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Ce contenu fait partie du/des dossier(s): Biennale des villes en transition, 2e édition

Grenoble en transition

Economie

La ville ? Un écosystème vivant d’acteurs fonctionnant en synergie, qui se doit d’être attractif, créateur de valeur et de sens, tout en respectant l’environnement. Les centres urbains, partout en France et dans le monde, se confrontent à de multiples enjeux : diminuer leur empreinte carbone, réinventer un nouveau dynamisme économique, leur commerce de proximité… Engagée de plain-pied dans cette transition, Grenoble agit et compte une étonnant diversité d’entreprises et de startups prêtes à construire le monde de demain.

Commerces

Grenoble en pole position sur la transition économique

Dans son écrin montagneux où chaque rue laisse entrapercevoir les cimes enneigées, Grenoble la dynamique, se renouvelle, se repense, innove.

Depuis 2017, la monnaie locale le Cairn permet de régler ses achats chez un nombre croissant de commerçants : plus de 100 000 cairns sont en circulation à Grenoble. ©Auriane Poillet

Au sein de ce terreau fertile, la ville mue pour faire un centre urbain plus respectueux de l’environnement, attractif tant pour ses habitants que pour l’activité économique.

Redynamiser le commerce de proximité

De concert avec la Métropole, la Ville a entrepris ces dernières années tout un faisceau d’actions pour embellir le centre-ville, tout en mettant en place une politique visant à dynamiser le commerce de proximité. Pascal Clouaire, adjoint au commerce de proximité et à la démocratie locale, souligne :

Le commerce c’est le flux. D’où nos projets Cœurs de Ville, Cœurs de Métropole. L’objectif consiste, entre autres, à créer un espace commercial cohérent où il fait bon flâner. La piétonnisation du centre va dans ce sens, tout comme les animations organisées par les unions commerciales et financées par la Métro, afin de proposer une expérience différente des grandes zones commerciales.

Hormis les aides directes telles que l’octroi de subventions pour la réfection de vitrines et face à une mutation sans précédent du commerce traditionnel, une vaste réflexion est en cours.

Pour le local et les circuits courts

«Nous pensons à établir une taxe sur les friches commerciales, qui permettrait aussi d’agir sur le prix des baux commerciaux.» La création d’une société patrimoniale commerciale portée par Grenoble-Alpes Métropole est en projet :

Le but serait d’acquérir des locaux, de les mettre en location pour ensuite indiquer leur destination. Par exemple, les commerces proposant des produits de qualité, artisanaux, issus de circuits courts pourraient être privilégiés plutôt que les grandes enseignes…

Dans le cadre de l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) métropolitain, une étude du maillage commercial a été effectuée.

« Nous travaillons à bâtir des piliers commerciaux en sacralisant par exemple le centre-ville pour éviter l’installation de banques ou d’assurances sur des emplacements stratégiques. L’objectif étant de conforter les commerces de proximité afin de proposer une offre diversifiée. »

Reste la question de l’accès au centre-ville, bien desservi par les transports en commun, moins pour les personnes venant de l’extérieur. Pascal Clouaire se veut rassurant : « Nous allons continuer à mettre le paquet sur les parkings-relais tout en développant davantage le tourisme classique. »

Startups

L'innovation tous azimuts !

L’ADN de Grenoble puise dans son fameux triptyque universités, recherche et industrie. Avec ses équipements de pointes jumelés au CEA et au CNRS, l’innovation est au cœur de la ville, présente sous de multiples aspects et par un nombre impressionnant de startups sur le territoire métropolitain. Une grande partie d’entre elles se consacrent à la transition énergétique et économique.

Polygone scientifique. ©Thierry Chenu

En l’espace de dix ans, plus de 250 startups sont nées dans les laboratoires de Grenoble. Dans ce creuset fertile d’innovation portée par des organismes tels que le CEA-Tech, le CNRS ou encore Grenoble INP, naissent sans cesse de nouvelles idées, des brevets (l’Isère est le premier département français en nombre de brevets déposés par habitants) et des startups !

« Nous comptons de très belles pépites en incubation ou en maturation », indique Véronique Souverain de la SATT Linksium. Parmi elles, Recup’TR, un projet dont l’objectif consiste à recycler les aimants issus des disques durs pour en extraire les terres rares et les valoriser auprès des utilisateurs.

A la pointe !

Dans le même ordre d’idée, Hymag’in a mis au point un procédé d’extraction des déchets ferriques issus de l’industrie sidérurgique pour les convertir en magnétite, pouvant être utilisé (entre autres) pour dépolluer les sols et les eaux en métaux et micro-polluants organiques.

Quant à Ab Initio, l’entreprise en maturation développe une solution logicielle d’optimisation des performances des centrales solaires fondées sur plus de quinze ans de recherche scientifique et industrielle.

Proposé en « licensing » par Linksium, HyPPER permet de sécher l’hydrogène à près de 100% afin de garantir un stockage optimal et peu coûteux. Cette technologie peut aussi piéger les impuretés oxygénées telle que le CO2.

Des innovations denses et diversifiés qui font de Grenoble l’une des villes majeures à la pointe de la transition économique !

