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Grandir à Grenoble

Un horizon pour nos enfants

Si les enfants sont des adultes en devenir, ce ne sont pas des adultes miniatures : ils ont leurs propres besoins, des forces et des fragilités. Ils sont plus sensibles à la dégradation de leur environnement, plus vulnérables face aux dangers d’une ville, notamment dans leurs déplacements. Ils ont un potentiel d’imagination et de créativité, ils ont un rôle à jouer dans la défense de leur environnement pour peu que l’on se donne la peine de les écouter. Comment une Ville peut-elle les accompagner sur le chemin de leur avenir et de leur autonomie ? Comment peut-elle leur redonner une place sur l’espace public, et l’accès à la culture, au sport, à la sociabilité ?

Jeunesse

Grenoble, Ville amie des enfants

Grenoble, Ville amie des enfants, s’est engagée depuis 2014 pour «faire en sorte que chaque enfant et chaque jeune profite de son enfance et de sa jeunesse».

©Sylvain Frappat

Ici, plusieurs politiques publiques municipales se coordonnent dans une approche globale et territoriale.

Globale, parce qu’elle tient compte des différents temps de vie et des espaces multiples de socialisation de l’enfant : ceux de la classe, des loisirs, des copains, de la famille, du temps libre.

Et territoriale à travers des projets de développement centrés sur les abords des écoles, les lieux de vie et les déplacements des enfants, intégrés à une approche de la ville dans son ensemble.

Apaiser la ville

Le cadre de vie qu’offre Grenoble est une composante essentielle du bien-être de l’enfant. La Ville concentre ses efforts sur l’amélioration de l’environnement, autrement dit du climat au sens large dans lequel évoluent les enfants.

Elle réfléchit et aménage pour qu’il puisse se déplacer à pied, à vélo, notamment sur le chemin de l’école, trajet journalier qui peut aussi se faire en commun : c’est l’apaisement de la circulation automobile avec les 30 km/h, la mise en place progressive des Place(s) aux enfants, l’encouragement des pédibus et vélobus…

Elle tend vers une ville plus «récréative», vers un maillage sécurisé entre les aires de jeux, les espaces verts, les parcours du quotidien : commerces de proximité, école, gymnases, bibliothèques, espaces sportifs ou culturels…

La parole aux enfants

Elle veille aussi le plus possible à la participation des enfants aux décisions qui les concernent : une approche fondée sur les droits, qui considère les enfants comme des citoyen-nes à part entière.

Dans les démarches de concertation de proximité autour des Place(s) aux enfants par exemple, les enfants ont été consultés sur les aménagements qu’ils souhaitaient voir mis en place (ombre, plantations, jeux…).

©Sylvain Frappat

Les budgets participatifs ont permis la mise en place de nombreux jeux, y compris adaptés à des enfants en situation de handicap, comme à Bachelard ou Vallier-Catane.

Sensibiliser à la transition écologique

Enfin, Grenoble Capitale verte de l’Europe 2022, ce n’est pas terminé ! Un fonds spécial «Coup de pouce vert éducation», pour sensibiliser le jeune public aux enjeux de la transition écologique, va contribuer à financer 68 projets pédagogiques menés dans les écoles et collèges de l’Isère en cette année scolaire 2022-2023.

Vingt-et-une écoles primaires sont concernées à Grenoble. Certaines comptent installer des nichoirs, jardiner en commun, d’autres ont pour ambition de faire la classe en extérieur, de végétaliser leur cour d’école, de construire des cabanes ou de planter un verger… De beaux projets à suivre tout au long de l’année qui s’ouvre…

AMENAGEMENT

Place(s) aux enfants : où en est le projet ?

Lancée en juillet 2021, Place(s) aux Enfants ambitionne d’apaiser et de piétonniser les abords des écoles de la ville. Sans circulation ni stationnement, réservé aux piétons, cyclistes et autres usagers, chaque espace est unique, répondant aux besoins et habitudes de quartier, de sa conception à son aménagement.

