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Éric Piolle : « Nous avons traversé 2020 ensemble, en tenant bon sur ce qui compte à nos yeux »

Le maire de Grenoble Éric Piolle tire le bilan d’une année 2020 exceptionnelle à plus d’un titre, pour Grenoble comme pour la planète. Il exprime aussi ses vœux pour l’ensemble des habitant-es.

©Jean-Sébastien Faure

2020 est derrière nous, que souhaitez-vous aux Grenoblois-es pour 2021 ?

«L’année 2020 a été éprouvante. Il y a un an, en janvier  2020, qui aurait pu prévoir les bouleversements que nous avons vécus chez nous, à notre domicile, sur notre lieu de travail, dans notre ville ? Pour nos enfants, pour nos parents, nous nous souviendrons de 2020 comme d’une année unique.

Bien sûr, quand la Chine confinait du jour au lendemain des villes habitées par des millions d’habitant-es, la France aurait pu anticiper, dès les premières semaines de la pandémie. Ici, à Grenoble, dès le mois de février, plusieurs semaines avant le premier confinement, nous avons ouvert notre cellule de crise pour étudier tous les scénarios possibles, et accompagner chaque Grenobloise et chaque Grenoblois.

C’est dans ces moments que les valeurs profondes d’une ville et de ses habitant-es se révèlent au grand jour. Nous avons traversé 2020 ensemble, en tenant bon sur ce qui compte à nos yeux. Nous ne savons pas de quoi 2021 sera fait, alors soyons deux fois plus nous-mêmes !»

2020, année de la solidarité malgré tout ?

«Grenoble est une ville solide, nous le savons depuis toujours. Nous avons redécouvert à quel point rien ne nous fait dévier. Les Grenobloises et les Grenoblois ont été exemplaires, dans tous les domaines.

Plusieurs centaines de Grenoblois-es ont rejoint les Volontaires pour Grenoble, pour faire vivre les solidarités de proximité, aller taper aux portes des personnes âgées dans nos immeubles, rassurer nos enfants, s’entraider entre voisin-es. J’étais en pilotage de la crise, et j’ai vu ces Grenoblois-es sortir de chez eux pour accompagner les associations, les services sociaux pour renforcer l’aide alimentaire, par exemple.

©Sylvain Frappat

Ensemble, nous avons appliqué avec exigence les règles de la prudence sanitaire. D’abord pour prendre soin des nôtres, et par solidarité avec nos «premières lignes», les personnels soignants, les agent-es du service public à commencer par l’hôpital, celles et ceux qui continuaient à faire tenir debout Grenoble quand nous étions confiné-es : les éboueurs, les caissières et les caissiers, les chauffeurs de transports en commun, les femmes de ménage, les épiciers.

Oui, 2020 a été éprouvante. Les violences faites aux femmes, déjà trop nombreuses, ont explosé : là aussi, Grenoble a été au rendez-vous. Nous avons vu à quel point les Grenoblois-es savent se rassembler pour relever les défis.

Quels enseignements tirez-vous de l’année 2020 ?

«Nous entrons dans une époque où les situations exceptionnelles peuvent se déclencher du jour au lendemain. On entend souvent que notre société serait lancée sur une trajectoire impossible à modifier, qu’il serait trop tard pour agir et changer la donne, pour le climat notamment.

2020 prouve que la réalité échappe souvent aux prévisions, aussi perfectionnées soient-elles. Nous entrons dans l’ère de l’imprévisible. Cela ne doit pas nous paralyser, au contraire. Nous devons nous tenir prêt-es, tenir bon sur ce qui est essentiel à nos yeux, et tenir à distance ce qui nous semble superficiel. Nous devons être solides sur nos valeurs.

Le défi est simple : conserver notre mode de vie, nos libertés publiques, nos acquis sociaux, notre exigence climatique quelle que soit la situation. C’est la fable bien connue du chêne et du roseau : par gros temps, le chêne résiste mais finit par se casser. Le roseau, lui, plie mais ne rompt pas.

L’autre enseignement de 2020 est plus personnel. Quand tout devient imprévisible, le rôle de la puissance publique, et la responsabilité des représentant-es du peuple, est de ne pas perdre du temps. Face à la pandémie, les premières semaines de 2020 étaient décisives. Au lieu de prendre la mesure de la situation, le Président de la République continuait de s’afficher au théâtre quelques jours avant de prendre la décision de confiner…

C’est vrai pour le climat comme pour le reste, nous devons anticiper, avoir le bon niveau de réactivité, partager les informations pour donner les clés aux citoyen-nes, et les associer le plus possible à la gestion de la crise.

Je ne pense pas que la démocratie soit obsolète par temps de crise. J’ai fait le choix de reprendre les conseils municipaux dès le mois de mai. Et nous avons fait vivre cette démocratie sanitaire dès l’automne 2020, une fois la nouvelle équipe en place, pour associer les Grenoblois-es aux décisions.

Je suis fier que Grenoble lance sa première convention citoyenne sur la Covid-19 : des citoyen-nes tiré-es au sort, des associations, travaillent ensemble pour aiguiller et proposer des pistes d’actions à leurs élu-es. Il était important pour moi que notre démocratie sorte grandie de cette crise !»

2020, c’est aussi l’année où Grenoble a été sacrée Capitale Verte de l’Europe pour 2022 !

«L’Union européenne a estimé que Grenoble était pionnière dans l’ensemble des actions bonnes pour le climat et la justice sociale. Ici aussi, c’est grâce à l’engagement des Grenobloises et des Grenoblois, du monde culturel, scientifique, économique, sportif, grâce à l’engagement des territoires voisins, du Vercors, de Belledonne, de Chartreuse, que nous avons réussi.

©Jean-Sébastien Faure

Au-delà du label, c’est un formidable amplificateur des transitions : Grenoble inspire toute l’Europe et nous devons garder ce temps d’avance ! Je demande aux élu-es de la Métropole de ne pas se reposer sur leurs lauriers. Nous devons aller plus loin pour la gratuité des transports en commun le week-end, et toute l’année pour les plus précaires.

Nous devons accompagner la sortie du diesel pour l’ensemble des véhicules et continuer à développer les axes sécurisés pour le vélo. Pour le logement aussi, nous devons amplifier les travaux d’isolation.

L’année 2021 va être l’année de préparation : la Biennale des villes en transition aura lieu en avril. Pendant plusieurs jours, nous allons prendre le temps de l’essentiel. Pendant les confinements, nous avons été nombreux et nombreuses à rêver le monde d’après. En 2021, ici, à Grenoble, nous allons contribuer à en faire notre nouvelle réalité !»

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.grenoble.fr

Vos commentaires

Commentaire de elisabeth Thomas-devos le 28 février 2021 à 20 h 31 min

monsieur piolle, je viens d’écouter votre interview par jp Elkabach, je ne vous connaissais pas: vous êtes le plus grand hableur le plus grand baratineur de cette époque, vous ne voulez pas parler du déficit de votre ville du à votre prédécesseur!!! rien n’a été faitpour le faire baisser, lorsqu’une question vous dérange vous accusez le gouvernement!! DU VENT vous brassez du vent comment peut on voter pour vous!!

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