Economie sociale et solidaire

L'ESS, un modèle économique qui prend ses marques

Avec 947 établissements sur 6975, l’économie sociale et solidaire est sur-représentée à Grenoble, bien au-dessus de la moyenne rhônalpine et métropolitaine. Composée essentiellement d’associations culturelles et sportives, elle pèse 12,2% des emplois salariés du territoire.

Grenoble en 2050 vu par l’artiste Emdé.

 

Avec un établissement pour 171 habitants en 2014, l’économie sociale et solidaire (ESS) compte parmi les plus importants employeurs de Grenoble. Pas moins de 10 082 salariés (sur 82 483) travaillent dans ce secteur selon une étude réalisée par Sciences Po Grenoble en 2017.

Des chiffres à nuancer du fait que l’ESS regroupe à la fois les coopératives (comme certaines banques), mutuelles, associations et fondations ainsi que les sociétés agréées ESUS (Entreprise solidaire d’utilité sociale).

Dans cette effervescence composée essentiellement d’associations sociales, culturelles et sportives, des structures se sont positionnées pour accompagner au mieux les entrepreneurs de l’ESS.

Un circuit entrepreneurial spécifique

« C’est un vivier historique avec un écosystème réel sur l’entrepreneuriat social et environnemental », souligne Julien de Leiris, responsable de Ronalpia Grenoble, un incubateur destiné à l’accompagnement des porteurs de projets de l’ESS.

Et de poursuivre :

D’un côté, GAIA (Grenoble Alpes Initiative Active) finance les acteurs du secteur, Alter’Incub se consacre à l’innovation sociale notamment des entreprises en SCOP, Ronalpia s’adresse à un panel plus large, la Pousada propose divers services et de l’hébergement…

Une initiative est d’ailleurs en cours de concrétisation. « À la manière de la French Tech, le label French Impact lancé en 2018 par Nicolas Hulot vise à fédérer l’ensemble des acteurs de l’ESS sous une même bannière. »

Un appel à projets sur lequel les acteurs de l’ESS grenoblois avec GAIA souhaitent répondre.

Isabelle Delannoy

L'économie symbiotique, un modèle zéro déchet respectueux du vivant

Vers une économie régénérative, productrice de richesse, où tout se complète et se recycle, à l’image d’un organisme vivant. C’est ce que prône l’ingénieure agronome et écrivaine Isabelle Delannoy dans son premier essai, L’Économie symbiotique.

©DR

 

En quoi consiste l’économie symbiotique ?

Elle puise son essence dans une nouvelle approche de la logique économique. Elle s’oppose à l’économie extractive telle que nous la connaissons depuis une cinquantaine d’années.

Elle se veut, au contraire, régénératrice. Nous avons un peu oublié que nous sommes des êtres vivants. Les autres espèces recyclent les ressources disponibles en continu, naturellement.

Est-ce différent de l’économie collaborative, circulaire, de la permaculture ?

Ces formes d’économies, la permaculture, l’ingénierie écologique, l’économie de fonctionnalités participent à l’économie symbiotique.

C’est avant tout une hypothèse partant de l’idée de mixer toutes ces innovations au sein d’un système économique fonctionnant en synergie et de manière éthique. Car l’économie circulaire, par exemple, ne suffit pas en soi. Elle réduit les effets mais ne régénère pas les écosystèmes.

Il s’agit là de rassembler les pièces du puzzle, de manière à ce qu’elles se nourrissent les unes des autres. D’où son appellation d’économie symbiotique.

De quelle manière peuvent-elles interagir ?

L’économie circulaire met en place des écosystèmes industriels sur un même territoire, l’économie collaborative crée des liens entre les producteurs, les consommateurs, les citoyens.

Elle peut fonctionner en synergie en produisant par exemple des biens électroménagers, des voitures dans une optique de durabilité. De manière à ce que les composants puissent être renouvelés aisément comme le Fairphone, un téléphone modulaire néerlandais où les composants sont faciles à remplacer.

Ce qui occasionne, à terme, une baisse des coûts d’assemblage et de manufacture tout en relocalisant les équipements industriels près de chez soi. L’économie symbiotique relie les différentes approches, l’agroécologie, la permaculture ou encore l’urbanisme écologique : chaque pan peut interagir avec les autres.

Comment peut-elle être mise en place ?

Elle nécessite une réelle gouvernance partagée. Le problème n’est pas tant de savoir d’où vient le capital, mais est plus une question de politique locale, humaine à mettre en place. En ce sens, l’économie circulaire est indispensable, mais sans créer des synergies avec d’autres approches, sans gouvernance coopérative, elle est vite confrontée à ses limites.

En l’absence de ces éléments, elle est non régénératrice. Il faut une économie de réseau partant du local, réaliser des démonstrateurs associant les différents acteurs, citoyens,entrepreneurs, élus avec une réelle volonté politique. C’est une vraie métamorphose du système actuel.

Les commentaires (2)

Commentaire de Véronique Souverain le 28 février 2019 à 17 h 37 min

COQUILLE TITRE « qui pend ses marques. »… il manque un R

je vous le dis avec beaucoup de bienveillance rédigeant moi aussi, et laissant de coquilles ailleurs qu’autour de mon œuf à la coque !

VS

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    Commentaire de La rédaction le 28 février 2019 à 17 h 45 min

    merci fidèle et attentive lectrice ! c’est corrigé ! 🙂

    Lire la suite >

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