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Eau, énergie : garantir la qualité des ressources et la protection des usagers

Depuis trois ans, les acteurs publics de l’énergie et de l’eau se sont engagés dans de vastes programmes d’investissement, au bénéfice de l’environnement et de tous les Grenoblois.
Avec une relation de proximité réaffirmée et le souci constant du tarif le plus juste.

Electricité : le courant passe avec les usagers !

 

Panneaux solaires photovoltaïques sur le toit de De Bonne © Olivier Morin

 

Distributeur de l’électricité à Grenoble, GEG produit aussi une énergie de plus en plus verte. « Nous avons décidé de multiplier par trois la production d’énergie renouvelable d’ici 2020, selon un programme de plus de 80 millions d’euros en 5 ans », dévoile Vincent Fristot, président de GEG. L’entreprise parie sur l’hydraulique, mais aussi sur l’éolien et même le photovoltaïque, avec le raccordement cette année de la centrale solaire de Susville, construite sur un ancien terrain minier.

« Le passage du charbon à une énergie décarbonée est un symbole fort de notre action. » GEG est également l’architecte de la distribution du gaz naturel à Grenoble. Depuis mi-2016, le réseau est relié à l’unité de production de biométhane d’Aquapole. « C’est la deuxième usine de ce type en France après Strasbourg. Elle produit du biogaz à partir de la digestion des matières organiques de la station d’épuration pour alimenter 2 500 foyers par an et 70 bus », explique Vincent Fristot.

Veiller sur des hommes et des murs

GEG a renforcé aussi son engagement sur le front social. L’entreprise a reçu l’an passé dans ses agences 16 000 personnes en situation de précarité énergétique. « Dès 2014, nous avons augmenté le nombre de personnes bénéficiaires de la tarification sociale. Ces personnes n’avaient pas forcément recours au droit car elles étaient mal informées », explique Vincent Fristot.

7 000 ménages ont ainsi pu disposer de réductions substantielles sur leurs factures en 2016, ou de chèques quand le chauffage est inclus dans les charges.

Pour l’avenir, GEG compte sur le déploiement des réseaux intelligents pour mieux informer les abonnés sur leurs consommations en temps réel et leur permettre de choisir leur source d’énergie.
En lien avec le CCAS de Grenoble, GEG a également multiplié les visites au domicile des personnes en situation difficile.

Objectif : encourager les ménages à adopter les bons gestes pour réduire leurs consommations d’énergie. Cette action a été confiée à l’association de solidarité Ulisse 38, dans le cadre du projet Soleni. « Un acteur local de l’énergie doit mener une action permanente de proximité et d’accompagnement vis-à-vis de son public », observe Vincent Fristot. Comme la Compagnie de Chauffage, GEG s’est aussi impliquée en tant qu’animateur de l’opération métropolitaine Mur/Mur, pour inciter les copropriétaires à mieux isoler leurs appartements.

Eau : un patrimoine à préserver

Comme pour le chauffage, l’eau est désormais une compétence de la Métropole grenobloise. Elle est gérée depuis 2015 par la société publique locale Eaux de Grenoble Alpes, 100 % publique.

 

Régie des Eaux de Grenoble, site de Rochefort, puit n°4.

 

« Pour les Grenoblois et une majorité d’habitants de la métropole, cette Société publique locale (SPL) poursuit deux objectifs », explique son président Olivier Bertrand. « C’est à la fois fournir une eau pure et non traitée, cas unique en France, et porter une politique sociale de l’eau, en lien avec la Caisse d’allocations familiales. »

Préserver la pureté de cette eau est un combat permanent pour la SPL : le site de captage de Rochefort, au sud de l’agglomération, doit être préservé des pollutions industrielles et agricoles, ainsi que des attaques malveillantes. « Nous la gérons comme un véritable patrimoine, avec beaucoup de moyens, tout en impliquant les différents usagers à travers un comité, pour un travail autour du prix de l’eau. Cette gouvernance est le fruit d’un long combat mené par les écologistes depuis les années 1990 », étaye Olivier Bertrand.

Des aides en plus

S’appuyant sur la loi Brottes, qui a introduit la possibilité d’expérimenter la tarification sociale de l’eau, la SPL Eaux de Grenoble a mis en place des mesures ambitieuses.

Notamment le versement d’une allocation aux ménages précaires dont la consommation d’eau dépasse 2,5 % de leurs revenus : « C’est une aide qui concerne 40 000 personnes, soit près d’un habitant sur dix dans la métropole », précise Olivier Bertrand. Ce dispositif est étayé par le renforcement d’actions de prévention auprès des ménages vulnérables, mais aussi vers des publics éloignés des services : sans-abri, squatteurs, migrants, etc. « Nous travaillons avec des associations qui interviennent sur le terrain pour sensibiliser à la maîtrise des consommations », complète le président d’Eaux de Grenoble Alpes, qui promet que l’eau n’augmentera pas jusqu’en 2018 au moins.

Chauffage : de quel bois on se chauffe ?

 

Pour l’agglomération grenobloise, la CCIAG dispose de 5 centrales qui produisent de la chaleur sous forme d’eau surchauffée à 180°. © Nicolas Schlosser

 

« Quand nous sommes arrivés, il y a eu une urgence à régler : les contrats de délégation de service public étaient contestés par les usagers », rappelle Hakim Sabri, président de la Compagnie de chauffage intercommunale de l’agglomération grenobloise (CCIAG).

En cause : l’augmentation du prix du chauffage dans des proportions difficiles à supporter par de nombreuses familles. Appelés à la même table, collectifs d’usagers, élus et salariés de la compagnie ont contribué à la rédaction d’un nouvel avenant pour fixer des tarifs plus équitables. « Nous avons réussi à rétablir le dialogue avec les usagers et avancer tous ensemble de manière plus sereine. »

D’ici la fin du contrat de concession passé entre la Ville et la Compagnie de chauffage, prévue mi-2018, le réseau de chaleur urbain pourra aussi se targuer de multiples avancées techniques. À commencer par le quadruplement de l’utilisation du bois dans les chaudières, aux dépens des farines et du fuel. « En une douzaine d’années, nous sommes passés de 19 000 à 88 000 tonnes de bois par an. Nous sommes fiers de proposer une offre de chauffage urbain composée à 60 % d’énergie renouvelable », se félicite Hakim Sabri.

Une proportion qui grimpera à 75 % avec le remplacement prochain de la centrale de la Presqu’Île, encore approvisionnée en fuel lourd, par une unité de chaleur biomasse. La CCIAG a également lancé plusieurs projets innovants, pour récupérer l’énergie produite par la plateforme chimique de Pont-de-Claix.

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