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Jean Guibal

« Un patrimoine qui n’est pas spectaculaire mais riche dans sa diversité »

Jean Guibal est conservateur du patrimoine au Département de l’Isère et ancien directeur du musée dauphinois.

© F. Pattou

Comment qualifier le patrimoine de Grenoble ?

Il se caractérise par des sites anciens ou des œuvres du XXe siècle en passant par une multitude de témoins d’époques très diverses qui permettent de balayer toute l’histoire.

Pour chaque période on a des vestiges, avec des monuments importants, comme la crypte Saint-Laurent installée sur une nécropole antérieure à la chrétienté.

Grenoble porte aussi la marque de la rivalité entre évêque et dauphin au Moyen-âge, qui ont chacun construit une église sur leur zone d’influence c’est-à-dire Notre-Dame et Saint-André… La Porte de France est un signe de la grande période de construction du XVIIe et les quartiers ouvriers comme Berriat témoignent de la révolution industrielle du XIXe.

Grenoble possède aussi plus de 50 bâtiments « art nouveau » remarquables et les JO ont été un grand moment de développement, porté par un état d’esprit très conquérant comme en témoigne le symposium de sculptures grâce auquel la ville possède deux Calder !

Grenoble possède aussi un patrimoine immatériel…

Absolument et on n’en parle pas assez alors qu’il doit aussi être mis en valeur par le label.

Les faits historiques et l’histoire qui se raconte sont aussi porteurs de patrimoine. A Grenoble par exemple, la journée des Tuiles est un événement majeur dans le déclenchement de la Révolution en Dauphiné et il est nécessaire que le souvenir de cet événement soit conservé et transmis car il fait partie de notre mémoire collective.

Le patrimoine grenoblois a-t-il été suffisamment préservé ?

La méconnaissance a entraîné des destructions qui ont été préjudiciables. Dans les années soixante-dix, la volonté d’éradiquer les quartiers insalubres a fait que certains ont été en partie rasés : Alma, Très-Cloîtres…

En revanche rue des Beaux-Tailleurs et rue Servan, on a sauvé l’essentiel du bâti et les façades mises à nu se sont révélées très belles. Il faut donc miser sur la conviction, un travail d’explication et le label va nous aider car bien souvent ce n’est pas tant une question de coût que de conscience collective.

C’est l’enjeu de ce label ?

L’idée n’est pas d’avoir une ville figée, astiquée pour les touristes ! Pour moi, le label a surtout pour finalité de convaincre les Grenoblois que leur ville est magnifique, qu’elle est pleine d’histoire et qu’il faut qu’ils la regardent mieux !

Grenoble se construit une image de ville moderne, chercheuse, brillante… mais n’oublions pas sa beauté, son cadre exceptionnel avec « une montagne au bout de chaque rue » comme disait Stendhal. Le label va nous servir à changer cette vision. Cela passera par des animations, des conférences, des visites guidées, des publications…

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