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Des carottes pour sauvegarder la mémoire des glaces

Le Laboratoire de glaciologie de Grenoble analyse actuellement l’une des trois carottes de glace extraites cet été du massif du Mont-Blanc. L’objectif ? Constituer une base de données pour les scientifiques et conserver la mémoire des glaciers, menacés par le réchauffement climatique.

SAUVEGARDE DE LA MEMOIRE DE LA GLACE Sarah Del Ben / Wild Touch / Fondation UGA

Sarah Del Ben / Wild Touch / Fondation UGA

Analyser les gaz présents dans les glaciers pour étudier l’histoire climatique de notre planète est une découverte majeure de Claude Lorius, du Laboratoire de glaciologie de Grenoble (LGGE). Aujourd’hui, sous l’impulsion de Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au CNRS, le laboratoire grenoblois s’est associé à l’université Ca’Foscari de Venise pour tenter une aventure extraordinaire, dans le cadre du projet Protecting Ice Memory : sauvegarder la mémoire des glaces, patrimoine d’intérêt mondial pour les générations futures.

En août, une douzaine de chercheurs ont donc prélevé trois carottes de glace de 130 m de long chacune, dans le massif du Mont-Blanc, au col du Dôme à 4 300 m d’altitude. La première est analysée au laboratoire grenoblois « afin d’établir une base de données de référence des événements naturels ou d’origine humaine passés. Elle sera mise à disposition de la communauté scientifique mondiale. On y repère notamment les traces du grand vent de sable Saharien de 1947, des essais thermonucléaires des années 50 et 60 ou de nuage radioactif de Tchernobyl d’avril 1986 » précise le chercheur.

Un congélateur naturel

Sur le modèle de la banque de semences conservées au Spitzberg en Norvège, les deux autres carottes seront stockées dans un congélateur naturel à -54°C, sur la base polaire franco-italienne Concordia en Antarctique. « Ce patrimoine mondial inestimable constituera une matière première précieuse pour les scientifiques des générations futures » explique Jérôme Chappellaz. En 2017, d’autres carottes, prélevées à 6 300 m d’altitude sur le glacier de l’Illimani, en Bolivie, rejoindront la base.

Il était temps de lancer ce programme car le réchauffement climatique affecte les glaciers à l’échelle mondiale. « La température, en altitude, a augmenté de 1,5°C entre 1990 et 2000. Quand la glace fond, l’eau détruit les couches enregistreuses sous-jacentes » explique Jérôme Chappellaz.

D’autres prélèvements, réalisés par des chercheurs américains, chinois, russes et suisses, pourraient enrichir cette bibliothèque de la mémoire de la glace et du passé climatique de notre planète. Ce programme, piloté par la fondation Université Grenoble Alpes fait appel au mécénat privé.

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