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Bilel, Sid-Ahmed, Yassin et Sidiya

La belle échappée

Quatre jeunes des quartiers Mistral et Lys-Rouge sont descendus cet été à Marseille, à vélo. Retour sur un périple à vocation citoyenne.

©Jean-Sébastien Faure

C’est à la MJC Anatole-France que nous les rencontrons. Ils y sont manifestement comme chez eux… « Ils », ce sont Bilel, Sid-Ahmed, Yassin et Sidiya, âgés de 22 à 24 ans.

Tous travaillent ou sont en projet professionnel (Yassin intégrera bientôt un chantier-école de rénovation intérieure). Amis « depuis toujours », ou presque, ils fréquentent le lieu depuis de nombreuses années. C’est donc ici qu’a germé le projet de descendre à Marseille à vélo les 24 et 25  août dernier, avec le soutien d’Amin, le directeur adjoint de la MJC.

Leur aventure a de multiples racines. L’une tient à la découverte récente de la montagne, premier terrain de conquêtes et d’efforts.

Dès janvier, on a découvert le ski de fond, la raquette, la spéléo dans le cadre de Jeunes en Montagne… On est même montés au refuge du Promontoire, sous la Meije, et franchement, c’était dur ! C’est là qu’on a pris conscience que même dans des conditions difficiles, ensemble, c’était faisable…

Une fois ces premières montagnes gravies, il n’y avait pas de raison que le bitume leur résiste… Ils se sont équipés et formés pour l’entretien des vélos, respectivement chez Naturavelo et auprès de l’Atelier solidaire de Mistral, sans oublier de prendre conseil auprès d’Emrah, un intervenant extérieur qui connaissait le parcours.

Et ils sont arrivés au bout de ces 280 kilomètres en deux jours. « Pourtant, arrivé à Vif, je n’en pouvais déjà plus » confie Sid-Ahmed. « Et on était encore loin du col de La Croix-Haute ! Mais on s’est organisés, on s’est attendus, on s’est relayés pour couper le vent. Sans ça, on aurait fait demi-tour. »

Opération nettoyage

Bien au-delà du challenge personnel, le projet voulait sensibiliser aux enjeux environnementaux. Et il a donné lieu à des rencontres étonnantes.

 Omar, un adolescent marseillais, a ouvert des yeux tout ronds en nous voyant : « Vous venez de Grenoble ? À vélo ? Mais vous êtes des paysans ou quoi ? » On lui a expliqué notre démarche et il a compris que pour nous, le vélo, c’était l’avenir. Après, il nous a même accompagnés et conseillé la plage de la Pointe Rouge pour l’opération de nettoyage qu’on avait prévue le lendemain.

Association à but humanitaire

Lorsqu’on leur demande si cette expérience les a transformés, ils répondent « oui » sans hésiter. Convaincus de cela, ils projettent même de se frotter à ce qui évoque « l’enfer du Nord » en 2020, sur un parcours Lille-Bruxelles-Bruges !

« Aujourd’hui, on se sent plus forts, mieux armés pour surmonter des difficultés, plus ouverts aux autres aussi. Ça nous aide dans notre quotidien. »

Une énergie qu’ils mettent également à profit dans un projet personnel, puisqu’ils souhaitent créer une association à but humanitaire, investie localement puis tournée vers l’étranger. Et pour laquelle ils ont déjà trouvé le nom : Odela Du Mur. Une nouvelle échappée donc…