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Il y a 150 ans, la Commune de Paris

Au printemps 1871, le peuple de Paris prend les armes pour s’opposer à la défaite de la guerre franco-prussienne de 1870 et à une Assemblée nationale à majorité monarchiste installée à Versailles. Il crée un gouvernement municipal et élabore de nombreux projets révolutionnaires. C’est la Commune, troisième révolution du XIXe siècle après celles de 1830 et 1848.

© Ville de Paris / Bibliothèque Marguerite Durand

4 septembre 1870 : l’Empire tombe, la République est proclamée suite à la défaite de Napoléon III et sa capture à Sedan. Le siège de Paris, commencé le 19 septembre 1870, provoque la fuite à Bordeaux du gouvernement et de l’Assemblée.

La capitale est alors une ville industrielle, avec une forte concentration ouvrière et l’une des plus républicaines du pays. Composé d’artisans, ouvriers et boutiquiers socialement fragiles, le peuple de Paris souffre de la famine provoquée par le siège de la ville qui se prolonge jusqu’à la fin janvier 1871.

Paris est le bivouac des révolutions. Les révolutions qui y naissent ont, pour ceux qui y participent, une dimension universelle. (Jules Vallès : 1832-1885)

Il critique les pouvoirs centraux jugés défaitistes puis responsables de la défaite face aux Prussiens. Lors des manifestations on entend crier dès septembre 1870 «Vive la Commune !», référence à la Commune de 1792 et à la fondation de la Première République.

La guerre ou la paix ?

En février 1871, une assemblée constituante est élue. Le vote s’est fait sur la question de la guerre ou de la paix. Dans les départements, les électeurs ont voté pour la paix portant les monarchistes au pouvoir. Les Parisiens qui résistent aux Prussiens, plutôt favorables à la continuation de la guerre, élisent principalement des députés républicains.

Le gouvernement autorise les vainqueurs à défiler dans Paris le 1er mars, une trahison pour les Parisiens, suivie de provocations : le 10 mars, l’Assemblée revient en région parisienne et s’installe à Versailles, la ville royale, et prend des mesures antisociales contre le peuple de Paris.

Elle supprime la solde des gardes nationaux (1) et le moratoire sur les loyers et les dettes, précipitant ainsi des milliers de personnes dans la misère. Pour éviter l’influence de la presse sociale, le gouvernement d’Adolphe Thiers prend un décret supprimant les journaux d’opposition. L’ambiance est tendue.

Le gouvernement décide de désarmer la ville de Paris qui s’était dotée par souscription de centaines de canons pour résister à l’ennemi. Il récupère ceux de la Butte-aux-Cailles et d’autres positions mais le matin du 18 mars, alors que l’armée se déploie à Montmartre, alertée par les femmes, la population afflue pour les défendre. Un général ordonne aux soldats de tirer sur la foule mais ils refusent. C’est le début de l’insurrection.

Une timeline retrace l’histoire de la Commune de Paris. Cliquez sur les flèches pour naviguer :

La Commune durera 72 jours et fera des émules, au Creusot, à Saint-Étienne, Lyon, Marseille, Narbonne, Toulouse… À l’issue de la «semaine sanglante» (21 au 28 mai 1871), les insurgé-es gisaient par milliers, mort-es au combat ou massacré-es après leur capture.

On estime le nombre de morts à au moins 15 000. 43 000 hommes, femmes et enfants sont emprisonnés ou déportés en Nouvelle-Calédonie. Ceux qui ont échappé aux arrestations s’exilent.

La Commune de Paris est un incroyable laboratoire social qui accueille même des militants d’autres pays européens. (Laure Godineau, historienne, spécialiste de la Commune)

Et à Grenoble ?

La ville refuse la capitulation honteuse de la France suite à l’accord passé entre Thiers et Bismarck et veut la continuation de la guerre, invoquant la Patrie en danger. Dans la presse locale, il est fait référence à 1789 et à la Journée des Tuiles, à 1792 et à la République démocratique et sociale de 1848 qui a vu naître à Grenoble un réseau d’associations et mutuelles ouvrières (32 en 1850).

Paris comme Grenoble font référence aux communs de l’époque médiévale et revendiquent le rétablissement des libertés municipales. Enfin, lors de la répression perpétrée par les Versaillais, le Conseil municipal de Grenoble demande solennellement à Thiers d’arrêter les massacres.

informationRenseignements divers
(1) Garde nationale : force citoyenne créée lors de la Révolution française de 1789. Réduite à environ 20 000 hommes pendant le Second Empire, elle passe à 350 000 lors de la guerre de 1870.

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