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Le marché de la Villeneuve

Sous son kiosque tout rond, ce petit marché populaire et bon enfant a tout de la place de village d’un chef lieu de canton. Mais étrangement, il ne figure pas sur la plupart des sites internet relatifs aux marchés de l’agglomération.

Marché de la Villeneuve

Un oubli à réparer d’autant plus injuste que les habitants, l’Union de quartier et les commerçants, il y a peu encore, se battaient pour son maintien au centre du quartier, dépourvu de commerces alimentaires.

Parmi les producteurs, Danielle la volaillère, Philippe le maraîcher, les six agriculteurs du Groupement produits du Trièves, M. Yang et ses herbes asiatiques, un revendeur de produits bio se tiennent au chaud, à l’abri de la mini halle, un manège recyclé. De temps en temps, les petits-déjeuners ou la soupe offerts par quelque habitant réchauffent les commerçants et contribuent à une ambiance familiale.

Pensez donc, Danielle, la volaillère et Philippe le maraîcher, les deux piliers de la halle, viennent ici depuis quarante et vingt-trois ans. Alors, au milieu des bancs bien garnis de beaux produits locaux de saison, on partage les nouvelles de la famille, on échange les recettes, les conseils de jardinage, le tout dans une heureuse humeur tandis que les fêtes locales ne manquent pas de s’inviter à ce rendez-vous animé, où tout le monde se connaît.

 

Marché de la Villeneuve

Philippe Delporte, maraîcher à Saint-Appolinard

Philippe Delporte, maraîcher à Saint-Appolinard, en pays Antonin, est connu comme le loup blanc sur la place de la Villeneuve. Souriant, aimable, amène, il a toujours le bon mot pour ses clients. Philippe, c’est un peu l’ami de trente ans. Présent sur le marché depuis un quart de siècle, forcément, ça forge des liens.

Quand il a déposé sa candidature pour une place de marché à Grenoble, on l’a envoyé à la Villeneuve où les producteurs ne se bousculaient pas. Il est venu et y a tracé son sillon. « Ma clientèle, cosmopolite, m’a obligé à m’adapter. Je me suis mis aux poivrons, courgettes mais surtout aux pois chiches, très appréciés ici. « Cultivés comme au jardin, comme au pays », me disent les clients. Ça c’est un compliment qui m’honore ! »

Son banc, rarement désert, aligne ses légumes de saison et ses tomates et haricots verts, réputés pour leur délicatesse et leur goût rare : ils attirent des habitants du centre-ville. Sur ses terres, 2,5 hectares en plein champ et une serre de 1 200 m2, il a adopté la culture raisonnée. « Je recycle les invendus sur l’exploitation, rien ne se perd » précise-t-il.

À la caisse, ce matin, la file s’allonge ; on papote, on rigole, Philippe donne un conseil à Mme Dehbiab, dont les salades ont monté en graine dès leur sortie de terre. « Vous avez planté des salades d’hiver au printemps. Dès le premier soleil, crac, ça monte » explique-t-il. Parfois, aussi, on le sollicite pour un conseil administratif, un papier à compléter. Philippe, maraîcher est aussi un ambassadeur de la bonne humeur qui sait détendre l’atmosphère, si besoin. « Venir le mercredi et le samedi au marché, c’est mon bol d’air frais. Le maraîchage, c’est travailler avec le vivant. » Sur la place, Philippe retrouve ses clients, salue, plaisante et distille ses secrets, de cuisine et de culture.

Présent le mercredi et samedi, au marché de la Villeneuve de 7h à 12h

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Danielle Germain Cara, la Volaille Label Rouge

Danielle Germain Cara, volaillère, tout comme Philippe son voisin de marché, a statut d’institution à la Villeneuve. Femme dynamique, vive d’esprit, franche, rieuse, à la gouaille colorée, crée son élevage de volailles fermières de plein air à 21 ans.

Depuis, chaque samedi elle descend de sa ferme du Chasselay-Chambarans et propose poulets, dindes, pintades, plats cuisinés maison, saucissons de volaille ainsi que des œufs et quelques fromages de chèvre, tommes, faisselles de ses collègues de Quincieu ou de Génissieux. « Notre production Label Rouge, gage de qualité, est notre planche de salut, notre garantie, notre avenir. Nous avons l’amour du métier, du travail bien fait et, dans ce quartier populaire, les habitants plébiscitent et reconnaissent les bons produits. Ça nous sauve » précise Danielle, bien décidée à défendre son savoir-faire.

Ici, Danielle est presque en famille. « Je connais trois générations d’habitants, leurs joies, les peines, les naissances… De temps en temps, les habitants nous offrent la soupe, on petit-déjeune sur la place ensemble » note-t-elle. Gérard et Françoise, clients de la première heure, viennent à passer. « Nous avons lutté pour garder le marché en cœur de quartier. Sans ce marché, c’est la mort de cet espace de rencontre et d’échange. Ils sont les piliers de la vie de la place et de son animation. »

Au camion de Danielle, sans impatience, on attend son tour ; une occasion d’échanger quelques nouvelles de la famille ou une recette, de lancer un bon mot et de déclencher une cascade de rires bon enfant. Danielle est aux anges, affairée à surveiller ses délicieux poulets rôtis et de rétorquer d’un trait d’humour. Aujourd’hui, elle passe la main à sa fille mais, pour rien au monde, elle ne déserterait la place de la Villeneuve. « Ça me manquerait trop, j’aime tant mon métier et les clients me le rendent bien. » Ne plus percevoir, depuis la galerie, les éclats de rire de Danielle rythmant le cœur vibrant de la Villeneuve, c’est tout bonnement impensable pour les clients habitués à ses volailles raffinées.

Présente au marché de la Villeneuve le samedi de 7h à 13h30

informationRenseignements divers
150, galerie de l’Arlequin
Du mardi au samedi de 7h à 13h30, jeudi de 15h à 19h, dimanche de 7h à 13h30
Les producteurs sont présents le mercredi et samedi de 7h à 13h30

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