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Edmond Baudoin

Le goût des autres

Illustrateur et auteur de BD, Edmond Baudoin est en résidence dans la capitale des Alpes à l’invitation des bibliothèques pour un projet qu’il a lui-même conçu et baptisé : « Grenoble en portrait(s) ».

©Thierry Chenu

C’est dès l’enfance que cet autodidacte a commencé à dessiner « sur la table de la cuisine, avec juste un papier et un crayon ».

Une passion qui s’affirme au fil des ans mais « venant d’un milieu ouvrier, je ne me sentais pas autorisé à me diriger vers une carrière artistique, ni même à entrer dans un musée… Et je suis devenu comptable. »

Pourtant son rêve de gosse ne le lâche pas et à 32 ans, il quitte tout pour le dessin.

Singularités multiples

Les débuts sont difficiles jusqu’à sa rencontre dans les années 1970 avec Numa Sadoul, grand spécialiste de la BD et notamment d’Hergé. « En voyant mes illustrations, il m’a proposé de faire de la BD. Je n’y avais jamais pensé mais je me suis lancé. Et là, j’ai découvert le bonheur de raconter des histoires. »

Aujourd’hui, Edmond Baudoin a publié une centaine d’ouvrages, reçu plusieurs prix prestigieux, collaboré avec de grands noms (Jacques Lob, Gotlib, Fred Vargas, Le Clézio…) et voyagé dans le monde entier, de l’Égypte au Japon en passant par l’Amérique Latine, avec un intérêt jamais démenti pour ce que chaque individu a d’unique, de singulier.

Tous mes livres sont des portraits à mes yeux. La découverte des autres est fondamentale. Dans un monde où l’on est des milliards, c’est important de prendre le temps de s’arrêter sur quelqu’un pour sortir les êtres de la globalité.

Un paysage de visages

Alors qu’il est invité pour trois mois dans le cadre du Printemps du Livre, sa vocation de portraitiste, très vite, refait surface .

« J’avais carte blanche et c’est moi qui ai souhaité faire le portrait de Grenoble. » Une démarche qu’il mène à sa manière, avec sa sensibilité artistique et une attention toute particulière portée à celles et ceux qui croisent son chemin.

L’identité d’une ville pour moi, c’est bien sûr les rues, les places, les montagnes environnantes… Mais c’est surtout les gens qui y vivent ou y travaillent ! Et je me suis dit que si leurs portraits se démultipliaient, j’aurais une image de Grenoble à travers eux.

Depuis janvier, avec son pinceau et sa petite bouteille d’encre, il va donc à leur rencontre dans les commerces, les bibliothèques, sur les marchés ou simplement dans la rue.

« Le projet se construit avec eux et je l’envisage comme un travail collectif. Pendant que je les dessine, on discute de la façon dont ils voient la ville et certains ont même accepté d’écrire un petit texte qui évoque ce que Grenoble représente pour eux. »

Le bonheur de la rencontre

En résidence jusqu’à fin mars, il espère réaliser environ 150 portraits qui feront l’objet d’une exposition et peut-être d’un livre. Puis il reprendra la route vers d’autres horizons, au Chili, chez les Inuits… « pour le bonheur de la rencontre avec le paysage des visages. »

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