Tous nos dossiers

Accueil >Dossiers >Tous nos dossiers>Vers la ville apaisée

Généralisation du 30km/h

Vers la ville apaisée

Au 1er janvier 2016, Grenoble et plusieurs communes de l’agglomération deviendront des « villes et villages à 30 ». Comprenez que la vitesse maximale autorisée sera limitée à 30 km/h sur l’ensemble des rues, à l’exception de quelques axes majeurs où il sera possible de rouler à 50 km/h. Ce changement de cadre est une façon de permettre à chacun de prendre sa juste place, réduire la pollution, augmenter la sécurité et la fluidité du trafic. Car il ne s’agit pas de ralentir pour ralentir. L’objectif est bien d’aller vers un apaisement de la ville, à l’image des nombreux réaménagements d’espaces publics que le budget participatif a fait émerger.

 

778899_Zones 30 copie

Dans les villes et villages de l’agglomération, vélomoteurs, vélos, usagers des transports en commun et piétons de tout âge ont aussi besoin de circuler et d’emprunter les rues en toute sécurité. En 2009, une enquête réalisée par la Métro sur les déplacements indiquait déjà que la voiture, bien qu’étant le premier mode de déplacement, représentait moins de la moitié de ceux-ci, tous modes confondus.

Les villes telles que nous les connaissons sont le résultat d’aménagements qui donnent la priorité aux véhicules à moteur alors que ceux-ci ne sont pas majoritaires. De plus, ils cumulent de très nombreux désagréments (nuisances sonores, pollution de l’air, dangerosité accrue en cas d’accident) et imposent leur domination sur les autres usagers.

En ville, sachons ralentir

Ce constat n’est pas nouveau. À Grenoble, en 2006, une première réponse a consisté à créer des enclaves où la vitesse maximale est limitée à 30 km/h afin de réduire la différence de vitesse entre les usagers et apporter plus de sérénité. Bien que faisant la démonstration qu’une vitesse de 50 km/h n’est pas adaptée aux rues d’une ville, ces zones 30, que les riverains plébiscitent, créent une situation confuse et perturbante pour les conducteurs.

Yann Mongaburu, conseiller municipal délégué à l’intercommunalité et vice-président aux déplacements de la Métropole, précise que « certains automobilistes dépassent le 30 car les limitations de vitesse en ville sont aujourd’hui trop complexes. Il faut simplifier la règle pour permettre à chacun de la respecter. Tous les modes de déplacement doivent trouver la juste place qui leur revient ». Souhaitant porter une démarche globale pour une Métropole apaisée, Grenoble-Alpes Métropole a consulté les 49 communes de son territoire pour connaître leurs projets pour un meilleur partage des rues. Selon Yann Mongaburu, « ce changement de référentiel aura lieu au 1er janvier 2016, comme dans de nombreuses autres communes de l’agglo. C’est le début d’un processus global. Grenoble est volontaire pour ramener la vitesse à 30 km/h dans toute la ville, sauf sur quelques axes structurants où il sera permis de rouler à 50 km/h ».

Gremag6-plan-circulation

Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Petite transformation grand changement

À partir du 1er janvier 2016, la vitesse maximale autorisée en ville sera de 30 km/h. Mais quels seront les changements en matière d’aménagements ?

731778_Velos

« Rouler moins vite est un outil, un moyen, pas un but en soi. Les aménagements viendront dans un second temps, selon les demandes des habitants » explique Lucille Lheureux, adjointe à la nature en ville et aux espaces publics. En ville, on ne peut pas aborder la question de l’utilisation et de l’appropriation des espaces publics (les rues, les places et tous les espaces qui ne sont pas privés) sans prendre en compte la question des déplacements et des flux. « Tous les projets en ville ont deux volets : un sur les aménagements et un sur la circulation. » Mais intervenir sur les flux en régulant la vitesse n’impose pas forcément de nouveaux aménagements. Sur certains axes, diminuer la vitesse suffira à fluidifier le trafic en raison du « phénomène de soufflet » qui se produit lorsque les véhicules roulent trop vite par rapport au débit de la voirie.