©Alain Fischer

Ce projet d’envergure, qui concerne à terme l’ensemble des 61 groupes scolaires, a débuté par une phase transitoire en 2021 sur une douzaine de sites, transformant ces voies circulantes en espaces publics apaisés.

En 2022, trois Place(s) aux enfants ont été aménagées définitivement. 2023 verra la transformation de sept autres sites. Une vingtaine d’écoles bénéficient déjà d’espaces piétonnisés. Ces sites seront également retravaillés, pour plus de convivialité et de végétalisation.

Pour quoi faire ?

La transition des «rues» en «places» permet de co-construire avec les habitant-es et les usager-es des espaces plus durables, vivables et accueillants.

Chaque espace est pensé et imaginé comme un lieu de vie. Pour chaque Place, des réunions d’information, de concertation et des ateliers avec les enfants sont organisés. Ces nouveaux espaces publics apporteront :

  • de la convivialité : espaces de rencontres, jeux, repos, bricolage, un lieu unique où tout le monde se retrouve et qui renforce les liens intergénérationnels,
  • des îlots de fraîcheur en ville : avec de la végétation et des points d’eau. Une évolution indispensable pour l’avenir,
  • de la sécurité : interdiction des véhicules motorisés, vitesse des cyclistes contrôlée permettant aux enfants l’apprentissage de l’autonomie dans leurs déplacements,
  • un impact positif sur la santé : avec une meilleure qualité de l’air et un changement dans nos habitudes de vie. Venir à pied à vélo, en trottinette, c’est un peu d’exercice physique dans la journée !

Pour qui ?

Ces espaces se veulent créatifs et évolutifs : ils pourront continuer leur transformation sur le long cours. En fonction des usages qui en naissent et en lien avec les enfants, parents et habitant-es des quartiers concernés.

Ces espaces sont pensés par vous, pour vous. L’appropriation de ces lieux de vie est propre à chaque lieu pour organiser un temps festif, des rencontres intergénérationnelles, des brocantes, des carnavals…

Où en sont les premières Place(s) aux enfants ?

Cliquez sur l’image pour l’agrandir. ©Philippe Mouche

Espace cultures

Bienvenue aux tout-es petit-es !

En ce début 2023, le CCAS et la Ville de Grenoble inaugurent un Espace Cultures (dont le nom sera trouvé avec les usager-es) pour les 0-3 ans et leurs parents. Cet endroit innovant a été imaginé pour s’éveiller, bouger ou encore découvrir.

©Ville de Grenoble – Yann Beauvallet

Installé dans l’ancien espace Prémol du Village Olympique, juste au-dessus de la Maison des Habitant-es du quartier, cet Espace Cultures Petite enfance «a pour objectif d’aborder la culture par le faire».

Anne Ramat, est chargée de penser le lieu pour répondre aux besoins de tous les enfants et de le faire vivre. Elle travaille ici en partenariat avec les acteurs culturels de la Ville (Muséum, Musée de Grenoble, Bibliothèques…) et du territoire, tels que l’Espace 600, en collaboration avec Marie-Lou Lambert pour un binôme culture-petite enfance.

Rapprocher culture et social

Cet «espace de liberté et d’autonomie», qui s’inscrit dans le cadre du nouveau Projet éducatif de la Ville, présente des univers variés.

La «Barque aux livres», un espace lecture dans une barque installée ici depuis la création du bâtiment, le «Chantier», un lieu de (dé)construction ludique, «l’Atelier», pour laisser libre cours à sa créativité, le «Théâtre», pour assister à des propositions artistiques, ou encore le «Salon», qui permet aux parents de s’installer tout en observant leur(s) enfant(s). Anne Ramat explique :

L’objectif est de rapprocher la culture et le social sur la durée. Ce n’est pas un lieu de garde mais une occasion de venir en famille dans un esprit de mixité sociale. C’est aussi donner envie de découvrir les équipements culturels de la ville à partir des expériences vécues ici.

informationRenseignements divers
Ouvert le mardi et le mercredi de 9h à 16h, le vendredi de 13h à 16h et le 1er samedi du mois de 9h à 13h30 (réservé aux structures le lundi toute la journée et le vendredi matin) - 7, rue Henry-Duhamel.

