Découvertes

Accueil >Découvertes>Patrick Souillot : « Faire découvrir l’opéra à tous »

Entretien

Patrick Souillot : « Faire découvrir l’opéra à tous »

Patrick Souillot n’est pas seulement un chef d’orchestre qui dirige des orchestres prestigieux de Shanghai à Ankara. C’est aussi un artiste engagé dans la démocratisation de l’art lyrique qui a imaginé pour cela la Fabrique Opéra. A l’occasion de la création de La Flûte enchantée de Mozart au Summum du 27 au 31 mars, il nous en dit plus.

Patrick 2Quel est l’ambition de la Fabrique Opéra ?

J’ai créé cette association en 2007 pour faire découvrir l’opéra à tous. Quand on sait que moins de 4% des Français vont à l’opéra, il y a du boulot ! Beaucoup de politiques publiques sont engagées pour démocratiser la culture mais ont failli dans le domaine de la musique classique. On essaie de s’attaquer à ces barrières, en commençant par les lieux de diffusion puisqu’on joue au Summum, un vrai lieu populaire !

Certains peuvent appréhender d’aller voir un opéra pour la première fois…

Oui, ils ne sont pas habitués car c’est chanté, et en langue étrangère. On fait donc le choix de rajouter une narration en français afin que le public ait l’esprit disponible pour l’émotion, ce qui est le plus important. Quant au problème du prix, souvent peu abordable, on l’a résolu de manière simple : on fait ça dans une grande salle donc le prix de revient est ridicule, et on peut proposer des tarifs de 20 à 64 €.

Avez-vous une action particulière en direction des jeunes ?

En 30 ans, la moyenne d’âge est passée de 39 à 53 ans dans les salles d’opéra. Il est donc important de trouver des solutions pour rajeunir le public. A la création de chaque spectacle, on réserve une soirée où on accueille plus de 2 000 scolaires. Par ailleurs, le meilleur moyen c’est qu’ils viennent voir leurs propres créations, leur travail. D’où de nombreux partenariats avec les lycées, les centres d’apprentissage…

Comment cela se passe-t-il concrètement ?

Chaque année, des lycéens et apprentis participent à l’aventure ! Depuis 2007, les élèves du lycée Argouges travaillent aux costumes et ceux de Louise Michel participent à l’accueil du public les soirs de représentation. Des jeunes en alternance de l’IMT (Institut des Métiers et des Techniques) construisent les décors. Plusieurs sections sont concernées dans les métiers du bois, de la métallerie… Pour ces élèves, c’est aussi l’occasion de voir que leurs compétences peuvent déboucher sur des choses un peu différentes. C’est une ouverture à un univers qu’ils ne connaissent pas.

Des nouveautés pour cette édition 2015 ?

En 2014, pour les Contes d’Hoffmann d’Offenbach, la ville de Grenoble nous a soutenu en nous attribuant une subvention de 20 000 € au titre de la culture et de la politique de la ville. Cet intérêt nouveau permet aussi de mettre en place une collaboration avec le Conservatoire qui n’était pas possible avant, puisqu’on avait essuyé un refus de l’ancienne municipalité. Cette année, pour La Flûte enchantée, trois enfants sont préparés au Conservatoire.

Vos commentaires

Commentaire de pavy le 3 février 2015 à 18 h 03 min

juste un mot pour completer ce travail entrepris par Patrick Souillot; aujourd’hui de jeunes élèves qui ont été dans les projets d’il y a 8 ans sont des professionnels du maquillage de théâtre dans des troupes nationales.
Les costumières issues du Lycée Argouge ont trouvé des débouchés dans la mode.

Des jeunes assistants réalisateurs qui ont fait leurs armes avec nos spectacles sont maintenant des professionnels respectés et demandés par des troupes reconnues.
P. Souillot a ouvert des espaces de création et d’ouverture d’esprit à de nombreux jeunes.

Lire la suite >

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

Envoyer

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag vous propose aussi

Le recyclage se met au sport

Good night

Paroles en exil