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Passage en Métropole

Alain Faure : « Un destin partagé par 500 000 personnes »

Alain Faure est directeur de recherche CNRS à Pacte, Institut d’Etudes Politiques.

Entretien.

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La Métropole va-t-elle s’organiser au profit ou au détriment des Grenoblois ?

80 % des politiques menées par la Ville concernent déjà les métropolitains au sens large, c’est-à-dire des gens dont la vie s’organise dans les communes limitrophes, que ce soit pour le travail, les loisirs ou la consommation. Il faut donc se demander plutôt comment penser le développement et la solidarité sur un territoire en prenant la mesure de cette mobilité en termes d’emplois, d’éducation, de déplacement, de sécurité, de loisirs…

Réfléchir à la défense de la qualité de vie à Grenoble, c’est imaginer un destin partagé par 500 000 personnes. Tous les enjeux de justice sociale, d’éducation, d’aménagement et d’écologie se posent aujourd’hui à cette échelle.

Pourtant, le passage à 49 communes a suscité des craintes et même des rejets !

C’est vrai, chacun diabolise son voisin et la métropole constitue un bouc émissaire assez commode, surtout en période de crise. C’est un saut dans l’inconnu en rupture avec notre façon de faire confiance aux institutions et de tisser des liens entre habitants et élus.

« Faire métropole », c’est réconcilier la société française à l’échelle de ses grands bassins de vie sur l’idée que l’urbain et le périurbain, le résidentiel et le productif, les vallées et les montagnes, les « centres » et les « périphéries », les rues piétonnes et les espaces protégés, le récréatif et l’agricole sont totalement interdépendants, et qu’il faut donc relier ces espaces plutôt que de les penser comme concurrents ou incompatibles.

Précisément, dans vos travaux de recherche, avez-vous repéré des cas de « métropolisation heureuse »?

C’est du côté des expérimentations de « réconciliation » entre les groupes et entre les territoires que se profilent les initiatives les plus réussies, comme je l’ai observé notamment au Canada et au Japon. La voie de la métropolisation heureuse, c’est celle des communes qui accompagnent de façon tolérante cette quête d’un vivre ensemble à une vaste échelle tout en restant à l’écoute des « invisibles » et des exclus comme des associations et du monde économique.

Avec le chantier métropolitain, on revient aux fondamentaux de la démocratie : le lien social ne se décrète pas mais se construit de façon tâtonnante sur un grand dessein et des valeurs humanistes partagées.

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