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Solidarité : pour que personne ne soit oublié

Grenoble est face à un défi : favoriser l’accès aux droits tout en développant un accompagnement social de proximité. Il s’agit de se donner les moyens d’aller vers tous les publics, y compris les plus éloignés, et de lutter contre l’isolement de tous en impliquant chacun dans la vie de la cité.

L’accueil de la Maison des Habitants Abbaye-Jouhaux.

« Une ville en transition doit s’inscrire dans une approche transversale où la solidarité s’exerce par le maillage, la mise en réseau et des lieux ressources comme les Maisons des habitants », souligne Alain Denoyelle, adjoint à l’action sociale

La solidarité au quotidien

Implantées au cœur des quartiers, les Maisons des habitants (MDH) doivent être le premier lieu d’écoute, d’orientation et d’accompagnement des familles. Véritables leviers pour favoriser l’accès aux droits, elles hébergent les écrivain(e)s publics(ques), des permanences gratuites d’avocats, des conseillers en économie sociale et familiale…

Sur le modèle du Patio (Villeneuve), elles mutualisent de plus en plus de services pour simplifier les démarches. Ainsi, depuis son réaménagement, la MDH Abbaye-Jouhaux abrite le centre social, l’antenne mairie, la MJC… et dispose d’un pôle d’accueil unique.

Temps d’écoute, aide à la parentalité, l’accompagnement des familles passe aussi par une approche individualisée qui s’appuie sur une relation de proximité. Des relations parents-enfants à la préparation d’un budget vacances, les professionnels interviennent à bien des niveaux selon la situation et les attentes de chacun. Lieux de convivialité et de partage d’activités, les MDH tissent des liens entre habitants, encouragent la mixité sociale et jettent des passerelles vers les autres équipements et les partenaires (bibliothèques, acteurs culturels…). La solidarité s’exerce dans les MDH mais aussi dans les lieux d’accueil pour jeunes enfants, les foyers de personnes âgées…

Malgré un fort maillage du territoire, il reste cependant des publics isolés vers lesquels il faut aller. Face à ce problème complexe, beaucoup reste à construire et Grenoble expérimente de nouvelles stratégies. « La participation des “invisibles” à la vie de la cité nécessite de re-questionner notre façon de travailler », précise Mondane Jactat, adjointe à la santé et la prévention. Ainsi, la Ville a recruté trois médiateurs de santé pairs. « Parce que ces médiateurs ont eux-mêmes l’expérience des difficultés liées à l’accès aux soins, on réussit à toucher des publics qu’on ne pourrait pas toucher autrement. »

Veille sociale

Pour lutter contre l’isolement des seniors, le CCAS va étudier le développement d’une veille sociale à travers le portage des repas. Chaque jour environ, trois cents repas sont servis à domicile et le dispositif compte sept cents inscrits. « Nous allons réfléchir à la façon de valoriser ce contact humain qui est l’occasion de faire le lien, d’alerter… tout en étant très attentifs au respect de la personne. C’est un travail qui se construira avec les partenaires », prévoit Alain Denoyelle.

Les RAM : lieux d’information et de socialisation

Gérés par le CCAS, les RAM (Relais assistantes maternelles) accompagnent gratuitement les jeunes parents : information sur les modes de garde, liste des assistantes maternelles agréées disponibles, aide à la rédaction du contrat de garde…

En donnant aux assistantes maternelles l’opportunité de construire des temps collectifs, ils contribuent aussi à l’éveil et la socialisation des jeunes enfants. Pour consolider le dispositif, un sixième RAM ouvrira en 2017 sur le secteur 4.

Kheira Capdepon, adjointe aux personnes âgées et à la politique intergénérationnelle, engagée dans la démarche « Ville amie des aînés ».

"La ville de demain, c’est une ville qui encourage le vieillissement actif"

 

 Qu’est-ce qu’une « Ville amie des aînés » ?

Une ville qui prend en compte le vieillissement de la population afin de mieux répondre aux défis de la transition démographique en cours dans nos territoires urbains. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie des seniors dans tous les domaines. C’est une démarche transversale et, surtout, participative !

 

Pourquoi est-ce une démarche participative ?

La ville de demain, c’est une ville qui encourage le vieillissement actif, qui fait en sorte que chacun soit maître de son parcours en participant aux décisions. Parce que les anciens de demain ne seront pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui, on a ouvert la concertation dès 55 ans afin que ces « seniors en devenir » apportent leur expertise.

On s’est aussi attachés à aller au-delà des interlocuteurs habituels en menant de nombreuses actions de terrain pour toucher les « invisibles », ceux qu’on ne voit jamais.

Comment cette démarche va évoluer ?

Au printemps 2016, les ateliers ont réfléchi à trois thématiques : habitat et environnement ; lien social et solidarité ; engagement et citoyenneté.
La première partie du plan d’actions se met en place. Ainsi, un Forum des associations de personnes âgées et intergénérationnelles sera créé en septembre car le besoin s’en est fortement exprimé.

Et, bien sûr, la concertation se poursuit en avril-mai autour de trois autres thèmes : culture, sport et loisirs ; transports et mobilité ; santé et autonomie.

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