, notre vie culturelle sont les plus lourdement touchées par les conséquences de la pandémie.

Grenoble sera aux côtés des acteurs qui font vivre la ville. La culture est l’un des piliers du modèle grenoblois. Nous annoncerons au conseil municipal de septembre notre plan de transition pour protéger les secteurs les plus en difficulté.

Au cours de votre premier mandat, vous avez déployé de nombreuses initiatives uniques en France en matière de démocratie participative : budget particpatif, COP, etc. Allez-vous poursuivre l’expérience ?

Grenoble est une ville pionnière, sur les pratiques démocratiques aussi. Depuis 2014, nous avons expérimenté des nouveaux outils de participation citoyenne. Certains, comme les pétitions citoyennes, ont été cassés par le Gouvernement alors qu’ils étaient en phase de rodage… D’autres, comme les budgets participatifs sont une belle réussite, à amplifier.

©Auriane Poillet

L’exemple de la Convention Citoyenne pour le Climat doit nous inspirer au niveau local : le tirage au sort de citoyennes et des citoyens, sur des questions précises, avec des débats organisés et limités dans le temps, est une piste inspirante. Et, d’ailleurs, pourquoi limiter cet outil à la question climatique ?

Grenoble est finaliste pour devenir la Capitale Verte de l’Europe en 2022. C’est-à-dire ?

Chaque année, l’Europe récompense une ville du continent pour ses réussites dans tous les domaines des transitions : énergie, santé, bruit, pollution, climat, dynamisme économique. Sur l’ensemble des 12 critères, Grenoble est arrivée en tête ou seconde. Loin devant les autres villes candidates.

Nous saurons fin septembre si l’Europe choisit notre territoire ou pas. Cette candidature est bien plus large que celle de Grenoble : les Parcs Naturels du Vercors, de la Chartreuse et de Belledonne sont dans l’aventure, comme la Métropole, l’Université Grenoble-Alpes et l’Institut des Métiers et des Techniques, GEG, la CCIAG, des villes voisines comme Échirolles, mais également la Chambre de Commerce et d’Industrie.

C’est une dynamique qui entraîne l’ensemble du territoire, c’est cela la transition : chacun contribue et c’est tout le monde qui gagne !

Devenir la prochaine capitale verte de l’Europe, c’est bénéfique pour l’ensemble des acteurs qui voient la transition comme une opportunité, en termes de financement, de reconnaissance. Une année pour amplifier nos projets, inspirer ailleurs et s’inspirer des réussites des autres grandes villes du continent !

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