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Sandrine Girard

La dame en coulisses

Son truc à elle, ce n’est pas la scène. C’est tout ce qui, en coulisses, rend le spectacle possible. Sans nez rouge ni trompette, la trajectoire de Sandrine Girard, 46 ans, présidente de l’association grenobloise de clowns hospitaliers Soleil Rouge, n’en est pas moins haute en couleurs.

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À l’entrée de l’hôpital couple-enfants, elle reçoit dans le petit local bariolé de l’association, dont elle s’apprête à quitter la direction en janvier prochain, après sept années de services dévoués. Ni comédienne, ni médecin, rien ne prédestinait a priori cette professionnelle de l’assurance, au rythme de déplacements déjà survoltés par ses responsabilités nationales de déléguée du personnel CGT, à un tel engagement. Sinon la voie du cœur.

« Les associations en lien avec les enfants et la maladie sont souvent représentées par des parents qui ont eux-mêmes vécu cette épreuve. Ce n’est pas mon cas » explique cette mère de deux adolescents. « En revanche, c’était celui de deux familles d’amis qui nous ont raconté l’importance des clowns dans les services pédiatriques du CHU, la justesse de leur présence et de leur rôle : cela a pris alors tout son sens, j’ai trouvé là aussi une autre façon de m’occuper des autres, bien différente du cadre syndical » glisse-t-elle.
À son arrivée, « les clowns devaient un peu tout gérer par eux-mêmes ». L’un de ses premiers objectifs à la tête de l’association a été de libérer les artistes de la partie administrative pour que tout leur temps soit déployé auprès des enfants.

Le deuxième challenge a été de réussir à faire intervenir chaque semaine les comédiens — au nombre de douze aujourd’hui, tous professionnels — dans l’ensemble des services de l’hôpital, à raison de quatre journées d’intervention au total.
Pour y parvenir, il a fallu multiplier par cinq le budget de la petite structure, qui repose aujourd’hui essentiellement sur la fidélité de 800 adhérents donateurs. « Une sacrée paire de manches, relevée en équipe » insiste Sandrine Girard loin des couloirs de l’hôpital. Avec à cœur une exigence pour elle mais aussi pour les soixante bénévoles investis : que cette mission reste avant tout « du plaisir » !
« Aucun de nous n’était pro de la communication ou de la recherche de fonds : il nous a fallu apprendre à pousser toutes les portes possibles, à développer le mécénat d’entreprises, à créer des événements » souligne-t-elle. Le dernier en date, une vente aux enchères de 49 œuvres d’art organisée le 6 novembre dernier au musée de Grenoble grâce aux dons d’artistes et de mécènes, a permis d’atteindre de beaux sommets : près de 40 000 euros ont pu être récoltés par Soleil Rouge pour pérenniser l’intervention des clowns auprès des petits malades.
C’est donc l’esprit tranquille que Sandrine Girard, désireuse de se consacrer davantage aux siens, passe aujourd’hui le relais. Pour longtemps à Grenoble, son rouge soleil donne.

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