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La Villeneuve

Construite dans les années soixante-dix au sud de Grenoble, la Villeneuve allie un environnement verdoyant à un cadre de vie qui se dégrade. Plébiscitée par ses habitants pour son esprit de solidarité, elle peine à se défaire d’une image de « quartier sensible » véhiculée par les médias.

Emdé

© Emdé

 

Lundi 30 novembre 2015. Marie Mazille, habitante de Villeneuve, musicienne.  ( croquis de quartier ). . Lieu : parc de la Villeneuve.  © Alain FISCHER 2015, Ville de Grenoble.

Marie Mazille

Cette musicienne de 43 ans habite la Villeneuve depuis dix ans avec son compagnon et leurs enfants.

« C’est l’attractivité des loyers qui nous a motivés et on ne regrette pas notre installation à l’Arlequin. Le parc Jean-Verlhac est magnifique, très bien entretenu, et les enfants peuvent jouer sans qu’on s’inquiète des voitures. Avec les voisins, on organise des pique-niques, on joue au frisbee…
J’apprécie la diversité de population et l’esprit d’entraide : on se prête les vélos, on se garde les enfants… car tout le monde se connaît. Le gros problème c’est la propreté car, dans certaines montées, les gens jettent les poubelles par les fenêtres et ça attire les rats ! Il y a parfois des voitures brûlées sur le parking, mais la plupart du temps il n’y a pas d’incivilité ni de bruit la nuit. C’est un quartier qui mérite d’être regardé autrement, surtout après le reportage d’Envoyé spécial en 2013. J’ai réagi par une approche artistique et humaine en montant le projet In Situ : une collecte de chants, musiques et bruits de la Villeneuve, qui a réuni une soixantaine d’habitants et débouché sur des concerts dans le quartier. »

 

 

vendredi 4 décembre 2015 Adel Karmous, membre de l'association Osmose, soutien scolaire aux enfants du quartier.                                Sylvain Frappat - Ville de Grenoble 2015

Adel Karmous

Âgé de 43 ans, ce manager dans la microélectronique habite aux Baladins avec son épouse et leurs quatre filles.

« Le quartier a plusieurs atouts : un grand parc, le tram juste à côté et il n’y a pas de voiture, ce qui apporte un certain calme malgré le bruit des scooters. Et puis le tissu associatif est fort et il y a souvent des animations. Mais il faudrait plus de commerces et il y a des problèmes de propreté avec des ordures et des encombrants jetés n’importe où.
J’ai grandi ici et j’ai vu ce quartier évoluer dans le mauvais sens. On a une jeunesse de plus en plus exclue de la société, qui gêne les gens du quartier. Il y a moins de respect, les jeunes fument des joints sans se cacher et même avec une présence policière, ça entraîne un sentiment d’insécurité. Pourtant, ce quartier m’a beaucoup apporté et ce n’est pas facile de le quitter. Alors, je suis à l’association Osmose. Je venais y faire mes devoirs et aujourd’hui je suis responsable de l’accompagnement à la scolarité. On suit 120 enfants de la 6e au bac et on sent que les parents s’inquiètent beaucoup pour leur réussite. »

 

 

4C4A0444Sylvie Bouadallah-Allais

Cette maman de trois enfants a 42 ans. Actuellement en recherche d’emploi, elle habite la Villeneuve depuis 21 ans.

« Je me suis installée aux Géants pour le cadre de vie : le parc, la proximité de Grand’Place et du tram, mais surtout parce qu’ici, l’idée de vivre ensemble est très importante. C’est un quartier vivant, je l’aime car les gens se connaissent. Pour discuter, il suffit de sortir de chez soi.
Le négatif, c’est la vision que les gens de l’extérieur ont de nous. Quand je dis que j’habite la Villeneuve, ils me demandent pourquoi je ne pars pas. Ils ne pensent qu’à l’incivilité mais pas à l’échange humain, la solidarité ! Par exemple, je participe à l’atelier parentalité à la MDH où on se réunit entre mamans pour parler, faire des activités ou des sorties… Je suis aussi à la Commission animation : on organise des soirées-jeux, des repas partagés… Et il y a beaucoup d’associations qui proposent des temps conviviaux. Malheureusement, à cause des préjugés, le quartier manque de mixité sociale car personne ne veut venir y habiter. »

 

 

Mercredi 16 décembre 2015 Dalila Arancibia-Bouziane tient                                le magasin  " Daly Oriental ", ( vêtements orientaux ),            au 101 galerie de l'Arlequin, Grenoble.  Contact : 06 25 60 42 10.  © Alain FISCHER 2015, Ville de Grenoble.

Dalila Arancibia-Bouziane

Dalila Arancibia-Bouziane, 48 ans, a ouvert sa Boutique « Daly orientale » galerie de l’Arlequin il y a 20 ans.

« Je vends des robes de mariée ou de soirée, des accessoires et des chaussures de style oriental. Je me suis installée ici car il y avait déjà une importante population maghrébine et pas de magasin de vêtements, même si le quartier était plus commerçant qu’aujourd’hui. Jusqu’à cinq ou six ans en arrière, j’avais des clients de tout Grenoble, ça ne les gênait pas de venir, surtout qu’avec le tram c’est facile ! Mais aujourd’hui, la Villeneuve fait peur. Ma clientèle s’est réduite aux habitants et ça devient difficile, d’autant qu’ils ont peu de moyens.
Mais je reste car j’espère une reprise de ce quartier. Il faudrait lui donner une image positive pour que la classe moyenne ait envie d’y vivre. Car tout s’y prête : les appartements sont vastes et le parc est très beau. Malgré ça, les gens ne viennent pas. Pourtant, l’insécurité, il y en a partout et je pense que la Villeneuve n’est pas pire que le centre-ville. Je tiens seule le magasin et il n’y a pas de problème. »

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