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Le saviez-vous ?

D’une villa Belle Époque, à un hôpital de guerre et un bowling

La clinique des Bains, aujourd’hui transférée rue d’Alembert, trouve son origine, comme c’était le cas le plus souvent jusqu’au XXe siècle, dans l’histoire des confréries religieuses de Grenoble. Son histoire croise celles de la famille Douillet, liée aux gants Perrin, et d’une villa construite à la Belle Époque par Émile Demenjon en 1892-1893.

©Archive famille Douillet

L’histoire de la clinique des Bains se confond avec celle de la villa Demenjon-Douillet et une partie de l’histoire de la famille Douillet.

L’ensemble complexe qu’elle forma fut constitué progressivement par la congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Croix de Murinais à la fin du XIXe siècle dans un quartier en cours d’urbanisation au sud du cours Berriat. La clinique entre en fonction le 12 juillet 1902.

De cet ensemble ne subsistent que la chapelle des Religieuses avec l’aile perpendiculaire, ainsi que la villa Demenjon-Douillet et sa conciergerie.

Tous les autres bâtiments ont été démolis fin 2010 pour faire place à de nouveaux édifices. La villa Demenjon-Douillet a été affectée au restaurant et à des bureaux médicaux d’un Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD).

La villa Demenjon-Douillet

En 1900, en prévision de son retour de New-York où il représente la société Perrin frères, Louis-Alphonse Douillet achète à Émile Demenjon sa villa. Il y fait des transformations intérieures et installe des vitraux représentant des Indiens d’Amérique réalisés par le maître-verrier Joseph-Jules Goyet.

Il procède ultérieurement à des agrandissements et à la création d’une chapelle au sous-sol, où il fait installer des vitraux représentant les saints patrons des membres de la famille Douillet, réalisés par un maître-verrier parisien réputé, L. Jac-Galland.

D’autres travaux suivent : construction d’une aile à la villa, d’un garage, d’une orangerie et d’une belle conciergerie. Fidèle à son souvenir des États-Unis, il fait construire un bowling, un des premiers en France. Mais la guerre éclate.

©Collection Musée Dauphinois Département de l’Isère

Un hôpital dans un bowling

Dès le déclenchement du conflit, le nombre de soldats blessés est tel que des hôpitaux se créent partout.

Le 28 août 1914, à peine plus de trois semaines après la mobilisation, un arrêté est pris pour organiser la création d’hôpitaux bénévoles, structures fondées et animées par des particuliers ou des entreprises. Onze hôpitaux bénévoles (HB) se créent à Grenoble dont le n° 55 bis « Hôpital Douillet », au 32, rue Thiers, comportant 38 lits.

Une dizaine d’autres HB et un hôpital temporaire se créent à Corenc, Échirolles, Gières, La Tronche, Meylan, Saint-Martin-d’Hères et Sassenage.

Lorsqu’éclate la guerre, en 1914, Louis-Alphonse Douillet n’est pas mobilisable. Il veut absolument faire quelque chose «pour la patrie». Il monte alors une unité sanitaire para-hospitalière dans le bâtiment qui abritait le bowling construit peu avant la guerre.

C’est son épouse, Anne-Marie qui en assure la direction. Les époux Douillet, pour alléger les charges de famille nombreuse, envoient leurs enfants en pension en Italie et en Espagne.

L’hôpital n°55 bis Douillet-Grenoble reçoit son premier soldat, un jeune de vingt-deux ans, le 10 septembre 1914 et son dernier, un homme de trente-cinq ans, le 28 janvier 1919. L’hôpital bénévole aura servi de lieu d’accueil, de soins et de transfert vers d’autres hôpitaux pendant quatre ans, cinq mois et cinq jours, jusqu’au 15 février 1919.

Pour cette contribution à l’effort de guerre, les époux Douillet recevront chacun la Médaille d’Argent de la Reconnaissance Française. Quant à la clinique des Bains, elle s’agrandira dès les années vingt et acquerra la villa Demenjon-Douillet en 1937. Le bowling sera utilisé comme salle des fêtes par le personnel.

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