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Des mots pour les autres

Marie-Laure Anselme, Sylvie Aujero, Stéphanie Audureau, Samia Boudjbiha, Fouzia Boulacel, Agathie Lecordier, Ingrid Mansier, Maïna Weiss, Ulrike Worm, les écrivaines publiques, centrées sur 10 Maisons des Habitants grenobloises, accompagnent les habitants dans leurs démarches administratives.

Portraits de trois d’entre elles.

Samia Boudjbiha, écrivain public à la Maison des habitants Abbaye

vendredi 18 novembre 2016 A la Maison des habitants du quartier de l'Abbaye, Samia Boudjbiha, écrivain public. Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2016

Samia Boudjbiha © Sylvain Frappat

On la repère d’entrée à son sourire bienveillant et à sa poignée de main cordiale. Samia Boudjbiha, écrivain public à la Maison des habitants Abbaye, est tout à votre écoute. Deux ans de psychologie et une licence de Sciences de l’éducation en poche, elle postule au poste d’écrivain public – à cause de l’intitulé – à la Ville, sur un Emploi jeune qui se voulait temporaire.

Dix-sept ans plus tard, elle ne regrette rien. « Pour l’essentiel, je rédige des courriers administratifs mais aussi, parfois, du courrier privé : cartes, lettres familiales et, une fois, une lettre d’amour. Si, en 2001, nous ne recevions que des étrangers pour leurs démarches administratives, aujourd’hui notre public s’est diversifié en raison de l’augmentation de la précarité et de la complexité administrative. Les démarches en ligne n’ont rien simplifié, bien au contraire. Certains rendez-vous se prennent uniquement par internet mais les habitants ne maîtrisent pas tous l’informatique ou ne possèdent pas tous un ordinateur… »

Face à la précarité et ses conséquences désastreuses – et parce qu’il n’y a pas d’enjeu financier – les visiteurs ont tendance à se confier. Mais Samia Boudjbiha avoue avoir acquis la capacité de séparer vies professionnelle et privée.

 

Agathie Lecordier, écrivain public à la Maison des habitants Capuche

Agathie Lecordier © Alain Fischer

Issue d’une formation en information/communication, Agathie Lecordier intègre l’un des premiers postes d’écrivaine publique à la Ville en 1998 en emploi jeune. Bien vite, l’intérêt du poste s’impose au CCAS.

Au fil du temps, le métier évolue. « En plus des permanences et des actions sociolinguistiques nous avons développé des actions collectives avec nos partenaires : temps d’information sur les missions des maisons des habitants, sur les démarches ou ateliers de tri et classement des papiers. »

« Le secteur 4, sur lequel j’interviens, comporte trois résidences sociales : Adoma à l’Alliance, Beauvert, la Capuche. Beaucoup de personnes seules, hommes et femmes souvent âgés, et des familles qui restent éloignées des services sociaux. Nous avons de la difficulté à nous y faire reconnaître. J’ai mis en œuvre des actions « aller vers » en me déplaçant dans les résidences pour y proposer des temps d’information sur les droits à la retraite, des ateliers de tri des papiers, des séances de conversation en français à l’intention des réfugiés. »

L’objectif n’était pas de pérenniser ces actions mais de faire venir les résidents à la maison des habitants. Bientôt, un atelier logement, en partenariat avec le Pôle habitat social préparera les locataires au passage à un logement autonome. A Beauvert, elle participe à Parenthèses femmes, des moments conviviaux d’échange et d’information réservés aux femmes isolées sur les thèmes de la nutrition, le harcèlement, la santé.

Le métier a évolué. Aujourd’hui le passage aux démarches administratives sur internet fabrique une nouvelle forme d’exclusion. Et Agathie d’enrager contre la multiplication, parfois l’incohérence, la complexification des démarches administratives.

« Malgré toute notre bonne volonté, nous ne pourrons jamais toucher tout le monde. Même si nous ne sommes pas des travailleurs sociaux, le métier en comporte une certaine part. Au final, quel bonheur, quelle reconnaissance de croiser quelqu’un qui nous dit : souvenez vous du dossier que vous m’avez aidé à constituer. Ça a marché ! Merci ! »

 

Fouzia Boulacel, écrivain public à la maison des habitants Baladins

Fouzia Boulacel © Alain Fischer

Ecrivaine aux Baladins depuis cinq ans, Fouzia Boulacel a acquis ses compétences comme agent de développement social à l’Adate* en direction d’un public issu de l’immigration.

Au bout de vingt ans, elle souhaite recentrer sa mission sur l’accès aux droits et postule à la Ville de Grenoble au poste d’écrivain public. Forte de l’expérience de la méthodologie de projet, et alors que ce n’est pas encore à l’ordre du jour du poste, elle répond à un besoin bien identifié, et crée un atelier de tri et classement des papiers.

Ambitieuse, elle valide ses acquis d’expérience au métier d’assistante sociale mais reste écrivaine. « A ce poste, au contraire de celui d’assistante sociale, il n’est pas question d’argent. Le rapport à l’usager est plus libre, moins crispé et le demandeur se livre plus sereinement. Notre travail est moins lourd que le suivi social. J’ai aussi d’excellentes conditions de travail en collaboration avec une équipe formidable dans un quartier où beaucoup reste à faire, et la hiérarchie nous fait confiance pour imaginer de nouvelles actions. A travers la relation humaine, je côtoie la réalité de la vraie vie. Je suis à ma place. »

*Adate a été créée en 1974 pour accueillir et orienter les travailleurs étrangers

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