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Covid-19

Musée de Grenoble : garder le lien avec le public

Guy Tosatto est conservateur en chef du patrimoine et historien de l’art. Directeur du musée de Grenoble depuis 2002, il assiste pour la première fois dans sa carrière à la fermeture du musée, et cela, alors que le lieu s’apprêtait à accueillir les visiteurs de la nouvelle exposition « Grenoble et ses artistes au XIXe siècle ». Pour autant, le musée de Grenoble continue de diffuser la culture, même à distance.

Guy Tosatto, Conservateur du musée de Grenoble, devant l’exposition « Grenoble et ses artistes du XIXème siècle » © Musée de Grenoble « confiné »

En tant que Conservateur du musée, quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris la nécessité du confinement ?

Sur le moment, cela a été difficile à vivre, dans la mesure où la nouvelle exposition allait démarrer.
La visite pour la presse a eu lieu le vendredi 13 mars au matin, et l’après-midi j’apprenais que nous devions fermer…
Pendant des semaines, toute l’équipe est tendue vers l’objectif d’ouvrir l’exposition, et lorsque ce moment arrive… nous apprenons que nous ne pouvons pas ouvrir, c’est très frustrant, et c’était une première au musée !
Mais à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles, et c’était une nécessité absolue.

Comment vit le musée, pendant cette période très particulière ?

Nous avons suivi le plan de continuité d’activité, défini précédemment avec le directeur des Affaires culturelles de la Ville. Le bâtiment s’est vidé de son équipe, et le télétravail a été mis en place, dans la mesure du possible.
Cependant, il y a la nécessité d’une présence pour la sécurité du bâtiment et des œuvres : des agents de sécurité sont là en permanence.
Pour la conservation des œuvres, les outils habituels de surveillance sont maintenus pour vérifier la température et le degré d’humidité des salles du musée.

En tant que conservateur, ma présence est indispensable. Je suis au musée 5 jours par semaine, et joignable le week-end. Par exemple, s’il y a un problème d’infiltration d’eau, je suis sur place pour donner les instructions nécessaires aux interventions. C’est essentiel : les gardiens ne peuvent pas manipuler des œuvres en l’absence d’un professionnel de la conservation.

Qu’en est-il de l’exposition qui allait ouvrir au public « Grenoble et ses artistes au XIXe siècle » ?

D’une certaine façon, nous avons eu de la chance avec cette exposition, car elle est réalisée majoritairement à partir de nos œuvres.
Son objectif premier était de présenter et de publier le fonds dauphinois du musée. Il n’y a donc quasiment pas de prêts extérieurs à négocier à nouveau.

Nous pourrons donc prolonger l’exposition sur les mois d’été : au départ, elle devait se terminer le 28 juin, mais elle sera prolongée jusqu’au 2 août.

Comment est-ce que le musée de Grenoble conserve son lien avec le public ?

Nous avons la chance d’avoir une équipe de communication très active, qui a immédiatement compris la nécessité de rendre le musée présent malgré sa fermeture, et de ne pas rompre le lien avec le public.
Beaucoup de choses sont proposées quotidiennement en lien avec les autres services du musée sur notre site internet ou sur les réseaux sociaux : des jeux, des commentaires d’œuvres, etc.
Sur les réseaux sociaux, nous faisons une publication chaque jour, du lundi au dimanche.
L’idée est de continuer de faire vivre notre actualité.

En quoi est-ce important de maintenir ce lien ?

Comment faisons-nous passer le message de l’art ? Comment éveiller la curiosité, le désir et l’enrichissement personnel avec cette culture artistique ?
En tant que service public, la finalité de toutes nos activités culturelles est qu’elles soient diffusées et restituées au public. Cela vient juste après notre mission première qui est la conservation et la préservation du patrimoine qui nous est confié, ces collections magnifiques…
En période de confinement et de repli sur soi obligé, il est très important de permettre aux gens qui sont chez eux de continuer à avoir accès à des lieux auxquels ils sont habitués, ou qu’ils vont découvrir par le hasard des voies de communication.
Nous préservons ce lien grâce à des propositions souvent ludiques et légères autour d’œuvres choisies, qui peuvent donner une autre image du musée.

Comment préparez-vous à distance le travail sur la prochaine exposition ?

L’exposition Giorgio Morandi aura lieu du 7 novembre 2020 au 7 février 2021. Elle sera en grande partie sur cet artiste, nous y associerons une présentation de nos plus belles œuvres italiennes du 20ème siècle.
Sa préparation se poursuit à distance. Pour qu’elle soit prête au mois de novembre, il faut travailler maintenant. Fort heureusement le projet était déjà bien avancé avant cet événement du Covid-19. Nous sommes dans la dernière ligne droite.
Le hasard fait que c’est un projet en collaboration avec l’Italie, qui est en plein dans l’œil du cyclone actuellement…

Le mot de la fin ?

Nous préparons activement la suite. Nous vivons beaucoup actuellement à travers le virtuel et ses formes éphémères. Nous pensons que le public, une fois le confinement terminé, aura un fort désir de se frotter à nouveau à la réalité, dans un rapport très physique aux choses et aux êtres.
Le musée, avec ses collections, offre cette possibilité d’une relation concrète, avec un réel, certes rêvé, mais incarné, vivant et atemporel.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.museedegrenoble.fr/
courrielhttps://www.facebook.com/museedegrenoble/

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