Découvertes

Accueil >Découvertes>Jacqueline Marval, une fauve à Grenoble

Le saviez-vous ?

Jacqueline Marval, une fauve à Grenoble

De Grenoble à New York en passant par Paris, de musées en collections particulières, l’artiste Jacqueline Marval a mené une carrière internationale avant de tomber dans l’oubli jusqu’à ce qu’une relecture de l’histoire de l’art par des historiennes féministes lui redonne sa place parmi les fauves. Les musées de Grenoble et Mainssieu de Voiron détiennent certains de ses chefs-d’œuvre.

©Musée de Grenoble – Jean-Luc Lacroix

Au détour de la rue Paul-Dijon, dans le quartier Championnet-Condorcet s’étend la place Jacqueline-Marval, qui ouvre sur la rue de Turenne.

Cette place, tracée en 1933, fut attribuée en 1934 à une femme, Jacqueline Marval par une délibération du conseil municipal présidé par le Docteur Léon Martin le 19 novembre de la même année. En 2017, une plaque patrimoniale y a été installée pour célébrer la mémoire de cette figure féminine de la fin du XIXe siècle.

Des rencontres décisives

Fille d’instituteurs elle-même institutrice à vingt-deux ans sur l’instigation de ses parents, Marie Joséphine Vallet naît à Quaix-en-Chartreuse en 1866 et s’adonne à la peinture sous le nom de Marie Jacques. Elle épouse un voyageur de commerce de Châtillon-en-Diois et s’installe à Romans, puis Grenoble.

Les horizons de la salle de classe lui semblent trop étroits et son mariage tourne court. À Grenoble, elle s’installe comme giletière, activité qui lui permet de laisser libre cours à son originalité. Dans les années 1892-95, elle se lie aux peintres Joseph-François Girot et Jules Flandrin, auprès duquel elle apprend à peindre et dont elle deviendra la compagne.

Elle le rejoint à Paris en 1895, puis, avec le soutien de Rouault, Camoin, Marquet, Matisse qui partagent le même immeuble, et du sculpteur Léon-Ernest Drivier, elle se lance peu à peu dans la peinture. En 1899, elle présente au jury de l’Exposition de 1900 ses toiles qu’elle signe Jacqueline Marval, pseudonyme formé par les trois premières lettres de son prénom et de son nom.

L’année suivante, elle participe au Salon des Indépendants où elle présente dix tableaux, tous acquis par le marchand d’art, Ambroise Vollard.

Pour un musée d’art moderne

La galeriste Berthe Weill, soutien des artistes femmes, l’expose en 1902, aux côtés de Matisse, Marquet, Flandrin et Petitjean.

©Musée de Grenoble – Jean-Luc Lacroix

Jacqueline Marval est souvent considérée comme précurseure du mouvement fauviste, bien que sa peinture arbore des tonalités plus douces, moins contrastées que celles des tenants du mouvement. Ses sujets de prédilection : l’univers féminin, les enfants et les fleurs «qu’elle a toutes peintes».

Plus accessible que les fauvistes, elle décore aussi des appartements, et, en 1913, le foyer de la danse à l’Opéra. La même année, elle participe à l’Armory Show de New York, puis ses tableaux voyageront. À partir de 1919, avec Jules Flandrin, elle introduit Andry-Farcy, conservateur du musée de Grenoble, auprès de Picasso et Matisse, lui permettant ainsi d’obtenir des dons remarquables.

Tout en continuant sa carrière de peintre – elle vend des œuvres à l’État français dans les années 1920 –, elle milite avec Andry-Farcy en faveur de la création d’un musée d’art moderne.

En 1929, l’exposition organisée par le musée des Beaux-Arts de Rouen en compagnie de son ami Van Dongen marque sa consécration. L’année suivante, Flandrin la quitte. Elle meurt d’un cancer à Paris dans la chambre d’hôpital où s’était éteint Paul Verlaine, dans une extrême solitude.

Vos commentaires

Commentaire de Rdb le 10 mai 2022 à 8 h 03 min

Très intéressant – aujourd’hui le Comité Jacqueline Marval s’attache à faire redécouvrir cette grande artiste au travers d’expositions et évènements en France et à l’étranger 🙂 à découvrir sur http://www.jacqueline-marval.com et @comitejacquelinemarval

Lire la suite >

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

Envoyer

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag vous propose aussi

Cueilleuses de paroles

Soutien en chaîne

Frissons bleus