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Marie Mazille

Refrains dans la crique sud

Pendant la période de confinement, les habitant-es du 170 galerie de l’Arlequin se retrouvaient tous les soirs pour chanter depuis leurs fenêtres. Marie Mazille a activement participé à ce rendez-vous musical et convivial.

©Auriane Poillet

Observés depuis le sol, les immeubles aux façades géométriques de la galerie de l’Arlequin sont vertigineux. C’est aussi le cas du n°170 qui compte l’équivalent de treize étages. Et quand les habitant-es de ces duplex disposés en quinconce chantent à leurs fenêtres, leurs paroles résonnent à travers la crique sud.

Dans la montée de l’immeuble habitent des musicien-nes professionnel-les et des chanteur-ses amateur-rices, dont la cheffe de choeur de Haut les choeurs, Adeline Guéret.

Parmi eux-elles, Marie Mazille, amoureuse de son quartier «au côté amphithéâtre», s’est particulièrement investie en mettant à profit son expérience de musicienne professionnelle.

«A la verticale et à l’horizontale»

«J’ai commencé la musique à l’âge de sept ans et je ne me suis jamais arrêtée», indique la résidente qui joue de la clarinette et du nyckelharpa, chante et compose depuis une vingtaine d’années au sein du collectif de musicien-nes Mustradem.

Il y a quelques années, elle a participé à la création du projet participatif In situ, au sein-même de La Villeneuve. «Avec les chants aux balcons, j’ai l’impression de revivre ce qu’on a vécu dans ce projet», explique Marie Mazille.

Dès le premier soir du confinement, sur une proposition d’Adeline Guéret, elle est naturellement sortie sur son balcon avec la trentaine d’habitant-es participant-es pour chanter «à la verticale et à l’horizontale» ce qui est devenu un tube pour la crique sud : Bella Ciao.

Suivi par Corona 170, qu’elle a écrit le jour même, en collaboration avec deux voisines et le musicien Fabrice Vigne.

Au 1er jour de la confine…

Plus tard, elle a remis le couvert avec le projet ambitieux de Au 1er jour de la confine. En partant de l’expression «ça ne durera pas 107 ans», elle a créé avec Fabrice Vigne une chanson sur le modèle du célèbre «1 km à pied».

Mis en ligne par épisodes, 107 couplets racontent les différents aspects du confinement «dans une logique absurde». Quelques couplets étaient sélectionnés le soir venu pour être interprétés aux balcons.

En tout, trois carnets de chants contenant 26 chansons ont été utilisés pendant deux mois par les chanteur-ses amateur-rices. Elle raconte :

Ça demande une énergie folle de chanter aux fenêtres. Il faut crier pour couvrir le vent et se faire entendre sur 35 mètres de haut. Grâce à cette expérience je pense avoir fait des progrès en chant et avoir gagné en puissance.

Ce rendez-vous quotidien, né de manière spontanée et devenu hebdomadaire, a aussi rapproché les habitant-es. Marie Mazille constate : «Ça a permis de renforcer les liens de solidarité qui étaient déjà existants. Toutes ces démarches d’entraide ont été amplifiées entre les voisins.»

informationRenseignements divers
Pour suivre les épisodes de Au 1er jour de la confine :
courrielhttps://www.youtube.com/channel/UCrHhuuEEEO5kv5O45y0iSUQ

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