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Martine Chiffard

La philosophie de l’accueil

Jeudi 13 octobre 2016 Martine CHIFFART. Contact : 06 88 44 48 76.  Lieu : 44 cours Berriat, Grenoble.  © Alain FISCHER 2016, Ville de Grenoble.

Cette année, Martine Chiffard, enseignante de philosophie retraitée,  a accueilli deux personnes réfugiées à son domicile. L’histoire commence avec Hamdi, originaire du Soudan, qu’elle a logé pendant deux mois – le temps qu’il trouve une structure d’hébergement – alors qu’il fuyait le conflit du Darfour. Depuis six mois, un jeune syrien dénommé Mimo occupe une chambre de son appartement. Au jour le jour, il « fait sa vie » et Martine l’oriente ponctuellement dans ses démarches administratives, et pour la poursuite de ses études en informatique, à l’Université de Grenoble.

Pour Martine Chiffard, cet hébergement provisoire intervient comme un relais dans « un parcours de vie chaotique. Quand j’ai vu ces personnes stockées aux frontières, j’estimais que je pouvais faire quelque chose » explique-t-elle avec une empathie presque palpable.

Ce n’est pas la première fois que Martine ouvre sa porte. Dans les années 1990, elle vit en Allemagne et organise alors un partenariat d’accueil entre le lycée dans lequel elle enseigne et un lycée de Sarajevo, lors de la guerre de Bosnie. « Je suis allée là-bas pour instaurer le parrainage. J’ai vu la guerre. Je crois que ça a été le déclencheur pour accueillir des demandeurs d’asile » raconte-t-elle.

Aujourd’hui, à Grenoble Martine souhaite « que ça bouge » et que la coordination soit « plus efficace » entre les demandeurs d’un hébergement et les personnes pouvant les accueillir. « Beaucoup de peurs sont liées à des idées préconçues. Mais ces personnes qu’on croit « autre » ne le sont pas et ont une richesse indiscutable à apporter » explique-t-elle. « Ce jeune homme vient d’avoir 22 ans, il est parti de Damas en 2013. Son père est resté là-bas, il s’est enfui avec sa mère qui a dû rester en Turquie. Il a ensuite pris le bateau en Grèce et a fait la route des Balkans. Il a été mis en prison en Hongrie… Quand on fait ce parcours, on a le droit d’être aidé. Mimo est aux petits soins avec moi, il anticipe mes gestes, il est discret… Il parle peu de son histoire. La seule chose qu’il m’a dite c’est qu’en 2011, il manifestait dans la rue contre la corruption de son pays, et que les gens se faisaient tirer dessus… qu’on ne peut pas vivre dans ce pays. Il est fataliste. Il n’y retournera pas » conclut-t-elle.

Les commentaires (2)

Commentaire de SERRE Marie le 1 février 2018 à 19 h 12 min

Merci pour votre témoignage…

Je fais déjà du bénévolat dans une association …
Je voudrais aussi avec les migrants: éducation enfants , adultes… ou autre …
Merci de me renseigner.

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