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Grenoble en transition

Pour eux, le sport est essentiel

Pratiquant-es du dimanche ou de haut niveau, bénévoles, dirigeant-es, supporter-rices ou médecins. Ils sont actrices et acteurs du monde du sport. Chacun à leur niveau. Chacun à leur manière. Mais lié-es par une même passion, mu-es par un même besoin, presque « vital » comme nous l’ont expliqué certain-es. Nous avons pu échanger avec elles et eux autour de la notion d’essentialité liée aux différentes pratiques de ce sport qui leur importe tant. Qui leur apporte tant.

©Sylvain Frappat

Ce n’est pas vraiment une surprise. Leur réponse a été unanime : oui, le sport est essentiel. « Comme toute activité sociale qui réunit les gens », résume Pierre Arnaud. Pratiquant, entraîneur, créateur et président de club, enseignant : l’actuel président de l’Office Municipal des Sports de Grenoble maîtrise un sujet dans lequel il baigne au quotidien depuis des décennies.

Comme pour le domaine de la culture, avec le sport nous sommes dans des moments essentiels dans le sens où il remplit des fonctions. Le problème est davantage de savoir quelles fonctions il remplit et qu’est ce qui est essentiel en fonction des gens, pour qui la notion d’essentialité n’est pas la même.

Se délasser, se dépasser et s’entretenir

Pierre Arnaud classe ces fonctions en trois grandes catégories : « Se délasser, se dépasser et s’entretenir ». Ce dernier point s’impose peut-être encore plus que jamais comme une évidence : faire du sport est essentiel pour être/rester/redevenir en bonne santé.

« Je parlerais plus d’activités physiques que de sport, c’est moins codifié. Mais bien évidemment, cette pratique est essentielle dans ce que je résume en prévention primaire, secondaire et tertiaire », détaille le docteur Jean Ponard, également cofondateur du Grenoble-Métropole-Cyclisme 38 (GMC38).

On sait que l’inactivité physique est l’une des raisons les plus importantes de mortalité évitable. Elle est aggravée par la sédentarité. Quand on nous dit qu’on ne peut pas sortir plus d’1 km par exemple, on le comprend étant donné la situation, mais c’est un peu schizophrénique pour nous, parce que cela va à l’encontre de ce que l’on préconise depuis des années.

 

©Thierry Chenu

Un moment de partage et de rencontres

Un avis partagé par les pratiquants. « La fermeture des piscines a eu un effet désastreux sur ma clavicule – j’ai une plaque – mais heureusement je peux désormais nager avec un certificat médical », nous explique Nathalie Klein, sportive « du dimanche »

Mais aussi des autres jours de la semaine ! La jeune femme symbolise la richesse de l’essentialité sportive. Santé physique, santé mentale ainsi que lien social. « Le sport n’est pas essentiel pour moi, il est vital. C’est mon moment à moi et rien qu’à moi. C’est ma pause dans cette vie de fous où tout va super vite. C’est une échappatoire. Et c’est surtout ma drogue. Sans mon sport quotidien, je me sens mal. »

Avec le confinement en mars dernier, Nathalie a dû s’adapter, sans s’arrêter. C’est dorénavant la pratique collective et le lien social qui l’accompagne qui font surtout défaut. « Les courses officielles me manquent terriblement. C’est un moment de partage, de rencontres. On retrouve toujours quelqu’un qu’on connaît sur une course, même si on y va seule. C’est une grande famille. »

Entraînement sans contact

Camille Provos partage ces sentiments. Privée de compétition depuis plusieurs mois, la joueuse de la réserve du GF38 évoque elle aussi un manque. « En un peu plus d’un an, on a dû jouer huit matchs… C’est compliqué de garder la motivation à notre niveau pour des filles qui ont toutes des vies déjà chargées à côté. »

Et pourtant la joueuse, avec quelques coéquipières, a retrouvé les terrains ces dernières semaines, pour des séances d’entraînement « sans contact », comme le protocole l’exige, mais avec le lien humain.

Si on est là, c’est pour ça, revoir les copines, passer des bons moments ensemble. Je pratique du sport à côté mais ce n’est pas pareil. Je pense que la compétition ne reprendra pas cette année, aujourd’hui on n’est vraiment là que pour le plaisir de se retrouver.

Une vraie famille

Le plaisir de se retrouver. L’argument revient également dans le discours de Céline Dominguez. Elle ne parle pourtant pas de terrain. Céline s’exprime en effet au sujet d’un autre volet de la « pratique » sportive : le supportérisme.

Le sport se vit de bien des façons et la « tribune » en est une qui représente beaucoup pour les milliers de spectateur-rices qui avaient l’habitude de se masser dans les travées du Stade des Alpes pour les matchs du FCG, du GF38 ou de la patinoire Pôlesud pour les rencontres des Brûleurs de Loups chaque semaine, et qui sont privé-es depuis plusieurs mois de ce lieu d’échanges et d’émotions.

©Auriane Poillet

« C’est une vraie famille. On crée des liens, souvent via les réseaux sociaux, avec des gens qui partagent notre passion et après, on se retrouve ensemble au stade. Aujourd’hui, ce lien-là est un peu rompu et on a hâte de pouvoir enfin se retrouver. Heureusement, les bons résultats des clubs grenoblois cette saison nous apportent sourire et bonne humeur. Et ça, c’est essentiel pendant cette difficile période. »

Quand sport rime avec métier

Florence Anton, bénévole au sein des Yeti’s, le club de roller-hockey grenoblois, vit elle aussi en marge du monde sportif. Mais si elle n’y joue pas un premier rôle, elle ne se sent pas figurante pour autant. Pour elle aussi, le sport est un élément indispensable du quotidien.

L’essentialité est difficile à définir vu que c’est un ressenti. Mais oui je prends du plaisir à aider au développement de mon sport et de mon club. Avec un sport « méconnu », qui manque cruellement de moyens, on se sent peut-être même encore plus indispensable…

Florence avoue ressentir « d’intenses émotions », malgré ce rôle discret par essence. « Et quand on croise le regard reconnaissant d’un joueur, on sent qu’on fait partie de ce monde. C’est quand on ne l’a plus qu’on s’en rend réellement compte que c’était essentiel… » L’essentialité peut enfin être abordée sous l’aspect financier. Pour beaucoup de sportifs, le maintien d’une pratique revient au maintien de leur activité professionnelle.

« Le sport pour moi est essentiel et indispensable à double titre, confirme le perchiste Mathieu Collet. J’ai toujours vécu dans un environnement très sportif. Sortir le sport de ma vie n’est pas envisageable, d’une part parce que ça fait partie de mes passions et d’autre part car c’est mon métier. Alors même si je survis plus que je ne vis du sport, il n’en est pas moins important pour moi. »

Secteur oublié ?

La notion de l’essentiel dépend donc du vécu de chacun-e. Et, en matière sportive il y a beaucoup à dire : épanouissement, bien-être physique et mental, fonctions sociales, enjeux de territoire. Pierre Arnaud conclut :

Cela peut interroger sur les futures politiques publiques quand on voit la diversité de son essentialité. Quel est le type de sport qu’on doit soutenir, pour quelle population et quels enjeux ?

Souvent ressenti par ses acteurs comme un secteur oublié ces derniers mois, le sport n’est pourtant jamais paru aussi indispensable.

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