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Ce contenu fait partie du/des dossier(s): #RestezChezVous : Grenoble confinée

Covid-19

Témoignage « Les ateliers socio-linguistiques doivent continuer à distance »

Carole Burget a 55 ans. Depuis un an, elle anime bénévolement un atelier socio-linguistiques (ASL) à la Maison des Habitants Anatole France.
Ces ateliers ont pour objectif d’apprendre le français aux personnes non-francophones, en vue de leur autonomie.
En confinement, Carole poursuit avec passion cet accompagnement à distance.

Carole Burget assurant les ateliers socio-linguistiques depuis chez elle, durant le confinement © Carole Burget

Les Grenoblois-es sont confiné-es depuis maintenant 16 jours. Comment vivez-vous cette période ?

Je vis le confinement comme un essai pour être créatifs.
Je suis le diplôme universitaire « Didactique : illétrisme et alphabétisation » et je suis aussi bénévole aux ateliers socio-linguistiques à la Maison des Habitants : j’ai encore plus de temps à consacrer à ces activités.
Ma première idée était de continuer à donner les cours à distance aux ateliers avec le groupe qui m’est confié : tous ont été partants !

En quoi consiste les ateliers socio-linguistiques proposés à la MDH ?

Les ASL existent dans plusieurs agglomérations. Ce sont des cours de français en connexion avec le quotidien. C’est-à-dire qu’ils doivent aider rapidement les apprenants à se déplacer, prendre des rendez-vous, faire des courses, aller voir le médecin…
Nous avons des temps pour travailler à la fois l’oral et l’écrit. Puis, nous les accompagnons aussi dans la rue, pour regarder un plan de bus par exemple.

Pourquoi avoir souhaité vous investir dans un atelier socio-linguistiques ?

J’ai exercé en tant qu’écrivain publique et je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de personnes en difficulté avec la langue. En arrivant à Grenoble, j’ai souhaité m’investir et la MDH m’a accueillie.
Depuis septembre, je gère un groupe de 11 personnes de manière autonome. C’est un groupe de niveau intermédiaire avec des personnes qui maitrisent le geste graphique et la tenue du stylo (ou sont en cours d’acquisition).

Comment maintenez-vous les ateliers à distance ?

Nous communiquons essentiellement avec l’application Whatsapp, sur téléphone.
Nous nous y retrouvons comme habituellement, les lundis et mardis de 9h à 11h. Ces jours-là, à 9h, je frappe à la porte de Whatsapp et on commence le cours.
Je propose un mélange d’exercices très précis et très courts, parfois drôles, pour pratiquer l’écrit et l’oral.
Je réalise des capsules sonores, pour qu’ils entendent ma voix. Je les encourage à faire de même pour leurs réponses, même si cela s’acquiert tout doucement.

À quelles difficultés font face ces personnes dans le cadre de la crise sanitaire que nous traversons ?

Par exemple, pour l’attestation de sortie… Certains n’ont pas d’imprimantes, j’avais donc peur qu’ils ne puissent pas sortir ! Je les ai donc accompagnés pour qu’ils puissent écrire leur attestation eux-mêmes.
Nous avons travaillé phrase après phrase. Je leur ai proposé d’inscrire au crayon de papier la date et l’heure à chaque sortie, pour pouvoir la gommer. C’est du sytème D : on ne peut pas leur demander d’écrire l’attestation tous les jours !

En quoi est-ce important pour vous de maintenir ce lien avec eux ?

Ce sont des gens qui veulent s’en sortir. Ils veulent arriver à cet objectif d’être autonomes. Si on arrête ce travail pendant 2 mois, c’est trop dommage…

Et puis, une vraie relation s’est créée entre nous, une relation d’amitié sincère et d’entraide, c’est un groupe très soudé. Cela va au-delà du français. C’est un rôle social que je pense exercer. Je ne suis pas dans une posture d’enseignante : ils m’apprennent autant que je leur apprends. C’est une aventure.

Que vous apprend cette période confinement, en termes d’adaptation ?

Cela me donne d’autres idées pour les rendre plus autonomes, sur le numérique notamment. L’oral restera l’oral, mais je me rends compte que le numérique est important.

Quand les cours en présentiel vont reprendre, je vais faire en sorte que tout le monde ait une adresse mail, sinon le lien avec l’administration n’est pas possible.
Cette situation soulève vraiment le fait qu’on ne peut pas échapper au numérique.

informationRenseignements divers
courriel mdh.anatole-france@grenoble.fr

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