Street art
Nesse : les murs ont la parole
Du pont de l’Estacade à la Bifurk en passant la galerie de l’Arlequin ou tout récemment la rue Chenoise, NESSE marque Grenoble de son empreinte depuis bien des années ! Rencontre avec un artiste dont les créations s’inspirent de l’identité des lieux qu’elles habillent.
Diplômé de l’école d’architecture de Grenoble, NESSE pratique la peinture murale en autodidacte depuis 25 ans. « Je me suis fait la main sur de grandes surfaces : la digue de l’Isère vers l’Esplanade, les usines désaffectées… C’était clandestin mais ça ne gênait personne et cette école de la rue m’a permis de toucher à différentes techniques : peinture, bombe… »
Depuis, il n’a pas perdu de vue les graffeurs avec qui il a débuté. Ensemble, ils ont fondé Rocade Sud, un atelier qui travaille à la commande : trompe-l’œil en façades, chambres de particuliers, rideaux de fer de commerçants…
Mettre en valeur l’identité d’un lieu
NESSE travaille beaucoup sur Saint-Bruno (fresque de la médiathèque, des écoles Anthoard-Berriat et Diderot…) et les quartiers voisins. « J’ai eu l’idée d’habiller le pont de l’Estacade car j’habite à côté et je le trouvais moche. Et avec une surface de 1,4 km aller-retour, c’est un des plus gros supports de la ville ! » Avec le soutien de plusieurs partenaires dont la Ville de Grenoble, la SNCF…, la réalisation de fresques a démarré en 2007 et s’effectue par tranches, NESSE faisant régulièrement appel à d’autres artistes, de Grenoble mais aussi de Séville, Sao Paulo…
Loin d’être seulement décorative chaque fresque entend « mettre en valeur l’identité du lieu ». Pour illustrer l’animation du marché, on retrouve une ambiance colorée et les piliers sont personnalisés en fonction des stands : fleurs, fruits et légumes… Pour la partie ferroviaire, qui fait écho à l’histoire de la gare toute proche, les détails sont d’une grande minutie.
« A chaque fois j’essaie de me mettre en immersion dans l’univers des gens. J’ai ainsi rencontré des ouvriers qui travaillaient aux postes d’aiguillage pour connaître les gestes du métier. Et on trouve de vraies références : l’immatriculation d’une locomotive, des horaires de trains datant de 1947… »
Transmission et réappropriation
NESSE anime aussi des ateliers en lien avec ses travaux. En 2012, des élèves avaient participé à ses créations en façade de l’école Jules Verne à Pont-de-Claix. En avril, le relookage d’une douzaine de rideaux de fer rue Très-Cloîtres s’est fait avec un groupe de jeunes de la MJC des Allobroges. « On avait travaillé en amont : réflexion sur le graphisme, présentation de différentes techniques, fabrication de pochoirs. Pour mettre en valeur l’identité de la rue, on s’est aussi rendu chez les commerçants qui nous ont raconté des anecdotes, des souvenirs… »
Les réalisations ont eu lieu durant les vacances de manière à toucher aussi les enfants qui jouaient à proximité. Et ça a bien fonctionné puisqu’une trentaine de jeunes de 5 à 18 ans et même quelques parents ont mis la main à la pâte.
« Cette démarche de transmission m’intéresse particulièrement car elle permet aux jeunes de se réapproprier leur quartier. Ma première expérience remonte à 1995 avec l’association CH2, galerie de l’Arlequin. On voulait marquer l’endroit par de belles choses et ça avait eu un vrai impact avec les jeunes du quartier. Aujourd’hui la fresque est toujours là, personne n’y a touché et elle fait complètement partie de la Villeneuve.«
Renseignements divers
http://www.rocadesud.com/
















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