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Sabre au clair contre le cancer

Depuis trois ans, le club d’escrime de Grenoble Parmentier propose des entraînements hebdomadaires à destination de femmes atteintes d’un cancer du sein, au centre sportif Chorier-Berriat. Des séances qui remplissent un double rôle de rééducation et de prise de confiance, en créant aussi des liens forts entre ces participantes, partenaires d’un même combat.

©Sylvain Frappat

À l’origine de ces séances, Jérôme Miscioscia est entraîneur au sein du club grenoblois. «Nous avons lancé ces entraînements en septembre 2018, se souvient le maître d’armes.

Notre fédération propose régulièrement des formations, dont l’escrime santé. J’avais dans mon entourage des personnes atteintes d’un cancer, donc je me sentais concerné par le sujet. La pratique du sport étant recommandée en complément des soins médicaux, l’idée m’est venue de proposer quelque chose à Parmentier.

Le club d’escrime grenoblois lance ainsi son entraînement Sport santé. Si la machine met un peu de temps à démarrer, ces séances sont désormais un franc succès.

«C’est vrai qu’au départ, il a fallu frapper à beaucoup de portes et j’ai beaucoup brassé d’air, explique Jérôme Miscioscia. Par le biais d’un parent d’un médecin licencié du club, j’ai pu rentrer en contact avec le centre médical de Rocheplane et le Docteur Catherine Guyot, qui a été emballée et relaie aujourd’hui l’information auprès de ses patientes.»

Progrès flagrants

D’une personne la première année, elles sont aujourd’hui une demi-douzaine à se réunir chaque vendredi après-midi, le sabre à la main, pour prendre part à «une activité sportive reconstructrice et adaptée».

Pourquoi l’escrime ? «Les personnes opérées vont avoir tendance à moins utiliser le bras et notre discipline permet de bien le remuer», résume l’entraîneur. L’une des participantes, Hélène, nous donne son retour d’expérience :

Suite à un curage ganglionnaire total, mon bras avait perdu amplitude, souplesse, force… Les bienfaits ont été rapides. Les premières fois, je n’arrivais même pas à lever le sabre en plastique, trop lourd pour moi. Aujourd’hui, j’utilise un sabre normal, je suis hyper contente. Les muscles se sont remis en mouvement, il y a une vraie amélioration. Même ma kiné a constaté des progrès flagrants.

Des bienfaits psychiques aussi

Toutes ces escrimeuses en herbe partagent la même expérience, le même combat.

«Au début, j’avais la crainte d’être intégrée parmi des gens malades alors que je suis infirmière libérale, reconnaît Hélène. Mais au contraire, ça fait vraiment du bien, on rigole. C’est une récréation, et quand on est fatigué, on n’a pas besoin d’expliquer pourquoi. Un jour, j’étais tellement à plat que je me suis juste assise sur un banc pour regarder la séance. Juste le fait d’être là, ça m’a été bénéfique.»

Son entraîneur rebondit et conclut :

Je leur fais pratiquer de l’escrime, je ne pense pas à elles comme des malades du début à la fin. Elles me disent si elles sont fatiguées, et alors on adapte. Ce sont elles qui gèrent. Elles font partie du club, comme tous les autres licenciés.

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