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Grenoble à tous les temps de la nuit

La nuit, la ville offre à ses habitant-es plusieurs chapitres de lecture : la ville qui dort, la ville qui s’amuse, celle qui crée, se cultive, travaille… La ville des plus vulnérables, aussi. À la nuit tombée, comment fonctionne notre cité alpine et ses différents quartiers ? Quels usages cohabitent et parfois dissonent ? Quelles sont les possibilités d’intervention d’une municipalité en la matière ? Autant de réponses sur lesquelles planchent la Ville de Grenoble et les parties prenantes de la nuit, avec le projet Grenoble la nuit.

Penser la ville

Comment Grenoble vit-elle la nuit ?

Les villes d’Amsterdam, Berlin, Liège, Paris, Bordeaux ou encore Rennes ont déjà orienté leur politique publique sur le fuseau horaire de la nuit. Car, que ce soit en soirée, au cœur de la nuit ou au petit matin, les villes continuent de vivre, à un rythme différent, avec des nuances selon les secteurs.

©Sylvain Frappat

Un constat qui semble évident… Pourtant, penser la ville est souvent un fait axé uniquement sur la journée, et non 24 heures sur 24. Avec «Grenoble la nuit», la Ville entend explorer aussi ces moments spécifiques de la vie urbaine, avec la volonté d’établir une politique publique de la nuit.

Maud Tavel, adjointe Temps de la ville et Tranquillité publique, précise :

La nuit a souvent été oubliée dans la fabrique de la ville. Nous souhaitons avoir une approche transversale et équilibrée pour accompagner toutes les façons d’y vivre : allier le respect du sommeil et le désir de sortie des noctambules, améliorer les conditions des travailleurs, développer des activités culturelles, et aussi avoir une attention envers les publics fragiles.

Radiographie des nuits grenobloises

L’introduction de «Grenoble la nuit» a démarré en juillet dernier avec la réalisation d’un diagnostic des nuits grenobloises. Jusqu’en ce mois de mars, la cité a été passée au scanner par une équipe dédiée de la Ville, accompagnée par le collectif Les Orageuses.

L’objectif : mieux comprendre comment Grenoble vit la nuit ; identifier ses forces, ses faiblesses, les opportunités, les attentes de chacun-e. Des entretiens individuels et/ou collectifs ont été menés auprès d’habitant-es, de professionnel-es de la nuit (corps médical, agent-es de sécurité, gérant-es de bars ou de restaurants…), ou encore auprès des associations agissant auprès des personnes vulnérables (Planning familial, association Rita, collectifs de femmes…).

Les enseignements de ce diagnostic seront présentés publiquement le 21 mars prochain. Ensuite, des ateliers publics viseront à élaborer collectivement un «plan grenoblois la nuit» : un recueil d’actions concrètes pour trouver un équilibre entre les différents usages de la nuit.

Il sera mis en œuvre dès 2023. Maud Tavel ajoute : «Cette démarche prend du temps ; c’est nécessaire. Pour autant, nous souhaitons inclure déjà des mesures qui émergeront des groupes de travail, en les testant dès cet été.»

La nuit en huit chapitres

Huit thématiques ont été identifiées : le travail, l’accès aux soins, les sorties culturelles et de divertissement, la sécurité, l’égalité des territoires, le calme, les déplacements, et une ville solidaire et inclusive.

Chacune de ces thématiques étant «prise en main» par un-e élu-e municipal-e, formant un comité de pilotage.

informationRenseignements divers
La restitution du diagnostic aura lieu lundi 21 mars 2022 à 18h à l'Hôtel de Ville.
courrielhttp://www.facebook.com/events/5407446045954405/?ref=newsfeed

interview

«C’est un sujet complexe qui mérite une attention importante»

Florian Guérin est chercheur – spécialiste de la vie nocturne urbaine et sociologue urbain.

©Florian Guérin

Quand datent les premières réflexions sur la vie nocturne en ville ?

Une vraie réflexion sur les temporalités de la ville a commencé par les Bureaux des temps, avec leur diagnostic pour comprendre les usages nocturnes et mettre en place des mesures phares. En France, le premier est né à Paris en 2001.

En parallèle, sont apparues les questions des nuisances sonores. Les politiques publiques ont alors envisagé les nuits avec l’angle festif… Mais il y a d’autres éléments à prendre en compte comme, par exemple, l’accès aux services pour les travailleurs et usagers de la nuit (transports, alimentation, etc.).

C’est un sujet complexe, qui mérite une attention importante, même si la nuit est moins intense que la journée.

Qui peut agir et mettre en place un projet global sur la vie nocturne ?

C’est souvent au niveau des municipalités que c’est pensé, mais la réflexion ne peut être que multipartenariale. Une municipalité peut agir uniquement dans le cadre de ses compétences : avec la police municipale, les horaires des bibliothèques et des musées, des lieux pour les jeunes, etc.

Elle peut cependant impulser des discussions et trouver des compromis entre des collectifs de riverains qui prônent un droit à la tranquillité, des établissements nocturnes qui prônent leur développement, et les municipalités elles-mêmes qui prônent le vivre ensemble.

Qu’est-ce qui a déjà été mis en place dans les autres villes ?

À Paris, il y a des chartes de la vie nocturne, pour trouver des solutions entre différentes parties prenantes de la nuit dont les usages peuvent entrer en conflit. Il s’agit toujours d’agir entre répression (caméra de surveillance, amende…) et prévention avec de la médiation.

Depuis plusieurs années aussi, une réflexion est menée avec les transports en commun parisiens pour multiplier les offres de mobilité. Cela avance mais pas encore au point de correspondre aux attentes des salarié-es et des sortant-es.

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