Tous nos dossiers

Accueil >Dossiers >Tous nos dossiers>Comment s’adapter aux changements ?

Habitat durable

Comment s’adapter aux changements ?

Comment regarderons-nous, dans 30 ou 40 ans, nos façons d’habiter et de vivre en ville aujourd’hui ? Nos modes de vie correspondent-ils à nos modes d’habiter ?

Comment s’adapter à la diversité des styles de vie, aux changements climatiques et environnementaux ?

Changer la ville prend du temps. Mais des formes nouvelles émergent, des expérimentations sont tentées ou retentées, les citoyens reviennent peu à peu au cœur du débat et de la participation.

Ce sera d’ailleurs le thème central de la Biennale de l’Habitat durable qui se tiendra du 9 au 11 avril : les usages et usagers de la ville durable.

Adapter les habitations aux réalités du changement climatique, de la hausse des coûts de l’énergie, de la ville qui s’étend et de ses caractéristiques géographiques sont désormais des impératifs. Les sociologues précisent qu’il faut aussi tenir compte des désirs des habitants, de leur changement de rythme de vie, de la recomposition des familles et des nouvelles envies d’habiter ensemble, qu’elles soient intergénérationnelles parce que liées à la crise, ou choisies, parce que synonymes d’un mieux-vivre.

666910_Caserne de Bonne

L’un des objectifs de la reconquête urbaine de la caserne de Bonne, 1er éco quartier de France, était le respect de l’environnement. Ici, le jardin des Vallons.

 

Urbanistes et sociologues se rejoignent pour remettre l’habitant, le citoyen, au centre des préoccupations sociales et environnementales en matière d’habitat. « Nous devons composer avec l’histoire, avec les lieux, avec les contraintes, et surtout avec les habitants qui ont l’expérience d’usage que n’ont pas ceux qui pensent la ville » affirme Serge Gros, directeur du Conseil urbanisme architecture et environnement (CAUE) de Grenoble. « Il faut définir l’intérêt général, de grands principes, des îlots à repenser, puis demander aux habitants de réfléchir, par exemple à la mixité au sens large : transports, commerces, services… Il s’agit de prendre en compte des programmes plus riches, moins parachutés et plus co-construits. »

Du bien-être autour

Le réseau des Observatoires de l’agglomération grenobloise (OBS’Y) a récemment publié une enquête, Trajectoires résidentielles dans l’agglomération grenobloise, dans laquelle il s’intéresse au logement et au bien-être. Il en ressort que « la priorité, c’est ce qu’il y a autour du logement, son inscription dans un espace collectif où la qualité de vie et les relations sociales sont agréables ».

Les citadins plébiscitent l’environnement du logement : des liens sociaux et une vie de quartier riche, c’est-à-dire un accès aux services, publics et privés. « De Bonne répond bien à ce souhait, car remarquablement bien connecté » remarque Serge Gros. « Les choses ont été composées astucieusement, le quartier est vivant, tout le temps, avec une mixité de programmes, de générations. Les fondamentaux sont là : on a gardé l’alignement et la montagne au bout de chaque rue, on a fait ressortir l’eau et la nature, on est à échelle humaine. »

Des espaces de vie dedans

Et si le véritable enjeu aujourd’hui résidait aussi dans la capacité du logement à être aménageable dans le temps, évolutif et diversifié ?

Les sociologues s’accordent pour souligner la rigidité de l’habitat en France, le poids des savoir-faire et des pratiques. La distribution des pièces à l’intérieur du logement a par exemple très peu changé, alors que la cuisine est devenue un lieu très important et que l’informatique n’a pas d’espace dédié. « Il faut aussi des espaces de rangement, des rapports au ciel et à la nature, de l’ensoleillement, des espaces de liberté en plus » ajoute Serge Gros.

« C’est là que les architectes de l’habitat développent ces attentes repérées par les sociologues, pour faire en sorte que le choix ne soit plus entre le collectif tristounet ou la maison individuelle synonyme de bonheur familial. »

Rencontre

Georges Braoudakis, propriétaire, quartier de Bonne

« On a compris que c’était à nous de développer une conception globale d’habiter »

George Braoudakis est un des premiers habitants du quartier de Bonne. Il a choisi son appartement sur plans, sans trop savoir à quoi correspondait la notion d’éco-quartier, encore peu connue à l’époque.