Au cas par cas

Une fois que la circulation rapide aura été apaisée sur les axes structurants, des zones partagées pourront émerger en concertation avec les habitants, commerçants et riverains. Les demandes sont déjà nombreuses et remontent vers les services de la Ville par le biais de la gestion urbaine de proximité. Ces échanges permettent d’ores et déjà de cibler les abords des écoles, des établissements pour personnes âgées et

Lundi 22 septembre 2014 Lucile Lheureux, Adjointe aux Espaces publics et nature en ville. Hôtel de Ville de Grenoble. © Alain FISCHER 2014, Ville de Grenoble.

Lucille Lheureux

des zones commerçantes. « Les aménagements, s’ils sont nécessaires, seront évalués individuellement et définis avec toutes les parties prenantes » poursuit l’élue. « Selon les situations, on a tout un éventail de possibilités entre une zone de rencontre où la vitesse sera limitée à 20 km/h, une portion piétonne, une coupure momentanée de circulation… Des expérimentations sont déjà en cours et on se rend compte qu’il suffit souvent d’installations légères et réversibles. » Une fois que de nouveaux usages s’installent dans l’espace public, ce sont eux qui jouent le rôle de régulateur d’ambiance. On le constate avec la circulation des vélos en contre-sens des voitures dans les rues en sens unique. Non seulement cela n’a pas provoqué d’accidents, mais ce partage de la voirie impose une vigilance accrue des deux côtés. Le résultat est positif et n’a pas nécessité d’aménagement particulier. Simplement un peu de pédagogie, un brin de tolérance et un soupçon de signalisation.

Réinventer l’espace public

Les citadins, riverains et commerçants aspirent à une ville plus sereine, propice aux rencontres et plus respectueuse de la place de chacun. Tour d’horizon des initiatives et des volontés.

Vivez Chenoise

Les propositions déposées par les Grenoblois à l’occasion du budget participatif sont révélatrices : piétonisation temporaire du marché de l’Estacade, meilleure prise en compte des modes doux à l’Esplanade, création de fours à pain, embellissement artistique des quartiers, installation d’un site d’escalade en bordure de l’Isère (à lire ici par ailleurs)…

Ces projets inventent d’autres modes de vie. La rue Chenoise et le collectif « Osez Chenoise », regroupant des habitants et des commerçants, ont opté pour les pinceaux dans leur ambition de redynamisation et d’embellissement. À l’initiative de ses membres et grâce au collectif d’artistes Black and White Zulus, un projet de décoration du mobilier urbain est en cours de réalisation et commence à porter ses fruits. « L’ambiance change. Les passants s’emparent différemment de la rue. Avant, on passait très vite… Là, les gens s’arrêtent pour discuter, ça devient un lieu de promenade et de découverte. Il y a même des touristes qui se prennent en photo à côté des œuvres ! » explique Pascal, un des commerçants de la rue.

Mehdi, qui habite là depuis un an et demi, remarque l’esthétique de ce projet, mais estime qu’il est possible d’aller plus loin. En effet, il regrette la vitesse des voitures, qu’il ressent comme excessive, ainsi que l’absence de lieux pour s’asseoir afin de profiter de la vie de son quartier. « J’habite au centre-ville parce que c’est très piéton. J’aime m’asseoir dans la rue et simplement regarder. Mais ici ce n’est pas possible, les voitures passent à toute allure. (…) Je pense que beaucoup de gens rêvent de pouvoir s’installer en terrasse… Ça pourrait aussi contribuer à la pérennité des commerces et faire venir plus de gens. »

La ville du XXIe siècle aspire donc à être plus calme, plus verte et mieux adaptée à tous les modes de déplacements. À nous de faire en sorte que cette transition soit aussi l’occasion de vivre mieux ensemble.

