Nos interviews

Accueil >Découvertes >Nos interviews>Témoignage : « Être solidaire avec les moins favorisés »

Ce contenu fait partie du/des dossier(s): #RestezChezVous : Grenoble confinée

Covid-19

Témoignage : « Être solidaire avec les moins favorisés »

Olivier, 38 ans, deux enfants, est confiné chez lui comme de nombreux Grenoblois dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus Covid-19. Il s’est inscrit sur la plateforme de solidarités Grenoble Voisins Voisines pour aider les personnes vulnérables et/ou isolées. Partage d’expérience entre confiné-es.

©Olivier

Au dixième jour de confinement, comment vivez-vous les restrictions liées à cette situation exceptionnelle ?

J’ai 38 ans et je suis père de deux garçons de 5 et 7 ans. Ma femme est infirmière et continue de travailler à la clinique du Grésivaudan.

Pour l’instant nous vivons très bien le confinement. Nous avons un grand appartement avec une terrasse. Il y a un petit jardin au pied de la copropriété où nous pouvons nous rendre une ou deux fois par jour pour nous aérer un peu. Je pense que nous avons de la chance.

La difficulté viendra sûrement avec la durée du confinement. En attendant, les journées passent assez vite. Nous ne manquons pas d’imagination pour trouver des activités. On en profite aussi pour se reposer afin d’être en plein forme quand la vie va reprendre.

Ce qui est un peu dur dans les restrictions c’est qu’on ne sait pas vraiment quelle est la limite. Beaucoup de gens sont contraints d’arrêter de travailler et n’ont plus de revenus alors que d’autres se promènent dans la rue. J’ai parfois du mal à comprendre et je me sens perdu dans ce que je peux/doit faire …

Vous avez choisi de proposer votre aide sur le site Grenoble Voisins Voisines. Que pensez vous de cette initiative ?

Grenoble est une ville qui se veut proche des gens. C’est tout à fait logique de proposer une plateforme de ce genre. On voit fleurir des initiatives de toutes parts. C’est une bonne chose que la Ville centralise car c’est un interlocuteur qui parle à tout le monde.

Je me suis tout de suite inscrit car je cherchais ce genre de plateforme où je pourrais me rendre utile. J’ai déjà effectué plusieurs actions pour essayer d’apporter mon aide : don du sang, confection de masques en tissu… J’espère pouvoir me rendre utile aussi avec cette plateforme.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous inscrire et qu’est-ce que vous proposez ?

Je travaille dans l’informatique et j’ai changé d’emploi la semaine dernière. Je devais commencer aujourd’hui dans une nouvelle entreprise mais je me trouve au chômage technique. Il est difficile de démarrer une activité à distance.

Je me retrouve donc dans une situation où je me sens inutile. C’est avec grand plaisir que j’aiderais les gens autour de moi. Je n’ai pas spécialement peur pour moi donc je suis prêt à aider les gens à risque : à faire leurs courses ou leur fournir mon aide en informatique (conseil d’utilisation ou d’installation).

Je fais partie du conseil syndical de mon immeuble. Nous avons déjà un groupe Whatsapp où tout le monde peut s’inscrire. Cela nous permet de rester en contact et de rendre des services.

Mais je pense surtout aux personnes âgées qui n’ont pas forcément la culture des réseaux sociaux. J’espère que cette plateforme pourra permettre de les aider.

D’ailleurs nous avons mis des affiches à divers endroits de notre immeuble. J’espère que les personnes qui en ont besoin pourront nous contacter à travers ces affiches.

Pour vous, pourquoi est-il important de rester solidaire en cette période de crise sanitaire ?

Je suis tout à fait conscient que tout le monde n’a pas les mêmes armes face à cette situation : confort de logement, faiblesse par rapport au virus, solitude… Je pense que je suis assez privilégié. Il me paraît tout à fait normal d’être solidaire envers les autres qui sont moins favorisés.

Pour moi la solidarité est essentielle dans ce genre dans situation. C’est ce qui peut faire la différence pour passer cette crise avec le minimum de conséquences dans la vie des gens. J’espère que la solidarité va se mettre en place de façon nationale, même européenne et mondiale.

Que faites-vous pour vous occuper et que conseillerez-vous aux autres Grenoblois-es confiné-es ?

Nous avons planifié nos journées à l’avance avec un rythme bien précis pour les enfants. Cela leur permet de conserver un cadre comme à l’école et de veiller à conserver du temps pour les apprentissages et pour toutes les autres activités.

La journée commence par un peu de ménage dans la maison ce qui fait office de gymnastique. Nous passons ensuite aux leçons puis à la récréation (jeux de société, jeux dans la chambre, jeux vidéo, yoga…) avant la seconde partie de leçon.

Vient ensuite le repas de midi qui s’enchaîne avec un temps calme pour que les parents aient aussi le temps de se reposer. A 14h30-15h, nous passons aux travaux manuels : peinture, tampon, découpage, magie, expérience chimique… à chaque jour une nouvelle activité !

Il y a aussi beaucoup de sites internet qui proposent du contenu si l’on est à court d’idée. En fin de journée nous allons dans le parking pour nous dégourdir les jambes. Puis on regarde un documentaire à la télé pour finir la journée d’école. Après 17h30, c’est carte blanche pour tout le monde.

Bien sûr, il faut aussi continuer à garder le contact avec notre entourage : téléphone pour les proches, balcon pour les voisins… en respectant les gestes barrières. Il est important de ne pas s’isoler.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.grenoble.fr/1700-voisins-voisines.htm

Vos commentaires

Il n'y a pas encore de commentaires sur cet article.

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

Envoyer

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag vous propose aussi

Christine Garnier : «Il est important que les enfants retrouvent une vie sociale.»