Il apprécie la position du quartier dans la ville — qui le dispense d’utiliser sa voiture —, l’offre commerciale de proximité, le parc et ses jeux, la présence de l’eau dans les jardins, l’accessibilité des services et le confort de son logement. Il regrette que les lieux n’aient pas été pensés suffisamment pour les adolescents, ni pour les tout-petits, pour lesquels il manque une halte-garderie.

Les nuisances sonores sont une préoccupation, sur l’espace public comme à l’intérieur des bâtiments et, en règle générale, Georges Braoudakis pense que la santé environnementale n’est pas au niveau : problèmes de qualité de l’air extérieur, présence d’antennes et d’ondes électromagnétiques…

En tant que membre de l’Union de quartier, il se dit prêt à accueillir les nouveaux arrivants et à les former au fonctionnement particulier des bâtiments (ventilation, chauffage, production d’eau chaude sanitaire…). « On a une expertise d’usage pour faire des économies de charge » précise-t-il en avançant qu’il a lui même réduit ses factures.

Lors de la Biennale de l’Habitat durable, Georges Braoudakis souhaite dire que les habitants doivent prendre en main la gestion de leurs équipements et rappeler que le partage d’informations est indispensable pour changer ses habitudes.

Des murs et des hommes

Les bailleurs sociaux ont pour mission de loger des personnes qui, pour des questions de revenu, n’ont pas accès au marché traditionnel. Entre collectivités et habitants, ils se sont très tôt positionnés sur les problématiques d’environnement et de société.

573320_Graphite et Alpins

L’immeuble Le Graphite de Pluralis, rue Marceau (quartier De Bonne).

Le logement social a longtemps été pionnier dans l’expérimentation du bâti économe en énergie. Entre 1971 et 1980, le bailleur social Actis installe le chauffe-eau solaire à la Bajatière. Puis le Lys Rouge, à côté de Mistral, teste le logement passif avec la construction de vérandas au nord, qui a le double avantage de protéger du froid et de chauffer au soleil.

Il faudra ensuite attendre les années 2000 et le projet de réhabilitation-construction de la Caserne de Bonne pour voir réapparaître des opérations de logements économes en énergie. « La question était cependant plus environnementale et économique que sociétale » souligne Maryvonne Boileau, conseillère municipale, ancienne présidente d’Actis et actuelle présidente de Grenoble Habitat. « Et il n’y avait pas de lien entre le logement et la politique de la ville, excepté pour le renouvellement urbain de Teisseire. »

Les usagers au cœur du plan RUSE

Parallèlement à la rénovation du bâti, Actis active en 2001 son plan Renouvellement urbanisme sécurité et éducation (RUSE) pour se préoccuper davantage des personnes. Des agents de proximité prennent en charge des montées d’immeubles, recréent du lien social en impliquant les locataires dans la gestion quotidienne.

« Ces agents existent toujours et Grenoble Habitat s’engage à son tour sur cette voie » relève Maryvonne Boileau. « Selon les bâtiments, ça fonctionne plus ou moins bien, mais ça permet des discussions, des réunions. La relation avec et entre les habitants est plus apaisée, et c’est aussi une aide à l’entretien et à l’organisation. »

Vers des modes d’habiter

« Notre force, c’est de coller au mieux aux attentes des collectivités et des populations, sans être directement liés au monde économique » rappelle Didier Monnot, directeur général de Pluralis, un autre acteur du logement social, engagé depuis les années 80 sur l’habitat participatif. « On se doit d’innover techniquement et socialement. Toutes ces démarches liées à l’évolution des phases de la vie et des modes de vie nous correspondent. Ce qui nous mobilise le plus au quotidien, c’est la question du vivre ensemble. Le plus difficile, c’est de monter des projets dans des contextes réglementaires complexes et en évolution. »

Les commentaires (0)

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag
vous propose

Ceux qui aiment la montagne prendront le car

Et n’y voir que de l’eau…

Cabaret Frappé : attention pépites !