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Grenoble et son paysage exploré lors d’un séminaire national

Du 9 au 12 septembre dernier, les paysagistes-conseils de l’État sont venus explorer Grenoble et le massif de la Chartreuse, pour leur séminaire annuel. Ayant pour mission de conseiller et d’accompagner l’État dans sa politique, ils ont choisi cette année la région alpine pour aborder la question de la transition écologique, et prendre connaissance des expérimentations sur le sujet.

Visite du projet « Un pas vers l’eau » au cours d’une balade à vélo. ©Valérie Delebecque

L’association des paysages-conseils de l’Etat (APCE) a été créée en 1995, il y a tout juste 25 ans. Chaque année, ses membres organisent un séminaire technique sur un territoire choisi, pour enrichir leurs réponses aux questions liées à l’aménagement du territoire, et croiser leurs regards et pratiques.

Pour cette session 2020, à Grenoble, environ 80 paysagistes-conseils venus de toute la France pour suivre cet évènement professionnel intitulé «Grenoble et ses massifs : un laboratoire de paysages face au dérèglement climatique».

Vincent Tricaud, président de l’association précise :

L’idée est d’éprouver physiquement les lieux et les espaces, rencontrer les acteurs du territoire, et écouter leurs témoignages. Nous choisissons chaque fois une problématique et un territoire qui incarne cette thématique de manière positive et exemplaire, avec bien sûr des échanges critiques, car tout n’est pas parfait.

Alice Brauns, paysagiste-conseil de l’Etat, ajoute :

C’est le premier séminaire en faveur de la question climatique. Nous avons choisi Grenoble parce que c’est un territoire où les effets du changement climatique sont particulièrement sensibles, perceptibles dans le paysage, et des actions sont déjà engagées.

Le séminaire donne ensuite lieu à l’écriture d’actes : un témoignage des échanges et des expériences, que les paysagistes-conseils diffusent ensuite auprès des services de l’État.

Pour ces professionnels, c’est aussi l’occasion de diffuser et d’affirmer la notion du paysage qu’ils défendent.

«Pour nous, le paysage est la conséquence des actions naturelles et humaines sur le territoire. C’est un système vivant : on ne peut pas le conserver tel quel, à l’image d’une carte-postale. Le projet de paysage est une démarche englobante et transversale, qui vise la construction du paysage à venir dans toute sa complexité : l’aménagement des villes et du territoire, les mobilités, le confort, les échanges sociaux, etc.», explique Alice Brauns.

Un séminaire grenoblois pour parler de la transition écologique

©Valérie Delebecque

Au cours de ces trois jours, les paysagistes-conseils ont dans un premier temps arpenté Grenoble à pied et à vélo, pour découvrir ses aménagements aux fonctionnalités environnementales, climatiques et esthétiques : les pistes cyclables Chronovélo, les jardins partagés, les parcs et autres espaces de nature en ville, le bassin du parc Jean Verlhac et son projet de baignade écologique, le campus universitaire, l’éco-quartier de la Caserne de Bonne, etc.

Alice Brauns note :

Les pistes Chronovélo, c’est un ensemble de pistes extrêmement travaillées, dans toutes les dimensions d’aménagement. Sur le boulevard Agutte Sembat, la voie cyclable est surélevée par rapport à la chaussée et placée au milieu. Cela donne un sentiment de sécurité : on ne se sent pas coincé entre la voiture qui se gare et le bus qui vous frôle. La signalétique horizontale, avec des couleurs fortes pour défendre cet aménagement, a permis d’enlever toute la forêt de panneaux à la verticale. C’est plus lisible.

Les paysagistes-conseils ont remarqué aussi le dispositif «Jardinons nos rues», et les projets du budget participatif allant dans le sens de la transition, comme «Un pas vers l’eau», sur les bords de l’Isère.

«C’est épatant la multitude de ces aménagements un peu partout. C’est l’ensemble de ces micro-projets qui change l’espace de ville», ajoutent les deux paysagistes-conseils de l’Etat.

Puis, le groupe est parti sur les routes de la Chartreuse, pour une dernière journée naviguant entre conférences, visite de la station météo du Col de Porte qui réalise des relevés de températures et d’enneigement depuis les années 1960 (cf. Gre.mag « Fièvre dans les Alpes : comment la soigner ? »), et parcours sur les sentiers de montagne.

Sur ces derniers, l’objectif était d’aborder les thématiques de la forêt, des filières agro-pastorales, et du tourisme de montagne – toujours par le prisme du dérèglement climatique – et de s’interroger sur leurs interrelations.

©Valérie Delebecque

Vincent Tricaud et Alice Brauns témoignent :

Grenoble «ville» et le massif de la Chartreuse sont deux territoires rassemblés dans une même unité administrative qu’est la Métropole. Une gouvernance est en train de se mettre en place, entre différents acteurs : la collectivité, le Parc Naturel régional de Chartreuse, l’Office National des Forêts… mais l’orchestre ne s’accorde pas encore. Un projet de paysage pourrait justement rassembler les conditions pour qu’ils jouent bien ensemble.

À chaque étape, des acteurs et actrices locaux (scientifiques, élu-es, associations citoyennes) ont apporté le témoignage de leurs recherches et retours d’expériences, lors de table ronde, ateliers et conférences (cf. photo ci-dessous).

Parmi les autres constats de ce séjour, figure celui que Grenoble est «un haut lieu du travail scientifique sur le dérèglement climatique», avec aussi un vrai engagement du milieu associatif, et une tradition de prendre en compte le climat.

L’élaboration du premier Plan-Climat-Air-Énergie Territorial français en témoigne. Tout cela, en observant aussi que «des résistances qui peuvent freiner les initiatives sont aussi présentes».

Mercredi 9 septembre à l’Hôtel de Ville de Grenoble, lors de la séance introductive du séminaire. De gauche à droite : Aurélien Barrau – scientifique grenoblois, Samuel Morin – responsable du Centre d’Études de la Neige à Grenoble, Fabrice Gravier – chef de service Mobilités, Aménagements et Paysages à la DREAL AURA, Stéphanie Dupuy-Lyon – directrice générale de l’aménagement, du logement et de la nature au Ministère de la Transition écologique et solidaire, Eric Piolle – Maire de Grenoble. ©Auriane Poillet

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