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Ce contenu fait partie du/des dossier(s): #RestezChezVous : Grenoble confinée

Covid-19/Masques en tissu

Témoignage : « Nous sommes un atelier de bénévoles improvisé »

Damien Bouëvin a 28 ans. Il travaille au sein de Nemeton, le Bio lab de Grenoble. Cette association de médiation culturelle scientifique permet aux citoyen-ne-s d’explorer le domaine de la biologie, des biotechnologies et de l’environnement. Dans le cadre de la crise sanitaire pour lutter contre le virus Covid-19, Damien et une équipe de collègues et amis du Fab lab de Grenoble ont mis au point une organisation de fabrication de masques en tissu.

L’équipe d’atelier de couture improvisé @ association Nemeton

Les Grenoblois-es sont confiné-es à leur domicile depuis maintenant 9 jours. Comment le vivez-vous ?

Je m’inquiète de la suite du confinement, car je travaille dans le milieu culturel et associatif, et je doute qu’il y ait un plan de sauvetage pour ce milieu. Avec Nemeton, nous travaillons toute l’année auprès des publics pour qu’ils puissent expérimenter différentes choses, avec par exemple des ateliers de fabrication de microscopes pour les enfants, des apéros découvertes sur les insectes comestibles, des sorties scientifiques en ville sur la biodiversité…

Notre projet est d’ouvrir un Bio lab : un laboratoire de biologie associative à Grenoble. Cela devrait se faire, je l’espère, dans les nouveaux locaux de Cap Berriat à l’automne.

 

Comment participez-vous à l’effort solidaire, dans cette période marquée par la lutte contre la propagation du virus Covid-19 ?

Au début de la crise, juste avant le confinement, avec des amis de la Casemate, nous avons vu un appel national à la communauté des « makers », sur Twitter, par Mr Bidouille. Il souhaitait savoir s’il y avait des initiatives en cours pour fabriquer du matériel dans le cadre de la crise sanitaire que nous vivons. Nous avons rejoint ce groupe qui rassemble majoritairement des gens qui s’investissent dans des Fab lab et des Bio lab.

Nous avons commencé par lister le matériel qui allait manquer et les choses que nous pouvons faire : des respirateurs artificiels, des masques FFP2 et FFP3, des visières de protection, etc. Avec Tristan, un collègue de la Casemate et d’autres personnes, nous avons transformé son appartement en atelier de couture et de production de masques en tissu. Sur place, il y a une machine à coudre et une surjeteuse, pour faire environ 30 masques par jour.

 

Comment vous organisez-vous pour produire ces masques en tissu ?

Notre projet est la production de kit de masques, pour les personnes non issues du milieu médical : les petits commerçants qui se sentaient abandonnés au niveau du matériel de protection, et les bénévoles d’associations en contact avec les publics en situation de précarité (« Un toit pour tous » par exemple). Nous fournissons un kit de plusieurs masques par employé, avec une notice explicative sur comment utiliser le masque, l’entretenir, l’enlever…

Force est de constater que les masques en tissu, portés par des personnes qui n’en ont pas l’habitude, sont mal utilisés. Il faut garder en tête que porter le masque ne dispense pas des gestes barrières. Il est important de prendre des précautions pour ne pas donner lieu à des risques de contaminations supplémentaires.
Nous fabriquons aussi des masques à l’unité, que nous fournissons à la pharmacie du quartier Championnet, qui les redistribue au personnel médical.

 

Comment les Grenoblois-es peuvent-ils vous aider dans votre tâche ?

Si les gens ont des tissus et des élastiques, ils peuvent nous contacter et nous envoyer une photo des matières pour qu’on les identifie, et nous indiquer où ils se trouvent. Nous voyons si cela correspond à nos besoins. Nous allons ensuite les chercher avec un protocole à respecter pour chacun.

 

En quoi est-ce important pour vous de participer à cet effort solidaire ?

Ma mère travaille dans la grande distribution et fait partie des personnes en première ligne, qui sont relativement abandonnées pour l’instant. Elle n’habite pas Grenoble et est trop loin pour que je puisse l’aider, en lui envoyant des masques. Les délais d’attente postaux sont très long actuellement.

Alors, je fais à Grenoble ce que j’aimerais qu’il y ait là-bas. Et cela me permet de rester concentré sur quelque chose, pour éviter de penser l’après… Nous faisons ce que nous pouvons avec les moyens que nous avons, et de manière la plus sécurisée possible.

Nous sommes un atelier de bénévoles, improvisé, pas une entreprise. Je constate qu’à Grenoble il y a de l’entraide, je trouve qu’on s’en sort plutôt relativement très bien, d’un point de vue de la solidarité, avec les dons de matériel des laboratoires et des entreprises par exemple.

informationRenseignements divers
L'association Nemeton recherche du matériau : de la voile d'hivernage en coton ou autres textiles fin non tissés. Si vous en avez, écrivez à l'adresse mail ci-dessous :
courriel contact@nemeton.bio
Professionnels en contact avec la population (commerçants, associations, livreurs à vélo...) contactez l'association par mail, en précisant le nombre d'employé-es à protéger :
courriel contact@nemeton.bio

Pièces jointes:
- La notice explicative de Nemeton pour utiliser un masque en tissu
- Modèles de masques en tissu par la communauté des "Makers" / entraide makers Covid-19
- Le cahier de fabrication des masques en tissu par la communauté des "Makers" / entraide makers Covid-19

Vos commentaires

Commentaire de bernard macret le 26 mars 2020 à 18 h 38 min

bravo yael Macret et sa bande de potes pour la solidarité avec la réalisation de masques.

Lire la suite >

Commentaire de ana PETELAZ le 27 mars 2020 à 10 h 24 min

BONJOUR.
je veux bien fabriquer des masques. je suis habitante de grenoble mais je suis confinée à Bernin. Comment faire pour avoir des fournitures? Cordialement
Ana PETELAZ

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