Interview

«Les usages que font les enfants des espaces publics se sont grandement transformés»

Clément Rivière, Maître de conférences en sociologie à l’Université de Lille, auteur de «Leurs enfants dans la ville. Enquête auprès de parents à Paris et à Milan» (Presses Universitaires de Lyon), propose son regard sur le rapport de l’enfant à la ville.

©DR

Comment se fabrique le rapport de l’enfant à la ville ?

Il est indispensable de ne pas penser les enfants de manière monolithique, dans la mesure où leurs expériences de la ville sont très différentes selon leur âge, leur sexe, mais aussi selon les ressources dont disposent les familles au sein desquelles ils grandissent.

Il est en effet essentiel de comprendre que le rapport des enfants à la ville se construit dans le cadre familial, en lien avec les pratiques d’encadrement mises en œuvre par les parents. Ceux-ci vont transmettre différentes normes, différents comportements à avoir.

Certains enfants vont par exemple avoir un temps extrascolaire très investi lorsque d’autres en auront très peu, laissant ainsi plus de temps pour le «jeu libre».

Selon les caractéristiques du logement (taille, densité d’occupation) les enfants joueront plus ou moins souvent à l’extérieur de chez eux. Pour le dire de manière synthétique, les «sociabilités d’intérieur» sont beaucoup plus caractéristiques des enfants dont les conditions de logement sont confortables.

Par ailleurs, dès la puberté, les filles et les garçons ne sont plus vu-es de la même façon par leurs parents. Ces derniers vont en effet exercer davantage de contrôle sur les sorties de leurs filles et leur transmettre des recommandations en vue de les protéger de dangers spécifiques qu’ils anticipent.

Pourquoi les enfants passent-ils de moins en moins de temps sur l’espace public ?

Au cours des dernières décennies, le temps passé par les enfants dans les espaces publics a diminué, de même que leur rayon de mobilité autonome.

C’est en partie lié à la diffusion massive des automobiles, qui a accru les risques d’accidents. Aussi, de par le stationnement, les voitures ont pris la place d’espaces de jeu libre. Et puis, la pollution atmosphérique n’incite pas vraiment les parents à les laisser jouer dehors.

Les normes de bonne parentalité ont elle aussi évolué. Globalement, le regard porté sur les enfants a changé, ils sont davantage perçus comme des êtres fragiles et vulnérables à protéger. Parallèlement, nous avons constaté une montée de la visibilité des enlèvements d’enfants dans les médias, ce qui vient accroître cette tendance.

Les usages que font les enfants des espaces publics se sont aussi grandement transformés du fait de l’histoire des progrès techniques. Nous disposons par exemple aujourd’hui de nombreux moyens technologiques à domicile, tels que les smartphones ou encore les ordinateurs. Certains enfants peuvent ainsi passer leur week-end à jouer en ligne avec leurs amis plutôt que de sortir pour les voir.

Comment les villes peuvent-elles se réadapter ?

Je tiens à souligner le caractère fondamentalement politique d’une démarche visant à redonner davantage de place aux enfants dans la ville. Créer des espaces de réflexion et de débat en essayant de faire participer les enfants peut en effet conduire à repenser la ville de manière assez profonde. Ce qui ne pourra se traduire dans les faits que si cette démarche bénéficie d’un soutien large dans les villes concernées.

Repenser la place dans la voiture semble bien entendu incontournable, mais mon travail m’invite aussi à souligner le rôle central que jouent les commerces de proximité, qu’il convient donc de préserver, dans la réassurance des parents. Enfin, il y a des choses à penser en vue de créer ou de renforcer les liens d’interconnaissance, notamment entre parents, à l’échelle des quartiers de résidence.

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