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Ce contenu fait partie du/des dossier(s): #RestezChezVous : Grenoble confinée

Covid-19

Masques en tissu : débutants, suivez le tuto de Valérie !

Valérie Cargnel a 52 ans. Architecte et co-gérante du bistrot-boutique évènements « À l’envers », elle met son esprit créatif au service du confinement.
Face à la demande croissante de masques en tissu, elle a réalisé un tutoriel pour que chacun puisse en réaliser de chez soi et sans machine.
Aussi, elle alimente chaque jour la page Facebook de « À l’envers », avec des exercices d’écriture et de dessin, pour tenir son « carnet de bord du confinement ».

Valérie dans son bureau « bricolette » © Valérie Cargnel

Nous sommes confinés depuis maintenant près d’un mois. Comment vivez-vous cette situation ?

Je la vis plutôt bien pour le moment. Je pense qu’il y a un élan solidaire général, auquel je participe, et c’est très concret. J’ai l’impression d’avoir les deux pieds dans le présent, d’être dans l’échange.

On se sent mieux de faire quelque chose pour les autres. Cela permet de continuer d’être en lien, c’est fort. Il y a un rôle utile à une échelle humaine, à côté de chez soi.

Que faites-vous pour participer à cet « élan solidaire » ?

Tout d’abord, j’ai commencé à fabriquer des masques en tissu parce que j’ai été démarchée pour en faire à plusieurs niveaux. J’ai toujours cousu… ma grand-mère était couturière et j’ai ça dans le sang.

Je faisais donc des masques toute seule, et je les déposais dans les petits relais tels que la pharmacie du quartier Championnet.
Puis, la boutique « la Maison de la couture » a mis en lien un réseau de couturières : elle centralise les demandes et les masques réalisés, et les distribue aux structures telles que les Ephad ou les foyers dans le besoin. Le groupe est conséquent aujourd’hui ! Nous sommes 40 à 45 personnes…

En parallèle, pour les particuliers, j’ai mis des mots dans les copropriétés autour de chez moi, pour dire que je pouvais faire des masques. Pour les voisins qui me demandent, je confectionne les masques et je les mets dans des sacs protégés, dans mon hall d’entrée qui a un digicode, avec leur nom dessus, pour qu’ils viennent les récupérer.

 

Masques en tissu empaquetés, attendant leur futur propriétaire © Valérie Cargnel

Comment l’idée de créer un tutoriel, pour que chacun puisse fabriquer son propre masque, vous est-elle venue ?

Les demandes de masques affluent et il est compliqué de répondre et d’identifier les demandes.

J’ai pensé qu’il y avait besoin de trouver un système pour que les gens puissent faire eux-mêmes leurs masques, sans avoir besoin du matériel d’un couturier.

Les masques en tissu répondant aux normes de l’AFNOR sont très adaptés, mais complexes à réaliser pour des non-couturiers.
Sur internet, j’ai trouvé des méthodes très inventives pour réaliser des masques anti-postillon et qui renforcent les effets des gestes barrière.
J’ai testé un tutoriel qui demande du temps et d’être soigneux, et je l’ai transformé pour le simplifier.

> Le tutoriel de Valérie est à télécharger au bas de cet article.

Quelles sont les bases de votre tutoriel ?

C’est un tutoriel ultra-débutant. J’ai pris en photo chaque étape, accompagnée d’un texte, pour être sur une formule d’apprentissage « pas à pas ». Il commence avec une feuille A4 !
Ce masque est composé de deux couches de tissu de coton 100 (avec une maille très serrée), avec une encoche pour insérer le troisième tissu de sécurité supplémentaire : une couche de molleton (type alèse de lit ou une petite polaire ou une serviette micro-fibre neutre).

Pour tester s’ils sont efficaces, il y a une astuce : on met le masque et une bougie allumée à 15cm de la bouche, et en soufflant, la flamme doit rester statique.

Je rappelle que ces masques n’ont pas vocation à remplacer les dispositifs médicaux et professionnels, et que les gestes barrière doivent continuer de s’appliquer, même avec le port d’un masque en tissu.

Aussi, il est important de laver son masque à 60°C, après utilisation, en enlevant la couche du milieu.
Un petit garçon a fait son masque tout seul et m’a envoyé sa photo !

 

Source : Valérie Cargnel

Vous proposez aussi aux Grenoblois-es de réaliser leur « carnet de bord du confinement ». En quoi cela consiste-t-il ?

Depuis longtemps, je fais des carnets de voyage, avec de l’écriture et du dessin.
Dès que le confinement a démarré, j’ai lancé un « carnet de bord du dedans » avec le bistrot « À l’envers », à travers notre page Facebook.

Chaque jour de la semaine, je poste une proposition positive pour inviter chacun à écrire et garder trace de cette période que nous vivons.

Cela permet aux participants d’avoir des amorces pour commencer à écrire, alimenter leur créativité et clarifier les intentions de chaque page. Je fais des références à des auteurs, au portrait de Proust, j’invite à dessiner sa tasse à café, les « choses qui sont belles », « les choses qui font rêver », etc.

Voir et recevoir la diversité de ce que font les autres et nos différences à partir de propositions identiques, c’est scotchant ! Nous en ferons peut-être une exposition au bistrot « À l’envers », qui sait ?
Un autre truc rigolo qui se passe : deux filles en ont eu connaissance, l’une au Texas et la seconde à Montpellier. Je suis en lien avec ces personnes à l’autre bout du monde et de la France… C’est une initiative de « liens » !

informationRenseignements divers
Facebook : A l'envers bistrot boutique événements
courrielwww.a-lenvers.com
courriel contact@a-lenvers.com

courriel lavaloche38@gmail.com

Pièces jointes:
Le tuto de Valérie pour réaliser son masque en tissu

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