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François Veyrunes

« L’essentiel se trouve dans l’invisible »

Acteur de la scène grenobloise depuis plus de trente ans, le chorégraphe François Veyrunes associe sa compagnie 47•49 jusqu’en 2021 au Théâtre municipal. Il y organise Que peut le corps ?, un rendez-vous mensuel avec le grand public.

©Sylvain Frappat

François Veyrunes est entré dans la danse lors d’un atelier avec Myriam Berns. Cette danseuse et chorégraphe passée chez Gallotta, enseignante passionnée acquise à la transmission de la technique de Merce Cunningham, a partagé l’existence de la famille Veyrunes pendant dix ans.

La voir s’entraîner quotidiennement a marqué le jeune François qui découvre ainsi la danse contemporaine. Totalement néophyte, il expérimente le caractère jubilatoire du corps en mouvement lors de ce solo qu’il effectue sans avoir appris la danse.

C’est pour lui, alors skieur de haut niveau porté sur la glisse, une découverte qui va infléchir le cours de sa vie. Étudiant en informatique à l’avenir tout tracé dans la recherche, il va désormais tourner le dos à sa formation initiale pour explorer le monde de la danse.

Une adresse new-yorkaise

Après une formation au CNDC d’Angers, il rencontre des danseurs de Merce Cunningham et séjourne à New York dans le Soho des artistes. À son retour, il crée sa compagnie en 1989, la compagnie 47•49 dont le nom est inspiré de son adresse new-yorkaise, et fait sien l’adage de Pina Bausch : « Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus ! ».

Auteur et coauteur de plus d’une quarantaine de pièces, il considère comme essentielle la valeur du temps pour creuser la question de l’être comme sujet. Pour François Veyrunes, « l’art est cette évasion nécessaire par laquelle l’Homme peut retrouver sa dignité ».

Sur scène, il s’attèle à saisir « une réalité apparemment ordinaire pour une action dansée qui transfigure le corps dans sa structure, ses volumes et ses disponibilités articulaires ». Ce parti pris modifie la perception de l’écoulement du temps :

 Un peu à la façon de Spinoza qui demande « que peut le corps ? », je veux questionner le corps, les limites du corps dans l’engagement physique.

Bienveillante confrontation

François Veyrunes travaille de façon collégiale avec les danseurs, Christel Brink-Przygodda, dramaturge et chorégraphe, Philippe Veyrunes, artiste plasticien, et une équipe à la communication, l’action culturelle et la production. Leur devise : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

C’est une confrontation exigeante et bienveillante qui pose « la question de sa propre responsabilité, révèle l’homme en tant que sujet de lui-même – à trouver des solutions et ne pas subir. Les choses viennent de la profondeur de l’être en interactions avec le monde. »

informationRenseignements divers
Les 12 et 13  juin, la compagnie 47-49 présente au théâtre de Grenoble « En Outrenoir », premier volet de la trilogie Humain trop humain.
courrielhttp://www.theatre-grenoble.fr

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