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Ce contenu fait partie du/des dossier(s): #RestezChezVous : Grenoble confinée

Covid-19

Témoignage : « C’est l’occasion de consommer autrement »

Téo Franconie habite le quartier Berriat. Revenu à Grenoble depuis peu, l’homme de 37 ans s’est lancé en février dernier dans une reconversion professionnelle pour devenir coordinateur de l’intervention sociale et professionnelle. Un projet stoppé net dès le début du confinement. Après avoir proposé son aide sur la plateforme de solidarités Grenoble Voisins Voisines, il a été sollicité par la direction de territoire du secteur 1 pour distribuer des attestations de déplacement dérogatoires vierges dans les commerces ouverts.

©Téo Franconie

Quelles sont les missions de bénévolat auxquelles vous avez participé ?

La distribution des attestations de déplacement dérogatoires est la seule mission à laquelle j’ai participé. J’ai dû m’inscrire sur Grenoble Voisins Voisines une dizaine de jours après le début du confinement.

Au début, je n’avais pas de proposition de bénévolat et j’ai reçu ce deuxième mail me disant qu’ils cherchaient des volontaires pour deux missions, dont celle à laquelle j’ai participé et les livraisons de courses dans le sud de la Ville. Pour celle-ci, il fallait avoir une voiture donc ce n’était pas possible pour moi.

Ce que je pouvais faire c’était aller dans les boutiques pour faire un relais auprès des personnes qui ont besoin d’attestation, éloignées du numérique ou qui n’ont pas d’imprimante.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous inscrire ?

J’ai beaucoup de temps libre et de disponibilités. Je me suis dit que je pouvais sûrement faire quelque chose de plus utile. Je n’ai pas l’impression de faire partie des publics les plus sensibles, donc je peux sortir tout en faisant attention aux consignes de respect sanitaire.

Je n’ai pas l’impression de faire quelque chose de fou en allant dans les boutiques pour cette distribution. On m’a donné une liste de cinq lieux précisément ciblés. Vu qu’on est trois bénévoles sur cette mission, on compte une quinzaine de lieux référencés. On devait aussi repérer les boutiques ouvertes sur notre passage pour que les responsables puissent entrer en contact avec eux.

Je trouve ça dommage d’en mettre partout car elles peuvent vite disparaître et ne pas arriver dans les bonnes mains. Je pense que c’est plus judicieux d’en déposer dans les boulangeries ou pharmacies, où les personnes peuvent vérifier qui se sert, que dans les supérettes.

Après un mois de confinement, comment vivez-vous les restrictions ?

C’est une vaste question. Pendant un mois je l’ai vécu tout seul car ma compagne était restée en Meurthe-et-Moselle où elle avait encore son activité. Je suis revenu à Grenoble il y a moins de trois mois et elle m’a enfin rejoint il y a deux jours.

Il y a un côté où l’on ressent un grand vide. J’aime habiter en ville pour avoir un contact avec les gens. J’ai la culture « du dehors » pour retrouver des copains, etc. Le manque de contact social est sûrement la partie la plus dure du confinement.

Mais au bout d’un mois, j’ai l’impression que l’on s’habitue, que la routine s’installe, que l’on se fait une raison. Ça bouscule un peu tous mes projets qui me tenaient à cœur et qui se retrouvent stoppés et repoussés. Il y a aussi la question financière et les perspectives qui ne sont pas évidentes à gérer.

Je n’ai pas de balcon, pas de super vue sur les montagnes, mais j’habite un appartement relativement agréable et spacieux. Ce ne sont pas les pires conditions pour le confinement donc on relativise. On sait qu’on demande la même chose à tout le monde donc on fait avec.

Si vous aviez un conseil à donner aux autres personnes confinées, quel serait-il ?

Je continue à faire mes courses dans les boutiques alimentaires en vrac, en circuit court ou en accès direct. Elles sont assez bien approvisionnées : il y a de la farine et toutes sortes de produits. Il y a aussi le marché de l’Estacade, même s’il est plus triste que d’habitude.

Si j’avais un conseil à donner ce serait de continuer à se faire des bons plats et d’en profiter pour consommer autrement. C’est le moment ou jamais.

Ce serait aussi de retrouver de vraies valeurs, de valoriser les personnes qui sont vraiment importantes pour faire tourner le pays et voir du changement après le confinement, sans se faire trop d’illusions. Je vis avec cette interrogation : serait-ce l’occasion de faire un vrai virage écologique et social, maintenant que l’on a vu quels sont nos réels besoins ?

informationRenseignements divers
Toutes les informations utiles relatives au Covid-19 à Grenoble :
courrielhttps://www.grenoble.fr/1699-covid-19.htm

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