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Reportage

Grenoble sacrée Capitale Verte de l’Europe !

Le verdict a été rendu le 8 octobre dernier à l’occasion d’une cérémonie à Lisbonne. En remportant le titre de Capitale Verte Européenne 2022, Grenoble voit ses efforts en matière de transition écologique couronnés. Ce prix, décerné chaque année depuis 2008, récompense l’engagement des grandes villes de l’Union Européenne dans la transition écologique. Il s’appuie sur l’analyse d’une douzaine d’indicateurs tels que la gestion de l’eau, des déchets, du bruit, la qualité de l’air, les mobilités ou encore les performances énergétiques. Les mesures mises en œuvre depuis cinq à dix ans ont été attentivement évaluées à l’occasion de ce concours, de même que l’ambition des projets à court et long terme. Par l’ampleur de ses actions menées et sa détermination pour le futur, Grenoble a impressionné le jury d’experts. Et accède à une reconnaissance nouvelle sur la scène internationale.

Transitions

La capitale des Alpes devient Capitale Verte Européenne

Le titre de Capitale Verte Européenne, institué en mai 2008, est attribué chaque année par l’Union européenne à une ville de plus de 100 000 habitants qui aura rempli des objectifs ambitieux en matière d’environnement et de développement durable, et pouvant agir comme «modèle» pour d’autres villes. Après des métropoles comme Stockholm, Nantes ou Essen, Grenoble décroche ce titre envié, parmi 18 candidatures cette année.

©Jean-Sébastien Faure

Une victoire qui propulse la capitale des Alpes comme l’une des cheffes de file de la transition. Des transitions, devrait-on dire, les experts ayant souligné le caractère transversal des actions menées dans la capitale des Alpes, en faveur d’une écologie urbaine qui intègre les dimensions sociales, économiques et citoyennes.

«Innervée par la culture de l’anticipation, Grenoble a toujours eu un temps d’avance sur les défis de son époque», se félicite le maire Éric Piolle, à propos de ce prix qui récompense des années d’efforts et une forte dynamique collective.

Une démarche pionnière dans la gestion climatique

Grenoble n’a pas attendu l’accord de Paris issu de la COP21 en 2015 pour engager son territoire dans les transitions écologiques. On se souvient en effet que dès 2004, la métropole grenobloise fut la première à prendre l’initiative de décliner à son échelle locale le plan climat national.

Le mouvement s’est amplifié depuis 2014, dans tous les compartiments de l’écologie : 15 rues piétonnisées, 5 000 arbres plantés, boom du vélo, 7 jardins partagés par an… À tel point qu’à l’issue de la demi-finale du concours européen, Grenoble se hissait en première ou deuxième position sur onze des douze critères d’évaluation. Du jamais-vu pour une ville qui candidatait pour la première fois.

©Auriane Poillet

Grenoble a également séduit les experts en dévoilant ses ambitions pour l’avenir : une électricité 100% verte, 0% carbone et 0% nucléaire dès 2022, une réduction de 50% des gaz à effet de serre d’ici 2030…

Les experts se sont dit «impressionnés par la démarche pionnière de Grenoble dans la gestion du climat, incluant un fort engagement pour un changement global et une approche innovante dans la participation citoyenne».

Mobilisation massive de tous les acteurs

Ce prix couronne aussi une «intelligence collective dirigée vers la transition écologique». Autour de Grenoble, la candidature a réuni Grenoble-Alpes Métropole, l’Université Grenoble-Alpes, la Chambre de commerce et d’industrie de Grenoble, les Villes d’Eybens et d’Échirolles, Grenoble École de Management, les Parcs naturels régionaux du Vercors et de la Chartreuse, GEG, la Compagnie de Chauffage, l’ALEC, l’AURG, l’Institut des Métiers et des Techniques.

Elle a aussi bénéficié de la mobilisation massive des acteurs de la culture, de l’économie, du sport et des sciences, ainsi que des associations et des citoyen-nes : une étape importante vers la victoire, le jury accordant un intérêt particulier au soutien reçu par les villes finalistes.

«Le titre de Capitale Verte Européenne attribué à Grenoble est une reconnaissance de l’exemplarité environnementale pour tous ses partenaires», souligne Éric Piolle.

Ce titre dure une année au cours de laquelle l’Union Européenne fait de la ville un territoire ambassadeur au niveau national et européen : valorisation touristique soutenable, visites d’investisseurs, partages d’expériences…

Confortant son avance, Grenoble devient ainsi un territoire d’inspiration à grande échelle, que chaque habitant-e peut fièrement s’approprier.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.grenoble.fr/1336-grenoble-capitale-verte-europeenne-2022.htm

Décrypter

Pourquoi Grenoble a gagné

Le prix Capitale Verte Européenne s’appuie sur l’analyse d’une douzaine d’indicateurs tels que la gestion de l’eau, des déchets, du bruit, la qualité de l’air, les mobilités ou encore les performances énergétiques…

Jardin collectif Happy Hoche. ©Auriane Poillet

Qualité de l’air

Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 23% entre 2005 et 2018. L’objectif est de parvenir à une réduction de moitié à l’horizon 2030. Les grands polluants atmosphériques sont en baisse régulière depuis dix ans.

Après la généralisation des 30 km/h dans les rues, Grenoble a créé la plus grande zone à faibles émissions de France. Tous les véhicules professionnels seront électriques, au gaz naturel ou zéro diesel d’ici 2025. Cette pratique sera étendue aux véhicules particuliers d’ici 2030.

