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Le saviez-vous ?

Un péage sur la passerelle Saint-Laurent

Jusqu’au XVIIe  siècle, un seul pont, cent fois reconstruit, enjambait l’Isère, au niveau du quartier Saint-Laurent. Aujourd’hui, la passerelle Saint-Laurent, restaurée en 2017, permet une pittoresque balade à pied du centre-ville vers les quais de la rive droite, jusqu’à la fontaine du Lion et du Serpent.

©Ville de Grenoble, bibliothèque municipale, Pd.4 (362)

Les ponts de bois se sont succédés au gré des crues jusqu’à ce qu’un certain Hugues de Chateauneuf, évêque de Grenoble, construise le premier pont de pierre à la fin du XIe  siècle. Les évêques sont en effet responsables du pont et perçoivent les droits de péage.

Jusqu’à la seconde moitié du XVIe  siècle, le pont est couvert de maisons ; plus tard, lorsqu’elles auront peu à peu disparu, le pont comportera une chapelle dédiée à Notre-Dame et une haute tour avec un jaquemart.

Au fil des crues et des restrictions budgétaires, deux ponts finiront par cohabiter jusqu’au milieu du XIXe  siècle : l’un à l’emplacement de l’actuel pont Marius-Gontard, l’autre, nommé « pont de bois », ne pouvant recevoir de véhicules.

Un pont suspendu…

C’est alors que la municipalité conduite par le maire Berriat décidera, grâce aux possibilités qu’offrent les techniques nouvelles développées par les frères Seguin, la construction d’un pont moderne, un pont suspendu à la place du pont de bois. Pour ne pas mettre les finances en péril, la ville décide en 1836, avec l’accord des autorités du département, que la traversée du pont sera payante.

Le pont, construit en pierre de Sassenage, est achevé en 1838. Il aura finalement coûté près du double de ce qui était estimé et sera moins large qu’initialement prévu, l’architecte ayant dû se plier aux rigueurs budgétaires.

Afin de rentrer dans ses frais, la ville prend, en juin  1838, une délibération établissant les différents niveaux de tarification. Et l’ordonnance du roi Louis-Philippe stipule qu’une somme sera perçue à l’aller et au retour pendant une période de cinquante ans.

Le percepteur des péages doit contrôler les animaux et les véhicules, faire respecter les quatre niveaux de tarification aux prix variés selon que l’on tire soi-même sa charrette, que l’on mène des animaux non attelés, que le carrosse est tiré par un ou deux chevaux, etc.

Mais un pont fragile

Dès 1845, la construction montre sa fragilité. En 1849, d’importants travaux de consolidation sont effectués. Mais le pont connaît régulièrement des problèmes.

Avec le passage de Napoléon III à Grenoble on envisage de construire un nouveau pont de pierre mais le lit de la rivière, peu profond à cet endroit et chargé des débris des ponts détruits par les crues précédentes, ne le permet pas.

Entre  1863 et  1865, le pont de la Citadelle, financé aux deux tiers par Napoléon est construit. La municipalité décide alors d’interdire à tous les véhicules le passage sur la passerelle Saint-Laurent. Le péage est abandonné. En 1883, le pont est interdit aux animaux et aux corps de troupes.

Encore des ponts

Dans les années 1890, deux autres ponts sont construits (Porte de France et Île-Verte) et Grenoble en compte cinq à la fin du XIXe  siècle.

Le début du XXe  siècle voit la construction d’une nouvelle passerelle Saint-Laurent, courbe comme une arche, ce qui la rend plus solide que la précédente, et avec un tablier plus haut en cas de crue. C’est celle-là que nous empruntons encore aujourd’hui pour traverser l’Isère à pied.

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