 

Les commentaires (6)

Commentaire de Neyroud Pascal le 17 septembre 2015 à 10 h 34 min

Ayant vécu 15 ans à Grenoble et 15 ans environs à Meylan, habitant Charavines pour raisons économiques, je ne voterai plus pour un totalitarisme de gauche ou des verts, ni droite non plus , les usines chimiques de nos chers illustres chimistes mondialement connus pour le gaz moutarde nous ont empoisonnés et tués bien plus de personnes de ma famille que des pots d’échappement à 50 km/h… Ainsi rendez les trottoirs aux piétons y’en a marre de se faire {…} par des cyclistes inconscients et irresponsables comme vos chers chimistes tête bien pensantes… {…}

Lire la suite >

    Commentaire de La rédaction le 17 septembre 2015 à 12 h 39 min

    Bonjour,
    vous avez votre opinion et vous l’exprimez, il n’y a aucun souci. Rappelons simplement que cet espace de commentaires est celui du débat, argumenté, contradictoire, et non celui d’un défoulement gratuit. Gre.mag a donc supprimé de vos propos les insultes qui y figuraient.

    Lire la suite >

Commentaire de Phil le 23 septembre 2015 à 9 h 46 min

Bravo pour cette initiative qui est la première vers une ville apaisée. La première parce qu’ensuite il faudra réfléchir à un autre partage de l’espace public.

Actuellement nos rues ne sont que des tuyaux à voiture. Hors l’espace public c’est notre bien commun. Il doit avoir d’autres fonctions que le déplacement, il doit être également lieu de vie et d’échange, permettre des haltes pour nos ainés, permettre de rafraichir la ville avec des espaces verts.

Lire la suite >

Commentaire de tirol le 12 octobre 2015 à 13 h 12 min

Vivant en hyper centre à proximité des quais de l’Isère, j’ai une question pratique à laquelle je ne trouve pas de réponse dans les différentes publications traitant du sujet de la vitesse.

Les quais rive gauche sont constitués d’un quai haut, et d’un quai bas, or une seule couleur est indiquée pour ces deux voies, aux usages très différents.

Je conçois parfaitement que le quai bas, qui longe l’Isère et constitue une sorte de voie rapide, reste à 50km/h, et c’est ce que je comprendrais dans la carte que vous reproduisez.

Mais par contre, j’aimerais exprimer ici un attente forte pour que le quai haut passe à 30 km/h, et ressemble ainsi au quai saint laurent, dont tous peuvent se satisfaire de la réduction réussie des vitesses et largeurs de voies automobiles.

C’est actuellement très anachronique d’avoir la sensation de traverser une voie rapide à l’entrée du pont suspendu (avec un feu qui donne ostensiblement la priorité aux automobilistes) et d’arriver dans un espace partagé à l’autre extrémité, avec un feu qui est rendu inutile par la faible vitesse des voitures, qui laissent alors naturellement passer les piétons en bonne compréhension mutuelle.

vivement que l’espace soit partagé sur la rive gauche et que les grenoblois se réapproprient leurs quais et la vue sur l’Isère, toujours changeante.

Lire la suite >

Commentaire de Marthouret le 4 février 2016 à 13 h 37 min

Bonjour;
Alors que je me déplaçait à vélo, lundi matin, un phénomène m’interpellait au carrefour Jaurès/Berriat. On pouvait y observer que les feux tricolores n’y fonctionnaient plus, en conséquences de travaux de voiries sur le cours berriat. Je restais témoin de la scène 30 minutes durant, en constatant une certaine fluidité du trafic, pourtant privé de ces repères habituels.
Cela me fait écho à une expérimentation sociale au pays bas, ou une centaine de communes (comme Drachten ou Haren) ont décidé de supprimer toute forme de signalisation routière; ainsi que les règles du code de la route. Ne subsistant plus qu’une seule contrainte: les automobilistes ne doivent pas dépasser les 30km/h. Cela fonctionne, apparemment le taux d’accident aurait quasiment disparu et la circulation automobile serait réduite de 25% /an.

Connaissiez-vous cette expérience?
Quoi qu’il en soit je tenais à vous partager la mienne, qui m’a semblé assez révélatrice.
Pensez-vous qu’elle serait pertinente pour une ville comme Grenoble?

Lire la suite >

Commentaire de cyclamen le 17 avril 2016 à 22 h 50 min

Bonjour,
Sur Chambéry dans certains secteurs en cours de travaux, nous avons effectivement constaté les mêmes situations. Sans feux ni panneaux, les gens ralentissent leurs véhicules, se regardent et s’organisent pour ne pas se rentrer dedans aux intersections ou dans les zones ou il y a du monde !

Lire la suite >

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag
vous propose

Des seniors bien dans la ville