Les transports publics donnent l’exemple : 100% des bus diesel seront remplacés par des bus propres en 2022.

Entre 2004 et 2015, la concentration des particules fines dans l’air a diminué de près de 25%. Objectif : atteindre une baisse de 40% de ces particules fines.

Grenoble fait preuve de pragmatisme et encourage le changement des pratiques. La Métropole a décidé de doubler la prime air-bois pour remplacer les appareils de chauffage au bois non performants, ceux-ci pouvant générer jusqu’à 75% des particules fines en hiver.

Énergie

100% des besoins en électricité des ménages seront couverts par des énergies renouvelables en 2022, zéro carbone et zéro nucléaire. Dans dix ans, l’ensemble du réseau urbain de chaleur sera issu d’un mix énergétique uniquement à base d’énergies renouvelables et de récupération.

Mobilités

Première ville de France pour les déplacements à vélo entre le domicile et le travail en 2020 (selon l’INSEE), Grenoble poursuit ses aménagements cyclables. Avec 475 kilomètres de pistes et un premier Chronovélo de 40 km bientôt bouclé, en attendant le doublement du réseau, Grenoble fait circuler plus de 7 500 Métrovélos, soit 2 millions de journées de location par an.

La Métropole a créé 10 kilomètres de voies vertes supplémentaires depuis 2016, desservant notamment les zones d’activités économiques. Pas moins de 12 000 places de stationnement vélo sont à la disposition des cyclistes, dont 2000 en consigne.

500 arceaux sont posés chaque année. Forte de ces chiffres, Grenoble s’est hissée en pole position dans le Baromètre français des villes cyclables 2020 dans sa catégorie.

Espaces verts et eau

Bien avant les autres villes, Grenoble a choisi d’abandonner il y a plus de 12 ans déjà l’usage des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts. Elle privilégie différentes techniques douces, notamment la lutte biologique intégrée, pour lutter contre les insectes ravageurs.

Depuis cinq ans, Grenoble a planté plus de 5 000 arbres (solde positif de 1900). Autant d’arbres qui filtrent l’air, aspirent le carbone, créent des zones de fraîcheur et contribuent à la biodiversité urbaine. Objectif 2030 : en planter 15 000.

La Ville a également créé 23 jardins partagés (l’équivalent de 3 terrains de foot) et 6 vergers collectifs, contribuant à retisser le lien dans les quartiers autour d’enjeux écologiques et alimentaires.

Grenoble bénéficie d’une eau très pure et sans traitement grâce à un périmètre de captage parmi les plus grands à l’échelle européenne, géré par une régie publique.

Agriculture et alimentation

La mise en place d’initiatives d’agriculture urbaine (Jardinons nos rues, Jardinons nos toits, par exemple) et la création d’une ferme urbaine bio à 100% viennent s’ajouter à la sanctuarisation des terres agricoles autour de Grenoble. Cette relocalisation agricole aide aussi à la diminution de l’empreinte carbone.

Les cantines scolaires sont approvisionnées pour 60% en produits bio et/ou locaux, et en partie en provenance de la ferme urbaine de Grenoble. Avec un cap de 100% dans les prochaines années. Un repas végétarien est déjà proposé chaque semaine en restauration collective, et bientôt deux.

Les enfants des crèches bénéficient de repas à 95% bio ou local depuis le début de l’année 2020.

Écologie participative et transversale

Le Budget participatif a permis aux habitants de décider eux-mêmes de l’affectation de 3,2 millions d’euros depuis 2015. Tous les domaines sont concernés : agriculture urbaine, mobilités, biodiversité, cadre de vie…

Le tissu économique grenoblois est en tête des enjeux de développement durable, largement engagé dans la recherche et les enjeux autour de l’hydrogène, les réseaux de chaleur, l’énergie hydrolienne, l’efficacité énergétique…

Décrypter

Et maintenant ?

La ville de demain se construit jour après jour avec l’énergie de tou-tes. Forte de sa victoire, Grenoble poursuit et amplifie ses actions. Elle lançait dès cet automne une convention citoyenne grenobloise pour le climat grenoblois, qui associe un comité scientifique, le monde universitaire, les acteurs de l’économie, de la culture et du sport, ainsi qu’une expertise citoyenne. D’ici la Biennale des villes en transition du 1er au 4 avril à Grenoble, la Ville expérimentera plusieurs formes de convention citoyenne.

©Auriane Poillet

Grenoble fait l’événement

Lauréate, la ville va amplifier les transitions tout au long de 2022 avec ses partenaires. Elle organisera des événements en lien avec la thématique environnementale, à l’échelle européenne, nationale et locale.

La Ville organisera également les cérémonies d’ouverture et de clôture de «son» année, ainsi qu’une manifestation délocalisée de la «European Green Week», en milieu d’année 2022. Enfin, elle accueillera différentes réunions internes au réseau des capitales vertes, en partenariat avec la Commission.

À la fois démonstrateur et vitrine des transitions pour toute l’Europe, Grenoble mise sur la mobilisation collective pour progresser ensemble sur l’innovation, la réduction des GES, la végétalisation…

Études d’impact

Grenoble est également tenue de donner une visibilité à long terme de ses engagements. Une évaluation a posteriori des impacts de l’année Capitale Verte 2022 sera produite au plus tard en juin de l’année suivante.

Une mise à jour de cette évaluation sera présentée cinq ans plus tard, en 2027.

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