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Nesta : cinq lettres dans tous leurs états

Son pseudo se décline sur nos murs depuis plus de vingt ans. Nesta est un des Grenoblois qui participera au Street Art Fest en juin 2015. A cette occasion, il revient sur son parcours et nous confie sa vision de l’évolution de la discipline.

© Nesta

© Nesta

Pouvez-vous nous parler de vos débuts ?

J’ai commencé par le tag en 92 et j’ai réalisé mes premières fresques en 95. A l’époque c’était très difficile de se procurer des bombes de peinture ! On pratiquait en groupe et on se poussait les uns les autres, mais sans volonté de dégrader. Il y avait d’ailleurs une tolérance à certains endroits comme les quais de l’Isère, les usines désaffectées… où l’on pouvait s’entraîner.

Comment êtes-vous passé à une pratique légale ?

Au bout d’un moment, on eu l’idée de contacter des propriétaires et la Ville pour avoir des autorisations. Pour cela en 98, j’ai participé à la création du collectif Force Urbaine qui réunissait des graffeurs et des DJ. Notre premier mur « légal » c’était au parc du Moucherotte, puis on a organisé le mois du graff en 2001 et 2002, avec la réalisation de fresques à la caserne de Bonne. On a eu de bons retours qui ont débouché sur des commandes et des lieux mis à disposition, comme le square Silvestri où je peins encore régulièrement. Pour le festival, je vais y créer une fresque avec Short.

Depuis, vous avez diversifié vos activités…

J’ai commencé d’une manière très collective pour continuer de manière plus solitaire. Je me suis mis à produire des toiles car j’avais envie d’une autre approche, plus personnelle. Et en 2009 avec l’artiste Bazar on a fondé Workshop qui propose principalement des ateliers et des interventions auprès des scolaires, ainsi que de la déco, des organisations d’expos… C’était l’opportunité de développer ce qui nous plaît dans le graff, mais ça reste compliqué d’en vivre.

En quoi consiste l’expo que vous consacre le Street Art Fest ?

C’est une présentation de mon parcours de writter. En effet sur mur, je ne fais que des lettres. Je travaille sur la typo : du lettrage avec fond, relief, des effets de couleurs et de lumière… C’est très graphique avec beaucoup de contrastes. Et « Nesta » c’est ce que j’écris depuis 20 ans. L’intérêt c’est de faire évoluer le mot, d’avoir un parcours esthétique. En écrivant autre chose on a l’impression de repartir à zéro. C’est donc cette évolution qu’on verra, avec une centaine de photos et autant de dessins préparatoires. Car contrairement à une idée reçue, il y a toujours un travail préliminaire.

Quel regard portez-vous sur le street art aujourd’hui ?

J’ai l’impression d’être le dernier des Mohicans ! C’est bizarre de se dire qu’on est là depuis 20 ans et qu’on continue à faire du graff. D’autant que les choses ont beaucoup évolué ! Internet a vraiment changé la donne : avant il y avait des courants dans les villes, les pays… En regardant un graffeur on découvrait ses influences et on savait d’où il venait.

Maintenant c’est facile de faire un truc qui tient la route en copiant. D’autant que tu peux peindre dans ton garage et tout le monde aura vu ton graff le lendemain. Sans parler du matériel qui facilite vraiment le travail : il existe plus de 200 couleurs pour les bombes, elles sont hyper maniables, avec plus ou moins de pression, des nuances mat ou brillant…

Bref on voit beaucoup de choses et il y a un tri à faire ! Que certains vendent leurs œuvres très cher c’est très bien, mais à côté on a toute une production de mauvaise qualité. Le problème, c’est que le street art est devenu une mode. On encense tout ce qui se fait et c’est dommage.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.ryworld.net/
courrielhttp://www.workspray.com/

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