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Le saviez-vous ?

D’où vient le nom du quai Jongkind ?

Le quai Jongkind longe le Musée de Grenoble et le parc Albert Michallon, sur la rive gauche de l’Isère, et se situe entre le pont de la Citadelle et le pont de l’Île-Verte. De création relativement récente, il relie le quai Claude-Brosse à la place Emée-de-Marcieu et porte le nom d’un artiste, dauphinois d’adoption, Johan Barthold Jongkind.

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Du vivant de cet artiste – nous sommes à la fin du XIXsiècle – le quai n’existait pas et il n’y avait pas de route : l’enceinte fortifiée du Duc de Lesdiguières près de la Tour de L’Isle, alors pigeonnier militaire, plongeait dans l’Isère.

La « Porte de l’Île Verte » permettait, au niveau de la Tour de l’Isle, de franchir les remparts en direction de l’Île Verte, située en dehors de Grenoble à cette époque.

Alors, quand est apparu ce quai, et pourquoi a-t-il été nommé « Jongkind », nom à consonance quasi exotique ? 2019 commémore le bicentenaire de la naissance de Jongkind et remet au goût du jour celui qui fut notamment l’ami du peintre dauphinois Jean Achard*.

Paysages dauphinois

Peintre, aquarelliste et graveur néerlandais, Johan Barthold Jongkind est né à Lattrop (Pays-Bas) le 3 juin 1819. L’artiste, qui a choisi la France pour vivre et pour peindre – il avait été malmené en Hollande – fut notamment l’élève d’Isabey et proche de l’école de Barbizon.  Il vécut à Paris où il est probable qu’il rencontra le peintre dauphinois Hébert ; il séjourna à de nombreuses reprises en Normandie et dans le Niverney.

Ses thèmes de prédilection sont les hommes et les femmes au travail, les transformations urbaines, et les paysages des régions où il séjourna ; on lui doit de nombreuses marines et de superbes paysages dauphinois. Il avait la faculté de peindre de mémoire, ce qu’il fit pour un certain nombre de paysages hollandais.

En 1860, il rencontre une compatriote, Joséphine Fesser, professeure de dessin, qui deviendra son « ange gardien », selon ses propres termes, et veillera sur lui jusqu’à la fin de ses jours.

« Trait d’union entre deux époques »

En 1862, il fait la connaissance du peintre Eugène Boudin et de Claude Monet, alors élève de Boudin. Tous les deux reconnaîtront l’influence qu’il aura eue sur eux.

« C’est à lui que je dois l’éducation définitive de mon œil », dira Monnet. La liberté de son style et la fraîcheur des couleurs employées font de Jongkind l’un des précurseurs de l’impressionnisme, certains le situant « … entre Corot et M. Claude Monet comme le trait d’union entre deux époques » (Louis de Fourcaud – Œuvres de Jongkind – décembre 1891).

En août 1873, Jongkind découvre le Dauphiné. Il arrive à la gare de Châbons et réside au château de Pupetières où Jules Fesser, le fils de Joséphine, est cuisinier. Il y effectuera de nombreux séjours jusqu’en 1877 auprès du couple Fesser.

Bords de l’Isère

En 1878, il s’installe définitivement à La Côte-Saint-André et produit de nombreux dessins et aquarelles dont certains figurent au catalogue du musée de Grenoble. Il meurt à Saint-Egrève le 9 février 1891. Joséphine Fesser disparaît neuf mois plus tard. On peut voir leurs tombes installées côte à côte au cimetière de La Côte-Saint-André.

Les œuvres de Grenoble et de l’Isère ont fait de Jongkind un merveilleux représentant du paysage isérois et c’est parce qu’il a réalisé le tableau « Bords de l’Isère » à Grenoble, que son nom fut attribué au quai « Jongkind » en 1923. Le musée Hébert, à La Tronche, présente une très belle exposition de ses peintures, aquarelles et gravures jusqu’au 21 octobre 2019.

informationRenseignements divers
*Installé à Grenoble vers 1870, le peintre Jean Achard est enterré au cimetière Saint-Roch. Sa tombe fait partie du patrimoine funéraire de Grenoble ; elle se situe carré 11 (rang 2 RL, n° 1809 à 1809 ter).
L'exposition est à voir jusqu'au 21 octobre 2019 au musée Hébert.
courrielwww.musees.isere.fr/musee/musee-hebert

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