Sports

Accueil >Découvertes >Sports>Regards croisés : Bastien Auzeil et Laura Tarantola

Espoirs olympiques

Regards croisés : Bastien Auzeil et Laura Tarantola

Laura Tarantola est rameuse à l’Aviron Grenoblois. Bastien Auzeil est décathlonien au sein de l’Entente Athlétique Grenoble. Les deux Grenoblois, qui se sont rencontrés pour la première fois pour l’occasion, partagent de nombreux points communs dont le rêve d’embrasser un destin olympique du côté de Tokyo dans quelques mois…

©Aviron grenoblois

Vous êtes tous les deux bien fournis au sein de vos clubs respectifs pour les conseils et les retours d’expérience, ne serait-ce que pour parler des Jeux Olympiques (JO)…

Bastien Auzeuil : «C’est vrai que de mon côté, Nicolas Guigon (perchiste) avait fait les JO à Athènes en 2004. Il ne pratiquait déjà plus quand j’ai participé aux JO de Rio en 2016. Je discute régulièrement avec Philippe Collet de l’Entente Athlétique Grenoble mais je travaille surtout avec un préparateur mental.»

Laura Tarantola : «Au club, quelques personnes ont fait les JO. Xavier Dorfman a été champion olympique et Noémie Kobler, une très bonne copine, a été à Rio. Cela a l’air d’être assez grandiose.»

Vous avez participé à de grands événements. Les JO sont encore différents à vos yeux ?

L.T. : «Pour l’instant, il ne s’agit pas de pression mais d’envie. Sachant ce qu’il y a à la fin de l’année, je suis au taquet pour aller à chaque entraînement.»

B.A. : «C’est très différent des autres compétitions. Une fois qu’on les a fait, on a juste envie d’y retourner. C’est obligatoire ! Je comprends que certains athlètes aient du mal à arrêter.

Aux JO tout est beaucoup plus grand. C’est une ou deux dimensions au-dessus des autres compétitions.

Vous suivez tous les deux des stages à l’étranger. Font-ils partie de votre quotidien cette année encore ?

L.T. : «Je reviens de deux semaines au Portugal fin novembre. On va en Afrique du Sud en ce début d’année. On essaie d’aller au soleil pour s’entraîner et ne pas avoir de coup de mou pendant l’hiver.»

B.A. : «C’est particulier pour moi parce que l’an passé je n’ai pas fait de bons résultats. Entre les stages fédéraux où je suis conviés et ceux où je ne le suis pas, j’essaie de partir en stage avec des potes qui sont dans la même situation. On va partir à Tenerife entre décathloniens qui ne sont pas en stage fédéral mais qui ont l’ambition de se qualifier pour les Championnats d’Europe, puis pour les Jeux Olympiques. L’idée c’est aussi de trouver de la confrontation pendant notre préparation.»

Comment va se dérouler votre phase de qualification pour les Jeux ?

B.A. : «C’est un peu chaud parce que la saison estivale commence au mois de mai et la période qualificative se termine mi-juin. Concrètement, j’ai un total à faire. Si je le fais, je sais que ça passera parce qu’en France, il n’y aura pas quatre mecs qui feront les totaux. Il faudra être en forme au bon moment.»

L.T. : «En ce qui me concerne le bateau est qualifié (Laura et sa coéquipière Claire Bové l’ont qualifié lors des derniers championnats du monde d’aviron. N.D.L.R.) mais il n’y a personne dedans pour le moment. Je dois être dans les deux premières des Championnats de France individuels pour gagner ma place pour les Jeux.»

B.A. : «Donc tu peux ramer avec quelqu’un avec qui tu n’as jamais ramé ?»

L.T. : «Oui c’est un peu ça ! Chaque année, tout est remis à zéro. Avec la particularité des Jeux, on n’a pas notre nom assuré sur le bateau. Il faudra encore être au top.»

©Sylvain Frappat

A quelques mois des JO, est-ce difficile de ne pas avoir la garantie d’y participer alors que d’autres sont déjà qualifiés depuis un moment ?

L.T. : «L’aviron a toujours fonctionné comme ça. On connaît le mode de sélection à l’avance donc ce n’est pas particulièrement difficile. C’est pareil dans presque tous les pays et il y a pas mal de concurrence au niveau national pour se qualifier. Et de toute façon, on n’a pas tellement le choix ! (rires)»

B.A. : «C’est un peu la même chose en athlétisme et ce n’est peut-être pas plus mal. Ça nous maintient sur une bonne dynamique d’entraînement et de compétition. C’est plus facile que d’arriver uniquement sur un pic de forme. Ce serait même perturbant que le fonctionnement soit différent.»

Quand avez-vous commencé votre cycle de préparation olympique ?

L.T. : «Depuis 2018, quand j’ai remporté le titre en individuel aux Championnats du monde.

C’est là que je me suis dit que dans deux ans c’est les Jeux et qu’il y a peut-être quelque chose à faire ! L’an passé, on a qualifié le bateau en finissant 5ème : ça a rendu la chose encore plus concrète.

B.A. : «A partir du moment où j’ai quitté le stade à Rio, j’étais sur Tokyo. Toute ma planification et tous mes entraînements suivaient cette logique. C’est pour ça qu’on a fait des essais au niveau des entraînements. Certains se sont bien passés, d’autres moins bien. On a testé d’autres choses pour que, cette année, tout soit en place.»

Avez-vous déjà regardé le programme de vos disciplines ?

B.A. : «J’attends d’être qualifié (rires). Une chose est certaine : si je le suis, je ferai la cérémonie d’ouverture ! C’est un vrai regret de ne pas l’avoir faite à Rio. Avec le recul, je sais que ce n’est pas en me privant de ce grand moment que je serai moins performant.»

L.T. : «Pour moi, la question ne se pose pas. La compétition a lieu la première semaine des Jeux. Les rameurs seront interdits de cérémonie d’ouverture. (rires)»

En dehors de votre discipline, quel champion ou championne olympique vous a marqué-e ?

B.A. : «En dehors de l’athlé ? Martin Fourcade.»

L.T. : «J’allais dire ça également !»

B.A. : «J’aime bien son approche humaine. C’est quelqu’un de simple et ça se voit. En athlétisme, j’aimais beaucoup Jan Zelezny, un lanceur de javelot tchèque. J’admirais sa capacité à mettre de la vitesse alors que ce n’était pas une montagne. Sur l’aspect humain, il était aussi proche des gens. Je suis sensible à ces qualités humaines.»

L.T. : «En aviron, je parlerais de Xavier Dorfman et sa femme Bénédicte. Cette famille est un exemple et j’ai énormément de respect pour ce qu’elle a fait.»

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.instagram.com/laura_tarantola/
courrielhttp://www.instagram.com/bast_auz/

Vos commentaires

Il n'y a pas encore de commentaires sur cet article.

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

Envoyer

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag vous propose aussi

Supporters grenoblois solidaires

La famille Collet, totalement « perchée »

Hyacinthe Deleplace : un nouveau tour de piste